27/01/06
17h50
J'aurai du mal à vous décrire l'état d'exaltation dans lequel je me trouve ^^. Seule ma sÅ?ur pourrai le cerner dans son entièreté, elle que j'ai appelé immédiatement après pour lui faire partager un peu la magie de ces instants, elle qui a entendu les éclats dans ma voix, et mon rire résonner.
Depuis hier, les lycées ont été évacués et les bus arrêtés de circuler, sur ordre du préfet. Il faut préciser qu'hier, le ciel était d'un bleu éclatant, comme souvent dans la vallée du Rhône, ce qui n'a pas manqué de nous faire rire de ce qui nous semblait improbable : 30 centimètres de neige.
J'ai commencé à changer d'avis lorsque j'ai sentis la neige arriver dans l'air. Lorsque le froid s'est fait piquant, et que j'y ai vu l'éclat d'une blancheur de perle.
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Ce matin, à 6h30, l'heure habituelle pour moi d'aller au lycée, ma mère s'est sentie forcée de me réveiller en précisant qu'il n'y avait pas la moindre trace à l'horizon de ces petites étoiles éclatantes qu'on appelle flocons. J'ai tout de même préféré rester au lit, quoi de plus normal, me direz vous. Le choix contraire m'aurait privé d'un moment que je n'aurai pas pu regretter, mais qui l'aurait cependant mérité amplement.
Je me suis donc levé bien plus tard, et en ouvrant mes volets, j'ai eu la surprise de découvrir le paysage à nouveau constellé de blancheur, éclatant, nacré.
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Mon père a décidé de nous emmener au restaurant, les moments passés ensembles n'étant plus très nombreux. J'espère aller chez ma sÅ?ur l'après-midi, j'accepte donc, et nous voila partis. Quelques heures plus tard, la neige n'a cessé de tomber dru, des milliards de petits flocons fouettant le sol à une vitesse qui ne laissait présager autre chose d'un tapis lumineux de plus en plus épais.
Passage chez ma sÅ?ur, impossible de rester de peur de ne pouvoir rentrer chez moi. Nous faisons donc demi-tour afin d'aller chercher ma mère, et de rentrer à la maison, afin de ne pas rester bloqués et d'échapper à ce déluge. Il nous aura fallu une bonne heure pour accomplir un maigre trajet : le lieu de son travail à l'entrée de notre ville.
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Mon paternel prend alors la décision de passer par l'arrière de la montagne sur laquelle je loge, et encore, montagne, c'est un bien grand mot, disons plutôt colline, afin de faire plaisir aux tatillons. En cela, rien de bien grave, et tout de magnifique. Il m'offre le spectacle des champs et des arbres étouffés sous la neige, se penchant au passage de la voiture, et des flocons, qui tombent, tombent encore.
Le chemin monte, la voiture n'a pas de difficultés particulières à se frayer un chemin, merci Monsieur Michelin et ses merveilleux pneus neige qui coûtent cependant une fortune à mon goût.
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Arrivés à un virage, nous croisons trois anciens en train de déblayer la route, pelle et pipe à la main. L'un d'eux, le plus éloigné sur la route, regarde notre voiture. Je croise son regard, et c'est alors une évidence pour moi : nous allons nous enliser. Dès lors, je monte encore un peu plus le son de mon baladeur, connaissant ce qui nous attend, et l'énervement, les grognements et les cris que ça ne manquera pas de provoquer.
Comme à mon habitude par les temps qui courent, je ne me suis pas trompé. La voiture patine, la couche de neige est trop épaisse. Marche arrière, et on recommence. Après trois essais infructueux, la voiture parvient néanmoins à avancer un peu plus loin. Après 30 mètres, le même problème nous attend. Mais cette fois-ci, la marche arrière fait glisser la voiture sur la droite, nous allons finir au milieu de la route. Après 5 tentatives et beaucoup de crispation, mon père parvient à nous sauver (en apparence) et remet la voiture dans le droit chemin.
Droit chemin qu'il n'avait pas prévu avec un fossé. Il recule, nous aussi, et la voiture finit son périple entre la route et le fossé, coincée d'une bien belle façon.
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Je vous passe l'épisode inhérent à ce genre de situations : l'obligation de pousser la voiture, même si cela est aussi vain que de faire une prière pour que cupidon vienne distiller un peu d'amour là où il n'y a plus que des reproches et de la colère.
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La phrase est lancée : rentrer à pied. Je m'empêche de sauter de joie, mais je n'attendais que ça. Je pars alors devant, afin de profiter de la beauté éclatante du paysage qui me tourne déjà la tête et d'éloigner les râleurs le plus possible de ma personne. Ma perspicacité a souffert de quelques détails aujourd'hui. Je ne m'attendais pas à me voir offrir une si belle balade. Je remercie la Déesse autant que faire se peut.
Le chemin est splendide, mes pieds balaient la neige et laissent quelques marques derrière moi, mais rien de trop visible, je marche comme un chat. Après m'être suffisamment éloigné de mes chère parents, et de ma chère sÅ?ur, je m'accorde une petite cigarette, histoire de célébrer dignement autant de magnificence déployée pour le seul plaisir de mes yeux et de mes sens.
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L'air pique ma peau, je renfonce le bonnet violet un peu plus profond, jusqu'à ce qu'il couvre mes oreilles où le baladeur hurle au son de Porcupine Tree. Mes nattes n'ont pas gelées, et c'est tant mieux. Les quelques tresses qui dépassent font balancier devant mes yeux, et je les chasse avec satisfaction pour me noyer un peu plus dans les immensités blanches qui s'étalent à mes pieds.
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Et puis je décide de plonger sans retour dans l'ambiance, dans le paysage, dans la neige qui recouvre tout et qui ouvre mon cÅ?ur et fait s'envoler mon esprit. C'est partit pour « Shallow » en mode repeat, et pour un moment de folie totale.
Je marche encore dans la neige, mais je chante à tue-tête, je tourne sur moi-même pour regarder le paysage, je slalome sur le chemin, après tout, qui est là pour me voir, me juger, me railler ? Personne, et cela m'est bien égal. La magie se rassemble autour de moi et m'emporte dans sa danse, mon corps et mon esprit décollent, et je ne suis déjà plus qu'un souffle qui court sur la route en hurlant sa chanson à qui veux ou ne veux pas l'entendre.
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Je crois une couple et leur enfant, et je leur fais le plus beau sourire qu'il m'est donné de faire à des inconnus. Je vois leurs visages étonnés et le soleil que je fais jaillir de la peau qui plisse au coin de leurs yeux et de la commissure de leurs lèvres. Je me sens tellement léger et heureux qu'il m'est impensable de ne pas leur faire partager mon moment.
Je m'éloigne en secouant la tête au son des guitares et du synthé, en mimant aussi bien que je peux le chanteur déchaîné sur scène, submergé par sa chanson « Shallow, shallow, give into me, give it to me� »
En croisant des personnes de mon âge qui m'ont tant haïs et détestées par le passé, la seule chose que je trouve à leur faire est un grand sourire, et un regard qui ferait fondre le plus endurcis des esquimaux. J'ai le choix : Passer à travers la forêt dans la neige ou par la route, au travers des maisons.
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Aucune hésitation ne s'échoue aux abords de mon esprit, je choisis la forêt, bien évidement. La chanson recommence encore, toujours plus forte dans mes oreilles, et moi je cours, je chante, je hurle, je danse au milieu des arbres blanchis et de la neige qui m'arrive à la moitié des mollets. Je tourne sur moi-même pour mieux voir la voûte des arbres qui cache le ciel, blanchie et immaculée par les flocons, et c'est si beau que j'en tombe à la renverse. Je me relève, et repars en courant et en chantant au milieu du chemin.
Je saute, je tourne, je danse, je me laisse tomber au détour d'un virage et je hurle de plus belle les paroles qui résonnent dans mon crâne. Je bois le blanc du ciel, le blanc de la terre, de la forêt, le blanc qui est partout, qui purifie mon âme et mon cÅ?ur, et qui libère mon esprit.
Je ne croise personne, mais quelle importance ? Cela ne m'empêcherai plus de chanter et de tourner sur moi-même, de m'effondrer dans la neige pour me relever d'un bond, de faire voler les flocons autour de moi.
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Puis j'arrive à la fin du chemin, là où la forêt rattrape la route, et là ou pointe au loin le toît de ma maison. Je tombe dans la neige et ri, ri à m'en faire exploser les poumons, j'ai le sentiment de m'être retourné sur moi-même, comme un gant de chair à vif. Je me sens emplis et léger à la fois, j'ai l'impression d'avoir volé parmi les fées et dansé avec le petit peuple.
Je remonte jusqu'à ma maison en changeant de chanson, l'autre restera l'empreinte de cet instant pour de nombreuses années à venir. Je garde la magie, enfermée au creux de mes mains, au creux de la voix du chanteur, au plus profond de ma tête, qui est lourde d'avoir tant tournée.
Ma vision redevient stable, je rentre à ma maison, encore hilare de ce moment de folie où je n'étais déjà plus dans ce monde de verre et de béton, mais bel et bien dans celui de la Déesse et de la nature éclatante.
***
J'appelle ma sÅ?ur, je ne peux pas rester sans partager ces moments.
Elle rit, et moi aussi.
***
Grâce à la Déesse, et grâce à la reine des Neiges, devant laquelle je m'agenouille, éblouis par sa splendeur.
Et que la folie soit mienne, toujours, pour encore tourner et virevolter sous l'Å?il de la Déesse.
2. Shallow
I don't remember
Did something in my past create a hole?
Don't use your gender
To drive a stake right through my soul
I live to function
On my own is all I know
No friends to mention
No distraction, nowhere to go
Shallow, shallow Give it to me
Scissors cutting out your anger
Shallow, shallow No good to me, not if you bleed
Bite your tongue, ignore the splinter
This city drains me
Well maybe it's the smell of gasoline
The millions pain me
It's easier to talk to my PC