mardi 31 janvier 2006

Aux écumes d'or


Aux écumes d'or.

La pomme et l'onde.








Je presse le pas, l'allure plus vive, l'Å?il attentif et les oreilles dressées. Me suivent-ils ? Oui, j'entends leurs rires au loin, qui se répercutent en échos railleurs et font fuir des myriades d'oiseaux, perchés sous la cime des arbres et la voûte d'un vert d'étang que les feuilles forment.
Encore plus vite, filer à travers les buissons et les brins d'herbes, la mousse, tapis duveteux qui accueille chacune de mes foulées avec douceur, comme un velours, une éponge en milles endroits, et des explosions de lumières qui décorent en courbes franches mon champ de vision. Ils sont après moi, mais je les trouverai d'avant. Je connais les chemins de fées et les langues de terre qui susurrent aux ruisseaux, jusqu'à se mêler à leurs cours impétueux. La masse du grand chêne se découpe en pochoir ombragé un peu plus loin, je souffle un peu et m'étend sur une branche, la course n'est plus nécessaire à mon avance, maintenant.


Alors, fils du vent, dans quels songes t'es tu perdu ? Je m'éveille. L'astre solaire n'a pas infléchit sa course dans l'aquarelle du ciel, mais cet assoupissement aurait pu donner à ses silhouettes rieuses et mouvantes le temps de me trouver. L'écorce me râpe quand je glisse de la branche, elle est vieille et sèche, rêche comme un pull à col roulé, usé par les sciures du temps. Plus la peine de courir, ni de s'empresser de les retrouver. Ils sont déjà perdus, tombé dans mon piège, aveulis par ses charmes.


Je détache mes cheveux et respire un grand coup, aucun ne s'est perdu. Ils sont là , mes voyous, là où les prismes de lumière défont l'ombre, et où l'eau s'égare entre les pans de terre. Comme sur un nénuphar, posé au centre du cour d'eau, avec dessus, un pépin de pomme. Le temps file, file et suit son cours véloce, et le nénuphar se fait terre, puis motte, puis île, tandis que le pépin devient germe, puis arbuste et pommier. La voila, la magie de ce lieu. Au milieu du torrent et de ses rochers et dent de scie, la tranquillité de l'île, son imposante attraction, et en son centre, l'arbre de la connaissance, Quert dans son reflet oghamique, sagesse des druides et pilier des danses des nymphes.


Ils sont tous assis en cercle, en chaîne inégale de couleurs de peau et d'habits, de reflets de cheveux, d'étincelle au fond des yeux.


Je m'assieds dans la place qu'ils m'ont laissé, devant la roche, piédestal désigné pour le livre. Le livre, il est dans mon sac, emmitouflé de toute mon attention, de toutes mes précautions qu'on devine encore sur le cuir de sa couverture, comme des filaments de coton effilochés. Aujourd'hui, je serai le conteur. C'est à moi qu'appartient la magie de ce lieu, de cet instant, et c'est à moi que répondent les arbres et au milieu de tous, le pommier, dans leurs chants lents et monocordes.


Conte nous une histoire, fils du vent, fais rêver nos vieilles branches usées par les siècles de ta liberté éphémère d'humain.


Alors je m'exécute. Je regarde la tête et le sourire de mes voyous qui semblent capturer les difractions solaires dans leurs yeux et la renvoyer de leur peau, de sorte qu'un halo les entoure.


« Ecoutez, enfants du vent, de l'eau, de la sève, de braises ou de givre, écoutez l'histoire qu'il m'est du de vous conter aujourd'hui, en mes terres d'abondance et de félicité. Laissez vos âme s'étendre jusqu'à emplir cette clairière, et volez, comme des cerfs-volants ballottés parmi les chimères nuageuses.


Ecoutez le bruit des épis de blés, de la prairie d'or qui s'étale à vos pieds, du claquement de vos étoffes sur votre peau claire, écoutez� »

lundi 30 janvier 2006

De la naissance du marmot...


...et de ses complaintes déchirantes.

De ma venue en ces Terres d'existence.





C'est durant la douce chaleur précédent l'habituelle canicule estivale que je naquis, au cÅ?ur d'un mois de Juin aussi lumineux que rieur, annonçant aux hommes le retour de leur été tant loué et Ã? combien attendu.


Aussi petit que braillard, les semaines d'avances que je m'étais octroyé sur le calendrier prénatal semblait m'avoir offert le droit d'échanger moult heures de mutisme intra-utérin contre une flopée d'hurlements perçant et affûtés.


Mes parents furent bien aise de l'irascible mouflet que la nature leur donnait comme étant le leur.


La chance fut de mon côté, et ma mère put, dans un élan délibéré ou dans une piètre réaction instinctive retenir le bras de mon père, lequel esquissait déjà le mouvement fatal qui m'aurait précipité sans ménage 5 mètres plus bas, croulant au milieu de mon corps disloqué et de mes entrailles ouvertes et liquéfiées.


Ayant réchappé de peu à une triste fin, je redoublais de décibels pour faire comprendre mon désaccord. Comment aurais-je pu rester dans une famille pourvue d'un membre aussi vil, qui serait bientôt perclus, je me le promettais, payant le prix de son audace et subissant les sévices du temps et de la sénilité.


A mon plus grand délice, je repense à mes mois de tyrannie où je régnais en seul maître sur la libre vie de mes géniteurs. Mes souvenirs s'étant érodés aux souffrances de l'arrivée de la conscience, je ne puis conter avec quelle perfidie infantile j'ai hanté les songes de ces deux êtres gauches et trop jeunes qui m'avaient fait. Cependant, ma vengeance fut presque accomplie et reléguée au rang des délicats « ca, c'est fait » lorsque mon paternel, harassé de fatigue, ne pouvant dormir sous la poussée et l'émergence constante de mes cris compulsifs, s'endormit au volant, manquant mourir dans un froissement de tôles et d'éclats de verres aussi acérés que mes doucereux cris (du moins de mon partis) qui chassaient la monotonie lassante et latente de ses nuits.


L'avantage de mon état juvénile fut que mon père ne put vitupérer un être si pur et innocent, qui proférait cependant déjà des envies de meurtres à son encontre, et avait manqué par un malheureux concours de circonstances : le sommeil l'avait emporté quelques heures durant la nuit, deux, tout au plus, où il n'avait pu incendier avec avidité les tympans de ses créateurs. Ceci eu pour effet de laisser mon paternel somnoler ne serait-ce que quelques 120 minutes, où il récupéra, force d'apparences, suffisamment d'énergie pour échapper à des dessins cruels et acides.


Ainsi, je dus me résoudre à accepter mon état de martyr, abandonné, tout prince que j'étais, à la bonne (ou mauvaise) volonté de ces deux êtres pourtant pleins d'attentions à mon égards, lorsque mes logorrhées hystériques se réduisaient au silence, et à deux grandes pupilles noires, ouvertes et attentives sur le monde. Attentions n'existant que pour mieux me duper et m'entrainer dans un horrible bain ou dans ces représentations de remontées gastriques qui plaisent tant aux parents après avoir nourrit leurs marmots. A leur grand bonheur, les cris cessèrent mais furent bientôt remplacés par des palabres incessantes, eh oui, � dieux impétueux, il fallut qu'il parla tôt.


C'est en grandissant que les choses devinrent plus compliquées, et que mon père rentra définitivement dans son rôle de vilain. A l'âge des premiers choix, des premières bifurcations dans les façons d'être et de se comporter, ce qui m'apparaissait comme une douce mélopée de sons caressants semblait faire naître de nouvelles rides de dégoûts sur le visage de mes parents. C'était un fait : je n'étais pas normal. Je fus réduis à un assemblage de sons discordants qu'il faut absolument corriger, quitte à faire preuve de brutalité.


Voyant que je ne serai autre que la nature dont mes trois mères m'avaient fait dons, la lassitude et les résignations ne vinrent cependant pas frapper à la porte des esprits parentaux et signer ma tranquillité, et leur reddition. Tout au contraire, ils redoublèrent d'efforts, souffrirent des pires inattentions de ma part, alors que je continuais dans la route qui m'étais destiné, d'un pas aussi sur que le sont ceux qui ne peuvent en rien changer leur différence.


Je vécus ainsi, comme un frêle arbuste, tantôt malmené par les tentatives de ma mère pour redresser mes branches discordantes, tantôt déraciné et abîmé en essuyant les tempêtes paternelles. L'adolescence vit arriver, bien que tardivement, mes premières indépendances et les premiers remparts contre la volonté de normalisation de mes parents. Les convenances ne m'atteignaient plus, ni leur soucis.



dimanche 29 janvier 2006

>_<




Je m'interroge.

Qu'est-ce qui fait, qu'un garçon, brun, au cheveux longs, avec des tresses :

-Ne soit pas considéré comme "normal" parce que ces cheveux sont longs.

-Je ne parle même pas des nattes qui classifient directement le sujet dans la catégorie "hippie à la con fumeur de joint"

-Se prenne des réfléxions autant déplacées de son point de vues que "normales à dire" du point de vue des abrutis qui les lui dispensent

-doive à supporter la stupidité de ses parents et de leurs remarques (non, en fait, ca c'est encore presque normal)


  • Là où la chose me choque, c'est que je me rend compte que toute une certaine génération (notament celle de nos parents et grand-parents) et une certaine classe sociale (middle class) en sont à ce point de lavage de cerveau que leurs convenances sont devenues des modèles de références induisant des réflexions qui ne sont même pas jugées déplacée ou hors propos. Afin d'être plus lisible et surtout plus clair, je m'explique :


  • Dès qu'une personne, et de surcroît un jeune appartenant à la dite classe sociale à tendance à sortir du lot, on remarque une tendance à la "bourrade" ou à la "vanne" gentille afin de lui faire comprendre sans pour autant être direct et en considérant son acte comme une "erreur de jeunesse" la honte inhérente au dit-acte. Si la personne continue dans son obstinance, elle se voit gratifiée de remarques de plus en plus mauvaises et méchantes, voire de comportements agressifs.


  • Alors je me questionne. Qu'est-ce qui fait que toute une génération de personnes s'enferme à ce point dans le regard des autres qu'elle s'impose à elle même une façon d'être qui peut aller jusqu'à l'encontre de son avis et de son jugement personnel? Ca mériterait presque une étude générationelle.


  • En gros, qu'est-ce qui fait qu'une poignée (relativement conséquente) d'abrutis se sente obligé de me traiter de rasta parce-que j'ai trois misérable tresses sur la tête, alors que je ne les connais ni d'Adam ni d'Eve?En soit, je m'en fiche, ca me fait surtout ressentir pas mal de mépris à leur égard, et je me pose vraiment la question du pourquoi et du comment de ce phénomène :)


Moralité : Faites vous des tresses, car vous pourrez :

-Frapper des gens en dansant lors de concerts

-Tasser vos cigarettes avec vos tresses

-Vous faire regarder bizarement

- Vous faire traiter de hippie et rétorquer "t'as vu ta face de poulpe ménopausé?"

-Choquer les petites vieilles dans la rue en leur souriant parce-que politesse et tresses ne riment pas (ah bon?)



Et tant d'autres choses fabuleuses ;)
Hihihi...


Because I'm tout seuuuuul...

29/01/05

21h04

La solitude.






Je réfléchis. Je pense à toutes mes évolutions récentes, à tout ce qui a changé chez moi, à tout ce qui a fait de celui qui n'était que failles et éclats de verre une nouvelle puissance dotée d'un équilibre.

Il y aurait tant de sujets à aborder, dans mon horizon de balances, ou je pèse, encore, chaque jour, pour un peu plus de ceci, un peu moins de cela, toujours vers l'équilibre et l'accomplissement, qui se profile au loin, entre les montagnes. L'hypocrisie, l'égocentrisme, la réflexion, le tempérament, autant de choses qui se sont muent en d'autres, afin que des sons discordants s'élève une nouvelle mélodie.

Alors pourquoi la solitude ? Parce-qu'au même titre que le silence, elle fait partie de moi. Elle est ancrée en mon âme comme un profond délice ou une peur panique. La solitude qui me tue, qui me torture, qui me ravit, qui me transporte et me défigure, qui me libère.

J'ai longtemps vu la solitude comme ma seule porte de sortie vers un monde personnel, de calme, de silence, de repos. Un monde où je n'avais plus à supporter des convenances que je haïssais autant que j'en étais victime, ne pouvant m'y plier malgré mes efforts constants. C'était ainsi, passé la porte de la maison, je pouvais sauter du ponton ou j'étais attaché, passer outre mes liens, mes cordes, mes chaînes, et sauter pour boire le ciel, m'en rendre saoul, délier mes ailes et aller prendre l'air.

Souvent, je me couchais sur mon lit pour m'évader, je fixais le plafond, et je me laissais glisser avec un plaisir acidulé vers des songes éveillés où je menais une vie qui me correspondait plus. Je ne voyais personne en dehors de l'horrible prison où on me forçait à me rendre tous les jours, entouré pour partie d'animaux aux allures simiesques qui n'avait rien pour moi d'humain, et pour autre partie de reproductions d'adultes aussi pathétiques que fades. Le faible pourcentage de personnes intéressantes m'adorait ou m'exécrait comme le pire des poisons.

Musique dans les oreilles et répliques affûtées en main, je m'asseyais et regardait leur manège. Entre ceux qui agissaient comme la norme l'indiquait, soit parce-qu'ils faisaient partie de ceux qui la composait un peu plus chaque jours, soit parce-qu'elle ne leur plaisait en rien mais parce-qu'ils étaient trop lâches pour avouer et prôner leur différence à la vue de tous. C'était de loin ceux que je détestais le plus. Eux qui donnaient le pouvoir aux petits tyrans dont l'âme était aussi pauvre qu'un fond de poubelle, eux qui m'auraient aimés si la convenance n'aurait pas prescrit le contraire. Eux qui marchaient au pas devant les ordonnances de la conscience aussi pourrie que collective de cet endroit méphitique.

C'était ça, ma solitude. C'était ce que je considérais comme ma plus grande force, ma plus grande liberté. La seule parcelle de mon âme que personne ne pouvait taillader à loisir. La seule chose qui me procurait le même plaisir à chaque retrouvaille.

Puis les dessins de mes jours ont changés. La prison s'est vue devenir un endroit plus ouvert, plus libre, où la différence, lorsqu'elle n'est pas feinte et créée dans une volonté d'exception est reconnue comme telle et respectée par certains. Un endroit que les serres de ceux qui m'avaient meurtris ne pouvaient pas approcher. Les amitiés de convenances ont persisté, comme des îles qui seront tôt ou tard séparées par la tempête où qui couleront ensembles. J'ai appris à découvrir d'autres gens, à me trouver vrai, à voir d'autres contrées pour m'échapper que je ne pensais pas un jour fouler de mes pieds, qu'ils soient imaginaires ou non.

C'est à ce moment que j'ai du renier ma solitude, et l'amour inconsidéré que je vouais à mon amante la plus fidèle. Je pourrai vous dire combien ce fut une période dure et longue, mais ceci serait faux. J'ai oublié les bras et les douceurs de celle qui m'avait tant recueillis par le passé pour les cheveux fous et les courses éblouissantes d'une nouvelle amante : la compagnie. J'ai appris à aimer les autres plus que je ne m'aimais moi, à vouloir leur compagnie plus qu'à m'en priver, par scarification mentale volontaire ou non. J'ai appris à être avec, puis à ne plus être le pilier, le centre.

Je me suis complus dans la compagnie des autres jusqu'à m'en oublier pour longtemps. Et c'est ainsi que je suis revenu à celle qui allait pouvoir guérir mes nouveaux excès. Celle qui allait pouvoir apaiser mon ventre, retourné et tordu dès que je me sentais trop seul, mes tremblements et mes nouvelles peurs d'abandon.

Alors me revoici, sur un nouveau chemin d'équilibre, sur une nouvelle corde. J'apprends à apprécier des moments et des choses pour moi seul, sans me sentir contraint de les faire partager sous peine de commettre une entorse à mes serments d'amitié et d'amour. Je redécouvre la solitude, pour mieux apprécier la compagnie. Et je profite de la compagnie, pour mieux apprécier la solitude.

Tout est encore une question d'entre-deux.



Et pour détendre l'atmosphère, un petit passage de la chanson de notre bien-aimé âne !



Because I'm tout seuuuuul
Il n'y a personne Besiiiiiide meeeee

;)

vendredi 27 janvier 2006

Emporté dans les étoiles...



27/01/06

17h50







J'aurai du mal à vous décrire l'état d'exaltation dans lequel je me trouve ^^. Seule ma sÅ?ur pourrai le cerner dans son entièreté, elle que j'ai appelé immédiatement après pour lui faire partager un peu la magie de ces instants, elle qui a entendu les éclats dans ma voix, et mon rire résonner.

Depuis hier, les lycées ont été évacués et les bus arrêtés de circuler, sur ordre du préfet. Il faut préciser qu'hier, le ciel était d'un bleu éclatant, comme souvent dans la vallée du Rhône, ce qui n'a pas manqué de nous faire rire de ce qui nous semblait improbable : 30 centimètres de neige.

J'ai commencé à changer d'avis lorsque j'ai sentis la neige arriver dans l'air. Lorsque le froid s'est fait piquant, et que j'y ai vu l'éclat d'une blancheur de perle.


***

Ce matin, à 6h30, l'heure habituelle pour moi d'aller au lycée, ma mère s'est sentie forcée de me réveiller en précisant qu'il n'y avait pas la moindre trace à l'horizon de ces petites étoiles éclatantes qu'on appelle flocons. J'ai tout de même préféré rester au lit, quoi de plus normal, me direz vous. Le choix contraire m'aurait privé d'un moment que je n'aurai pas pu regretter, mais qui l'aurait cependant mérité amplement.

Je me suis donc levé bien plus tard, et en ouvrant mes volets, j'ai eu la surprise de découvrir le paysage à nouveau constellé de blancheur, éclatant, nacré.


***

Mon père a décidé de nous emmener au restaurant, les moments passés ensembles n'étant plus très nombreux. J'espère aller chez ma sÅ?ur l'après-midi, j'accepte donc, et nous voila partis. Quelques heures plus tard, la neige n'a cessé de tomber dru, des milliards de petits flocons fouettant le sol à une vitesse qui ne laissait présager autre chose d'un tapis lumineux de plus en plus épais.

Passage chez ma sÅ?ur, impossible de rester de peur de ne pouvoir rentrer chez moi. Nous faisons donc demi-tour afin d'aller chercher ma mère, et de rentrer à la maison, afin de ne pas rester bloqués et d'échapper à ce déluge. Il nous aura fallu une bonne heure pour accomplir un maigre trajet : le lieu de son travail à l'entrée de notre ville.


***

Mon paternel prend alors la décision de passer par l'arrière de la montagne sur laquelle je loge, et encore, montagne, c'est un bien grand mot, disons plutôt colline, afin de faire plaisir aux tatillons. En cela, rien de bien grave, et tout de magnifique. Il m'offre le spectacle des champs et des arbres étouffés sous la neige, se penchant au passage de la voiture, et des flocons, qui tombent, tombent encore.

Le chemin monte, la voiture n'a pas de difficultés particulières à se frayer un chemin, merci Monsieur Michelin et ses merveilleux pneus neige qui coûtent cependant une fortune à mon goût.


***

Arrivés à un virage, nous croisons trois anciens en train de déblayer la route, pelle et pipe à la main. L'un d'eux, le plus éloigné sur la route, regarde notre voiture. Je croise son regard, et c'est alors une évidence pour moi : nous allons nous enliser. Dès lors, je monte encore un peu plus le son de mon baladeur, connaissant ce qui nous attend, et l'énervement, les grognements et les cris que ça ne manquera pas de provoquer.

Comme à mon habitude par les temps qui courent, je ne me suis pas trompé. La voiture patine, la couche de neige est trop épaisse. Marche arrière, et on recommence. Après trois essais infructueux, la voiture parvient néanmoins à avancer un peu plus loin. Après 30 mètres, le même problème nous attend. Mais cette fois-ci, la marche arrière fait glisser la voiture sur la droite, nous allons finir au milieu de la route. Après 5 tentatives et beaucoup de crispation, mon père parvient à nous sauver (en apparence) et remet la voiture dans le droit chemin.

Droit chemin qu'il n'avait pas prévu avec un fossé. Il recule, nous aussi, et la voiture finit son périple entre la route et le fossé, coincée d'une bien belle façon.


***

Je vous passe l'épisode inhérent à ce genre de situations : l'obligation de pousser la voiture, même si cela est aussi vain que de faire une prière pour que cupidon vienne distiller un peu d'amour là où il n'y a plus que des reproches et de la colère.


***

La phrase est lancée : rentrer à pied. Je m'empêche de sauter de joie, mais je n'attendais que ça. Je pars alors devant, afin de profiter de la beauté éclatante du paysage qui me tourne déjà la tête et d'éloigner les râleurs le plus possible de ma personne. Ma perspicacité a souffert de quelques détails aujourd'hui. Je ne m'attendais pas à me voir offrir une si belle balade. Je remercie la Déesse autant que faire se peut.

Le chemin est splendide, mes pieds balaient la neige et laissent quelques marques derrière moi, mais rien de trop visible, je marche comme un chat. Après m'être suffisamment éloigné de mes chère parents, et de ma chère sÅ?ur, je m'accorde une petite cigarette, histoire de célébrer dignement autant de magnificence déployée pour le seul plaisir de mes yeux et de mes sens.


***

L'air pique ma peau, je renfonce le bonnet violet un peu plus profond, jusqu'à ce qu'il couvre mes oreilles où le baladeur hurle au son de Porcupine Tree. Mes nattes n'ont pas gelées, et c'est tant mieux. Les quelques tresses qui dépassent font balancier devant mes yeux, et je les chasse avec satisfaction pour me noyer un peu plus dans les immensités blanches qui s'étalent à mes pieds.


***

Et puis je décide de plonger sans retour dans l'ambiance, dans le paysage, dans la neige qui recouvre tout et qui ouvre mon cÅ?ur et fait s'envoler mon esprit. C'est partit pour « Shallow » en mode repeat, et pour un moment de folie totale.

Je marche encore dans la neige, mais je chante à tue-tête, je tourne sur moi-même pour regarder le paysage, je slalome sur le chemin, après tout, qui est là pour me voir, me juger, me railler ? Personne, et cela m'est bien égal. La magie se rassemble autour de moi et m'emporte dans sa danse, mon corps et mon esprit décollent, et je ne suis déjà plus qu'un souffle qui court sur la route en hurlant sa chanson à qui veux ou ne veux pas l'entendre.


***

Je crois une couple et leur enfant, et je leur fais le plus beau sourire qu'il m'est donné de faire à des inconnus. Je vois leurs visages étonnés et le soleil que je fais jaillir de la peau qui plisse au coin de leurs yeux et de la commissure de leurs lèvres. Je me sens tellement léger et heureux qu'il m'est impensable de ne pas leur faire partager mon moment.

Je m'éloigne en secouant la tête au son des guitares et du synthé, en mimant aussi bien que je peux le chanteur déchaîné sur scène, submergé par sa chanson « Shallow, shallow, give into me, give it to meâ?¦ »

En croisant des personnes de mon âge qui m'ont tant haïs et détestées par le passé, la seule chose que je trouve à leur faire est un grand sourire, et un regard qui ferait fondre le plus endurcis des esquimaux. J'ai le choix : Passer à travers la forêt dans la neige ou par la route, au travers des maisons.


***

Aucune hésitation ne s'échoue aux abords de mon esprit, je choisis la forêt, bien évidement. La chanson recommence encore, toujours plus forte dans mes oreilles, et moi je cours, je chante, je hurle, je danse au milieu des arbres blanchis et de la neige qui m'arrive à la moitié des mollets. Je tourne sur moi-même pour mieux voir la voûte des arbres qui cache le ciel, blanchie et immaculée par les flocons, et c'est si beau que j'en tombe à la renverse. Je me relève, et repars en courant et en chantant au milieu du chemin.

Je saute, je tourne, je danse, je me laisse tomber au détour d'un virage et je hurle de plus belle les paroles qui résonnent dans mon crâne. Je bois le blanc du ciel, le blanc de la terre, de la forêt, le blanc qui est partout, qui purifie mon âme et mon cÅ?ur, et qui libère mon esprit. Je ne croise personne, mais quelle importance ? Cela ne m'empêcherai plus de chanter et de tourner sur moi-même, de m'effondrer dans la neige pour me relever d'un bond, de faire voler les flocons autour de moi.


***

Puis j'arrive à la fin du chemin, là où la forêt rattrape la route, et là ou pointe au loin le toît de ma maison. Je tombe dans la neige et ri, ri à m'en faire exploser les poumons, j'ai le sentiment de m'être retourné sur moi-même, comme un gant de chair à vif. Je me sens emplis et léger à la fois, j'ai l'impression d'avoir volé parmi les fées et dansé avec le petit peuple.

Je remonte jusqu'à ma maison en changeant de chanson, l'autre restera l'empreinte de cet instant pour de nombreuses années à venir. Je garde la magie, enfermée au creux de mes mains, au creux de la voix du chanteur, au plus profond de ma tête, qui est lourde d'avoir tant tournée.

Ma vision redevient stable, je rentre à ma maison, encore hilare de ce moment de folie où je n'étais déjà plus dans ce monde de verre et de béton, mais bel et bien dans celui de la Déesse et de la nature éclatante.


***

J'appelle ma sÅ?ur, je ne peux pas rester sans partager ces moments. Elle rit, et moi aussi.



***

Grâce à la Déesse, et grâce à la reine des Neiges, devant laquelle je m'agenouille, éblouis par sa splendeur.

Et que la folie soit mienne, toujours, pour encore tourner et virevolter sous l'Å?il de la Déesse.



2. Shallow


I don't remember
Did something in my past create a hole?
Don't use your gender
To drive a stake right through my soul

I live to function
On my own is all I know
No friends to mention
No distraction, nowhere to go

Shallow, shallow Give it to me
Scissors cutting out your anger
Shallow, shallow No good to me, not if you bleed
Bite your tongue, ignore the splinter

This city drains me
Well maybe it's the smell of gasoline
The millions pain me
It's easier to talk to my PC


Qui s'y frotte s'y griffe.






Cette nuit, la fille aux yeux blancs est revenue, encore, de la façon qu'elle a de faire les choses en évinçant la gêne qu'elle devrait y ressentir, et en la renvoyant directement aux autres. De sa manière nonchalante de faire croire au hasard alors qu'il n'en est rien, de son air goguenard et dépitant.


Mon rêve était pourtant banal. Un voyage scolaire, certainement en Espagne, comme l'an dernier. Le Crapaud est avec moi, et les autres ne sont pas loin. Dans un parc, avec des arbres qui touchent la voûte céleste, arrachant un peu d'embruns étoilés, avec des feuilles d'un vert impossible, et des écorces aussi dures que splendides.


Soudain, au détour d'un regard, je la vois s'avancer. Croyant être discrète et passer inaperçu alors qu'elle rentre dans mon univers, dans ma partie du plateau de jeu. J'attends, modifier ses contours d'énergie pour qu'elle cesse ses faux-semblants et s'avance vers moi, du pas de ceux qui savent où ils vont. Elle ne le fait qu'a moitié, trop fidèle à sa nature.


Alors je m'avance, et nous nous accrochons violement. Puis elle part, sur son air de dédain et de mépris. Je n'en ai cure, si elle part, au moins la suite sera-t-elle paisible. C'était trop espérer. Au détour d'un chemin, je la recroise. Mon sang ne fait qu'un tour, encore une fois elle à joué des actions qu'elle n'a pas accomplie.


Je m'avance vers elle, d'un pas que j'aurais aimé lui voire emprunter, pour aller au combat plutôt qu'a chercher la nuisance. Je tends le bras vers elle, index tendu, presque à toucher son front, entre ses deux yeux. J'incante en langue de malédiction et passe sa protection, et tape trois fois son front de mon doigt.


Surcharge du système. Bug. Paralysie. Comme si un courant trop grand avait traversé un récepteur de trop faible capacité.



Mon rêve s'est poursuivit sans accros.



Satisfaction non dissimulée d'avoir renvoyé bouler la fille aux yeux blancs d'un seul index.
Je ne le répèterai plus, à l'avenir. Un chat, c'est câlin, mais c'est aussi dangereux.
Et mes griffes sont bien affûtées.

jeudi 26 janvier 2006

Roule, roule...







Imaginez une cour de récréation, dans toute son horreur, avec ses arbres encerclés de béton, les feuilles mortes entassées dans des coins, des murs moisis par l'humidité et la pluie, des vitres sales et ternies, et des anciennes zones d'herbes recouvertes de boue, où la dite verdure (en réalité des mauvaises herbes) n'a pas réapparu depuis une bonne dizaine d'année. Quel portrait élogieux, n'est-ce pas ? Oui, il parait que j'ai un certain talent pour ca.


Revenons à notre mouton. Si ce portrait ne vous rappelle pas celui de l'école de votre enfance, alors imaginez plutôt une cours colorées, marquée de craie pour jouer à la marelle. De tableaux composés de milliers de barbouillis accrochés au mur dans une fresque géante, de portiques en forme d'abeilles et de cochons qui pendent au plafond de la cantine. Imaginez des rangées d'arbres et de buissons pour se cacher, de longues racines qui serpentent au sol, d'un bac à sable d'un éclat doré. Et d'une balançoire, aussi vieille que revêche, qui continue à vous faire voir milles couleurs et à faire pester votre mère lorsqu'elle découvrira vos nombreux accros décorant le nouveau pull fait main par votre mamie.


Ca y'est, vous y êtes ? La cour d'école de votre enfance. Chassez au loin tous les souvenirs qui s'y rattachent, naufragés dans vos neurones, et gardez juste l'essence du lieu, son exacte photographie. Des couleurs, l'air frais qui caresse votre visage, peut-être le bruit d'une abeille ou le bruissement des feuilles, vert pommes d'été, ou orange d'automne, à chacun ses goûts. Dans chaque cour, il y a cet endroit. Fait de béton ou de goudron, les matières des hommes, qu'ils répandent au sol dans leur folle certitude d'avoir dompté ne serait-ce qu'un mètre carré de la nature. Un carré, un rectangle, plus rarement un triangle ou un rond. Un endroit qui étouffe l'herbe, dur et sec, qui écorche vos genoux lorsqu'ils s'y frottent avec trop d'ardeur.


Regardez de plus près. Dans cet endroit, il y a toujours cette marque blanche, ce trait, cette ligne, la courbe. Un cercle qui tend à la perfection mais ne l'est jamais, fait par des mains d'enfants, pour des jeux d'enfants. Vous êtes juste devant ce cercle, et le bout de vos chaussures est presque en contact avec la ligne blanche qui semble vous séparer d'un autre univers.


Rouge, bleue, jaune, verte, transparente, irisée. De toutes sortes, de toutes tailles, de toutes couleurs. Rangez vos pensées perverses et comptez plutôt les billes qui s'étalent dans le cercle. Une multitude. Comme un amas d'atomes qui roule et rebondit, sans jamais sortir du cercle. Maintenant, choisissez votre bille. La turquoise ? La violette ? La jaune fluo ? Aucune importance ici, mais soyez sur de vous. Pour les plus sûrs d'eux, préférez le berlon, cette grosse bille en verre massive et dure, terreur des frêles sphères si légères comparées à ce monstre d'énormité et d'aspérités, de cicatrices et de trous. Ca y'est, vous avez votre bille, alors ne la quittez surtout pas des yeux.


La voila qui s'avance, elle roule, cabriole, sa trajectoire se courbe ou reste droite, peu importe, au final, le résultat n'en sera qu'identique : vous êtes voué au choc, au son mat et cassant que votre petit avatar rond fera en se cognant de toute sa maigre force contre un de ces adversaires. Entendez bien ce bruit, de verre contre verre, de matière contre matière. La fêlure des infimes particules transparentes et de l'air, chassé lors de la collision. Cela semble négligeable, d'une importance ridicule en apparence, et personne ne viendra vous blâmer pour penser cela. Après tout, qu'en est-il ? Rien qu'un choc, d'une bille contre une bille, d'un avatar, comme le votre, qui avait été choisi par son représentant, contre votre propre avatar.


Oui, mais voila. Un seul choc, une seule perturbation dans les lignes de votre ancienne trajectoire et la bille roule, roule encore, tourne, s'égare, tombe, ou encoreâ?¦ frappe d'autres billes sur son passage. Où s'arrêtera-t-elle ? Qu'en sais-je ? Qu'en savez-vous ? Qu'en savons-nous ?


Ca n'est toujours pas ici qu'est l'important. L'important se passe encore dans votre esprit. Regardez le chemin de votre bille, de choc en courbes, de lignes en sursauts, de pentes en montées. Et si, il s'agissait en fait de vous ? De vos propres rencontres, de vos propres épreuves, vos changements de directions, de trajectoires, vos actions, vos choix, vos repos, vos réflexions, vos rires, vos partages.



Si vous n'étiez qu'une simple bille, dans un rond de craie, dans une cour de récréation, dans une école ? Alors, quelles seraient vos montées ? Vos pentes ?



Et surtout, surtout : Quels sont vos chocs ?

lundi 23 janvier 2006

Un petit splatch de temps en temps.





Remettons nous en situation. Vous, là . Un peu de concentration. Alors, tout d'abord, imaginez moi avec une tête à peine réveillée. Oui, pour certains, cela ne sera pas bien dur. Je suis en train de fixer mon bol de lait comme si il allait me révéler tous les secrets de l'univers depuis sa création, et les céréales qui sont trop molles d'avoir attendues que je fasse l'effort de manger commencent à couler.


Vous voyez à peu près le topo.


Quand soudain, a la vitesse de l'éclair, surgit une forme que je ne pourrai qualifier que de petite et chevelue qui se précipite sur une autre chose, plus molle, elle, et de couleur grise.


Encore une fois, ma soeur, lobotomisée par essence, se jette en courant sur mon chat, assez vite pour n'en faire qu'une bouillie informe sur le mur. Elle hurle son "Sooooooooooraaaaaaaa" rituel ou alors un "mon bébé" ou "mon minouuuuu" ou autres dans mes pauvres oreilles innocentes qui doivent non seulement supporter sa voix stridente mais en plus le ton mielleux qu'elle se sentira forcément obligée d'adopter pour s'adresser au chat.


Je préfère ne pas vous donner un ordre d'idée quant au nombre impressionnant de fois ou j'ai le droit à cette scène par jour. Je prie chaque fois un peu plus pour que :

  1. Ma soeur s'écrase par terre tel une tartine pleine de confiture
  2. Le chat soit réduit en pâtée informe sur le mur, ça lui apprendra à ne pas finir la sienne
  3. �, comble du bonheur, les deux à la fois.

Malheureusement, une loi physique inconnue doit être à l'oeuvre et faire en sorte qu'un abruti courant vers un chat ne peut pas s'aplatir, causant sa mort et celle du félin. Au lieu de cela, je dois supporter en essayant de résister à la tentation de casser la cuillère avec mes dents les insupportables répliques de ma cadette demandant à son "bébé d'amour illuminant sa vie" si les croquettes sont bonnes ce matin (à noter que ce sont les mêmes que la veille), ou si le chat a passé une nuit agréable (sur son lit) ou encore, mais plus rarement, où était-il donc cette nuit, parce-qu'enfin la laisser ainsi sans nouvelles est une honte.


Qu'est-ce qui fait que la majeure partie des humains de cette planète se sent obligé de s'abaisser EN DESSOUS du quotient intellectuel de l'animal auquel il parle?


Il s'agit là d'une chose que je ne comprendrai jamais, à mon grand désarroi.


Qu'on ne vienne pas me rétorquer que je n'ai pas de coeur et que je n'aime pas les animaux, bien au contraire. Mais par contre, la connerie inhérente à certains en présence de ces bestioles pleines de poils me laisse pantois.


Ah, oui, et pour ma soeur, j'ai finalement investi dans du fil de pêche, histoire de déjouer cette foutue loi métaphysique... On verra bien si une corde tendue au pied de la porte en viendra à bout.


    *rire démoniaque*

    :)

A la morsure contraireâ?¦


26/09/05

00h27






Thorn,

J'ai quitté l'appartement ce matin. Je t'ai regardé dormir jusqu'au levé du soleil. Ton sommeil minéral, dense et profond, qui a tant de fois calmé mes peurs et apaisé mes angoisses. J'ai regardé tes cheveux anthracite couler sur l'oreiller et tes paupières de soie toujours closes, comme une promesse de calme, comme un sort pour conjurer la nuit.

Je me suis glissé hors des draps, sans te quitter des yeux, en silence. J'ai passé les quelques habits que j'avais préparé, cachés sous le lit sur ma peau nue, frissonnante au matin. Mon sac est tombé sur mes épaules, et la porte s'est refermée derrière moi, en douceur, comme une complice.

La brise glacée de l'aube a piqué ma peau et mouillé mes yeux, à moins que ce ne soit mes larmes qui aient gelées, dans le froid hivernal. Comme pour me donner la force de ne pas revenir en arrière, j'ai soufflé un grand coup, étouffant un soupir. De l'air de ceux qui regardent l'astre solaire embraser le ciel, déployant ses lumières chatoyantes dans le ciel, et ses reflets de miel. De l'air de ceux qui savent ce qu'ils doivent faire. J'ai revêtus une apparence de norm, pour cacher mes yeux d'acier et mes longs cheveux d'argent. J'ai polis le tranchant de mon regard pour me fondre dans leur masse et me laisser porter. Encore plus loin dans le tumulte grouillant de leur monde. Marcher, encore marcher, changer le pas de fauve pour en faire celui d'un animal de cirque, d'une bête enfermée. C'est ce que j'ai fais. Après avoir traversé l'avenue du Crépuscule, je suis retourné aux Traverses.

Les Traverses, là où je t'ai trouvé, ou retrouvé, pour la première fois, ou pour peut-être une autre. Adossé au comptoir, mouvant, reflet insaisissable et presque évanescent dans la fumée et les lumières vives. J'ai regardé tes cheveux couler en cascades comme le font ceux des nôtres, et j'ai attrapé le sourire dans le plissement de tes yeux, alors que tu fumais ta cigarette. Ton regard de métal chauffé à blanc à accroché le miens, et j'ai su que pour toi, pour la lame de ton regard, mes armures de glace ne seraient que fumée. Plus tard, dans la nuit, à travers l'étourdissement des sons et des chairs entrelacées, nous nous sommes croisés, frôlés, main contre main, corps contre corps, lèvres contre lèvres�

Et je suis revenu aux Traverses, des jours, des semaines, ou peut-être des mois ou des années. J'ai croisé ton regard et frôlé ton corps avec un délice toujours plus fort, comme un torrent dans lequel j'aurai voulu me noyer. Toujours, tu m'attendais, au comptoir. Nos regards ont cessés de jouer et nous avons cessé de nous chasser. Les sourires se sont fait complices, et les regards des caresses. Et un soir, il y aâ?¦ combien de temps déjà  ? Leurs calendriers sont trop vagues pour l'intemporelâ?¦ Un soir, après avoir quitté les Traverses, en remontant chez moi, je t'ai trouvé devant ma porte. La lueur de ta cigarette, découpant ton reflet sur le mur sombre, tes yeux perçants et lumineux, même dans le velours de la nuit. Jâ??ai ouvert la porte, comme sur une promesse, et quel que soit l'endroit où tu vivais avant, jamais tu n'y es revenu.

Le froissement des corps, la morsure de la chaleur, la douceur de la peau. Combien de temps sommes nous restés enlacés ? Des jours, plus ? Qui saitâ?¦

Alors que je repense à nous, à nos dialogues sans mots, sans sons, comme les ombres parlent aux ombres, mon ventre se tord. Je passe comme une flèche, ou un présage au milieu des norms. Tous bien emmitouflés dans leurs manteaux de ressemblance et de superflu. Sous leurs masques de honte ou de doute, sous leurs fêlures trop cachées, leurs regards qui me laissaient froid avant sont autant d'épines de glaces en mon âme.

Regarde Thorn, regarde. Que suis-je encore aujourd'hui ? Si ce n'est qu'une ombre parmi les ombres ? Un chasseur prit à son piège par toi, encore, qui n'a jamais cessé de me rassurer et de chasser mes nuages. Toi, qui, derrière la braise de ton regard, posait sur moi des yeux de douceur et de plaines riantes. Des regards de crépuscule, de rayons lunaires. Toi qui m'as aimé, tant de fois déjà , ni comme un norm, ni comme une ombre. Juste comme j'étais parmi les fils des trames. Toi qui as sus détruire les barrages de peines et de béton, d'acier et de douleur.

C'est pour cela qu'aujourd'hui, je dois partir. Fuir loin de ton amour malgré la déchirure et reconstruire ce qu'en un regard tu peux détruire. Disparaître comme le givre au matin pour durcir mes glaces et ne plus craindre ta chaleur. Pour que la morsure du froid ne craigne plus celle des flammes.

Mais encore, toujours. Toujours pareil. C'est ici, qu'en ayant encore lu avec patience et dévotion une de mes lettres, la peau au coin de tes yeux plisse et rit, et que tes lèvres s'étirent, sans esquisser un sourire, mais juste une ombre. Ta façon de rire avec douceur. Ce matin, je suis encore une fois descendu dans le froid pour travailler, comme les norms le font, simplement. Et ce soir, quand je rentrerai, comme la source se jette à la mer, tu seras là , à m'attendre derrière la porte. Comme chaque fois, je ferai semblant de ne pas sentir ta présence ardente dans mon horizon de froid, et je te laisserai m'enlacer.

Ce soir, tu seras là , pour calmer mon souffle et soutenir mon regard, qui te fait mal, même si tu ne le montres jamais. Ce soir, peut-être que les draps brûleront encore autour de nous, et que je soufflerai le gel pour éviter l'incendie de nos désirs.

Je te l'ai déjà dis, et je te le dis encore. Le Givre et le Feu ne seront ensembles que douleur et souffrance. Alors je partirai, un jour. Bientôt. Plus mes lettres se rapprochent, et plus mon départ est proche. Comme un serment prêté à la nuit, une évidence sans faille, forgée dans nos ombres, je partirai.

Alors si un jour tu ne ressens plus la morsure du froid en ton cÅ?ur, et que je ne suis pas près de toi. Ca n'est pas que notre amour est terminé, c'est que je suis parti. Partis pour revenir vers moi, vers ce que je suis.

Et plus tard, c'est au comptoir des Traverses que je t'attendrai. Prêt à piéger la flamme, à sauter dans le gouffre.

Mist.


Un de mes textes que j'ai longtemps hésité à mettre. Et puis après tout, pourquoi non? Inspiré de mes longues nuits de lectures Silholesques, et surement d'une personne en particulier.

vendredi 20 janvier 2006

Les cubes de verres tomberont un jour.


Aller retour en bus à Valence pour encore un de ces inombrables forum ou on espère nous faire "trouver enfin notre voie" à nous, pauvres adolescents paummés dans nos vies et dans un monde trop cruel.




Discution avec Miriam au retour. Et de quoi sera fait notre futur?


Des regards portés sur le monde qui défile derrière la vitre. Et roule, roule le bus, roule vers notre futur et nos incertitudes, nos doutes et nos questions. A la vérité, nos yeux sont déjà trop usés pour un âge que nous ne semblont même pas avoir, mais que nous avons pourtant.


Des regards sur le monde qui s'étale à nos pieds. Un monde de carcans de métal, de barrières et de barbelets. Un monde fixé par et pour l'argent. Des études, du travail, une carrière, une famille, des enfants. Ingénieur, commercial, chercheur, banquier, dentiste, médecin, cadre, et quoi d'autre? Où est la place aux rêves? A nos rêves?


Ou sont passés nos espoirs de vie meilleure? Où se cache encore la magie dans un monde pavé de cubes de verre et de chutes de béton? Comment espérer faire nos vies selon nos propres lignes et notre bonheur alors que le monde qui les abrite a déjà oublié tout ca? Oublier les espoirs, les objectifs, laver les cerveau des hommes et voler leurs âmes, encore plus, plus d'âmes enfouies et de vies ternes et grises, de gens vides qui cherchent à se combler comme ils peuvent, en s'abrutissant devant un écran ou on leur sert leur "plateau létal" du jour ou en s'enfoncant encore plus dans la gueule du monstre qui les guette et les traque sans relâche.


Alors, alors? Dans la grande comédie où nous figurons tous les jours, y'a-t-il une place pour nous? Comme un coin chaud qui nous attend pour rentrer dans le moule? Pour se laisser bercer de chaleur et d'effluves qui sentent bon, s'endormir et se réveiller quelques années plus tard, le poid des chaînes en plus au pieds?



Comment allons nous pouvoir nous construire?



Reprendre nos vies, les arracher de force parce-que nous ne sommes pas de ceux qui courbent le dos, que nos âmes sont fortes et que nos esprits ne plient pas. Courir, encore, vers l'horizon, et regarder le soleil se lever sans plus penser au futur, profiter de nos années de vie à s'élever sans plus penser à cette masse gluante qui traîne à nos pieds. Les derniers soleils de l'humanité ne s'éteindront pas, alors que le noir et le vide gagnent le combat.


Attendre, attendre que le vent du changement souffle. Que les cubes de verres soient brisés, écrasés à nos pied. Que l'ordre du monde s'effondre, dans la poussière et les cris, dans le sang et et la peur. Attendre que renaisse le monde qui lui, nous attend. Un ou nous aurons une place, un ou nous seront plus que jamais la lumière.



Quoi? La guerre? Une épidémie? Un changement planétaire? Climatique?



A la fin de notre monde, qui n'est déjà plus que le reflet d'un asile pour ses enfants. Espérons que nous pourrons voir celui qui lui précèdera. Que nous pourrons lutter, pour le renouveau, et pour que l'espoir revienne des bafonds, encore plus éclatant qu'avant.



A nos vies.
A nos chemins.



Maison de pierre, maison millénaire,
Bientôt s'effondrera par terre...


jeudi 19 janvier 2006

A gauche... A droite... rien !

Voila deux jours de vie comme je les aime. Avec du soleil, des nuages, des rires et des paroles, des regards et des souffles, de la musique et des couleurs un peu partout, dès qu'on gratte la pellicule.






Mercredi


  • Départ 8 heures pour la Foulée Blanche, seconde édition pour moi. Aller en bus à côté de mon Crapaud, arrivée vers 11h. Le temps de prendre le matériel et d'aller faire un petit tour, Ski de fond, chaussures, chocolat chaud dans une main, cigarette dans l'autre, j'suis fin prêt ;)

  • Tous au départ, on se bouscule et on se lance des boules de neige. Comme l'année dernière, il y a des traditions qui ne changent pas. Départ, marches, chutes, et ce blanc, éclatant, qui domine tout, partout, qui recouvre le monde des hommes pour l'appaiser et les faire taire un peu.

  • 3 km de faits. Un passage impossible, décidément tricher c'est mal ^^ Un fou rire avec Elodie, 10 minutes, allongé dans la neige à rire, rire à s'en étouffer et à boire le ciel qui s'étend, si bleu, devant mes yeux. Un peu de magie, un peu de rire, et c'est repartit. Un mètre plus loin, la question : "Eh, t'as pas des feuilles?" Mais bien sur que j'ai des feuilles! ;)

  • C'est partit, on s'est fait des amis. On se calle dans un coin, on discute, on célèbre les vertues des plantes et on repart 30 minutes après, et d'un coup, d'un seul, c'est beaucoup moins facile de tenir sur les ski de fond. Fous rires, délires, et marches sur les nuages. J'ai trouvé le chant des pisteurs.

  • Retrouvailles avec les autres, batailles de boule de neige. Le fort ne tombera pas, marauds! Puis retour, bus, goinfrage avec le Crapaud de tout ce qui reste de mangeable (et même plus) dans un rayon de 10 mètres.


Jeudi


  • Matinée de cours, et bac blanc de français. On sort, pression, cigarette. Envie de hurler, de sauter partout. Un coup de chanson pourrie hurlée dans la cours et ca repart. Passage à la case nouriture, et prêt pour le bus avec tout un tas de bon produits du terroir dans le sac.

  • Comment ca, Madame, pas de Brie? Les gens de connaissent pas les bonnes choses. Brie, saucisson, jambon, un peu de vodka qui passe par là avec un jean, hop, et pourquoi pas? Le bus arrive, tous ensembles dans le fond. Baladeur à fond, et chants tout le long du trajet, qui m'a parru trop court.

  • Théâtre, la pièce à l'air passable à vue d'oeil. En fait, elle est géniale. Ca fait des bulles de sourires et de rires un peu partout, il suffit juste d'en percer une du regard. "Du Classique??? MAIS C'EST NUL!!"

  • "Let's goooooooo" on the bus. Retour, et toujours le baladeur qui nous assure de chanter toujours aussi longtemps qu'a l'aller. Les gens qui connaissent les chansons nous rejoignent, et décidément, il va falloir en garder plus que je ne le pensais.

  • Retour au lycée. Une petite pause dans l'herbe avec Cécile. Allongés, dans le froid, avec les étoiles au dessus, insolantes de beauté et de lumière. On chante, on chante encore, pour conjurer la nuit et le froid, pour figer l'instant, pour l'éphémère, pour l'éternel.



A croire que la beauté est partout, en petit cristaux à révéler à la loupe.
Une loupe, j'en veux une énorme.
Toujours.
Partout.




Pas l'envie, pas le temps de faire entendre sa voix
Mobilisez-vous pour faire partie du paysage
Overdose de crapules
Où se noyer dans tout ça !
Tu sais au moins que tu veux être une pierre du barrage
Tu sais au moins que tu veux être une pierre du barrage

Alors tu déscends dans la rue combattre la peste brune
Toi qui n'a jamais jamais pris le chemin vers les urnes
Il est temps de brandir ses convictions à la main
Construisant une assise pour se sentir citoyen...


mardi 17 janvier 2006

Tous dans la Comédie malsaine

17/10/04

16h28



Altercation avec la fille aux yeux blancs.


Je ne pensais pas que cela allait arriver, mais il le fallait tellement. J'étais fatigué de ne plus pouvoir la supporter et de cracher ma bile en silence, alors que j'aurais voulu hurler. Alors j'ai parlé. Comme d'habitude. D'abord une griffe, puis deux, et ainsi de suite. J'ai cherché à ouvrir et à saigner, à faire mal, à aller profond. A casser les os et fissurer l'esprit.


Quoi dire d'autre ? C'en était trop de son monde fermé à elle pour moi. Plus qu'elle, plus qu'elle, tout le temps, à s'écouter parler, à parader, à paraître, sans profondeur, sans échange, juste un concours d'apparence. Le genre de choses que je ne peux pas comprendre ni accepter. Le genre de choses que je n'accepte pas de la part de mes amis.


Marre de me taire pour l'écouter parler, de la voir plonger dans ses délires sous mes yeux, de sa vantardise, de sa suffisance, de son piédestal doré mais pourris par les vers.



Certains viendront me dire que je ne suis personne pour décider d'apporter l'impulsion qui peut-être fera changer quelqu'un vers ce que je désire.

A ces personnes je réponds que je ne suis personne pour prendre cette décision, mais que je la prend et l'assume quand même. Et maintenant, je leur demande si elles ont eu une fois dans leur vie le courage de briser quelqu'un pour ce qu'elles pensaient être la bonne décision ? Je l'ai eu. Parfois j'ai échoué, parfois non. Mais j'ai tenté.





Je sais au fond que rien ne la fera changer. Ni moi, ni d'autres. Et pourtant j'aurai tenté, j'y aurai cru, à sa lumière, à sa beauté. Encore une fois j'ai drapé la réalité des images de ma tête. Elle restera fixée dans ses certitudes, certaine d'être encore la victime, le personnage central de la pièce, le point de fuite du monde entier.



C'est moi qui prendrai la fuite. Au Mana ceux qui sont déjà perdu. Les autres, avec moi, et que je les aime.

Orod... Parcours d'un ange

Un Vieux texte que j'ai retrouvé.

Je pense que je vais étudier mes vieux écrits pour y prendre ce qui en vaut la peine, j'ai eu tord de les jetter si vite.


  • â?¢Une étincelle. Comme un feu qui reprend. Une simple pulsion cérébrale qui entraîne l'incendie de vos pensées. Le souffle de l'air sur ma joue, le toucher du coton sous ma peau. Un silence étrange, à l'apogée de tous les sons. Un silence comme la lumière qui englobe toutes les couleurs. Un mouvement des yeux, je n'ose ouvrir mes paupières. Je respire, lentement, sortant d'un trop long sommeil. Je laisse l'air se développer, recommencer son va et viens incessant et harmonieux. Je laisse mon ouïe vagabonder, ayant trop peur de voir ce qui m'entoure. Des souffles, qui passent, qui me caressent. J'ose enfin ouvrir mes paupièresâ?¦ doucement, ouvrir, entrouvrir la fenêtre de ma vue, puis la refermer. Qu'ai-je vu ? Des tracés hasardeux que je connais si bien, effilochés par le ventâ?¦ Des chimères cotonneuses, les nuagesâ?¦ Ainsi, un ciel existe encore, même ici ? J'ouvre les yeux, je me relève, j'observe. Un ailleurs, un espace créé par les dieux du temps, éternel, figé. Des ruines antiques semblent avoir poussé au travers du sol, et me rappellent celle de la Terre. Celles-ci n'ont subit aucun des outrages du temps ou de la nature, elles ont été crées ainsi, et si elles semblant incomplètes, c'est que l'art les régit, et décide du vide et de la matière, de leurs formes, si nuancées, et de leurs couleurs. Partout le blanc, l'immaculé, le silence, la plénitude. Ce souffle qui vous traverse et vous laisse à moitié vivant. Qui vous apprend et vous apporte le calme, l'immortalité dans l'immobilité.

  • â?¢Au milieu de cet îlot voguant sur les cimes célestes, une place faite de pavés. Au centre, un arbre. Un arbre à l'écorce blanche. Blanche comme le sol, comme les nuages. L'arbre est un symbole. Il est celui qui par ses racines touche au sol, et à la vie matérielle, et qui par ses branches, touche au ciel, touche au sacré. Je m'approche, et pose la main sur son tronc. Un mouvement rompt la monotonie de la scène, ses racines se déploient, croissentâ?¦ Leur mouvement est fractal, comme mangé par endroits. Peu à peu, elles se dirigent vers moi, et s'introduisent dans mon corps. Dans ma bouche, dans mon nezâ?¦ dans mes yeux. L'arbre m'avale, me digère, me possède. Je me sens transporté, comme si dans cette torture je pouvais moi aussi toucher les secrets des arbres, m'unir avec Gaïa. Je m'évanouis sous la douleur transcendantaleâ?¦

  • â?¢Je vois, j'apprends. Je me gave d'information, de savoir, de philosophie, d'idées, de lumière. Je suis au centre de ce qui fut et de ce qui sera. Au centre de moi-même. Chaque chose en son centre contient l'essence même de l'univers et de tout ce qui est. J'entre en contact avec cette essence liquide, comme un lac. Et m'y noie. Je fuis l'air de mes poumons, et me drogue à en mourir. A en mourir encore. On m'arrache de ce contact. On me prive de l'ultime savoir, de l'éblouissante clarté, on m'impose ce manque. Je hurle. Je m'époumone, l'air me pénètre, comme un viol, me tue, me fait souffrir, me déchire. La douleur irradie, remonte, écartèle mon corps.

  • â?¢3 Juin 13h36. Je nais. On m'arrache à l'ultime quête de chaque être, on me prive de mon droit si essentiel. Je hurle ma colère au monde, je le maudis par mes cris. Je crie à l'injustice, je dépose la seule plainte qui sera véritablement pure. Je m'indigne et réclame ma réhabilitation, je n'ai pas mérité ça. Mais le monde vient de s'arrêterâ?¦ Ou de reprendre sa marche folle...Puis, le silenceâ?¦ Quelque chose viens d'étouffer la douleur, elle existe encore, elle se profile au fond, comme un murmure sinueux, mais elle se tait.

  • â?¢Je m'étonne, et ouvre des yeux curieuxâ?¦ une lumière différente règne ici, maisâ?¦.

  • J'ai déjà oublié l'ancienneâ?¦

lundi 16 janvier 2006

Retour au sang




La fièvre est partie, et j'émerge de mes jours de torpeur et de délires.

Etrangement, ces quelques jours m'ont fait un bien fou. Et j'ai compris quelque chose. Je n'avais pas que des toxines à évacuer.


Et depuis combien de semaines, depuis combien de mois n'avais-je pas sentis mon esprit faire vibrer les reflets des miroirs et des vitres?

Depuis combien de temps n'avais-je pas sentis en moi le pouvoir de faire se plier le monde à ma volonté?

D'emplir l'espace de ma présence?


Et ces regards électriques, et ces sourires tranchants? Est-ce que les miroirs de la maison sont tous farceur ou reverrai-je bien pointer des choses que j'avais crues perdues chez moi?


Je me sens bien mieux, passés les rideaux gris de la pluie et de la peine. Passés les heures à pleurer. Derrière moi ceux qui m'ont lâceré le coeur, encore et encore.


Un retour dans mes royaumes, et certains vont sentir le poid de ma présence.
Le Prince avance, et que le monde tremble :p


D'Electricité, de Néons, de Métal,
et que la nuit soit.

Sick Sick Sick...

Je dois vous avouer que le Thominou est en pleine saturation.

Marre de ces médocs à la con,
Marre de ces thés et tisanes pour vieux,
Marre qu'on me tripotte le front, je ne suis pas une propriété publique,
Marre que les croquettes du chat aient le même goût que le yahourt,
Marre de naviger entre la couette et les chiottes,
Marre de grelotter,
Marre de perdre du temps!!

Voila, maintenant on en parle plus. ;)

Le chant des soeurs

16/01/06

00h31





Mes sÅ?urs se sont avancées. Elles sont revenues dans la masse grouillante des hommes en connaissant leur chemin, sans qu'aucune d'elle n'éclaire de ses yeux ceux qui les entouraient. Elles se sont insinuées, comme des songes, miroitantes et brumeuses, sans qu'aucun ne les frôle ni ne les bouscule, sans qu'aucun de leurs regards ne se posent sur elles, ou aient à souffrir du trouble de l'avoir fait.


L'une était de braise et d'étincelle, marchant en avant, du pas rapide et incisif, dégageant le chemin par sa simple présence. Enveloppée dans sa crinière rousse, elle semblait irradier l'espace de sa beauté sauvage. Sa longue jupe violette marquait son pas, fouettant ses jambes dans un claquement sec. Suivant le son, tel un craquement de flamme ou le rythme d'un tambour, elle fixait l'horizon, la tête haute, digne, presque dédaigneuse et arrogante.
L'autre paraissait de souffles et de brises, de calme et de tranquillité. Mais son regard d'orage révélait sa voix profonde, faite pour les ordres et la tempête. Elle marchait derrière, ses longs cheveux noirs tressés encadrant son visage, le regard perdu, comme dans un rêve. Elle semblait emplir tout l'espace, comme un brouillard implacable, et son pas était indiscernable, tant elle paraissait flotter au dessus du sol, dans sa longue et large robe noire, brodée d'argent. La foule se fendait en deux sur son passage, mais elle n'y prêtait aucune attention, trop humble pour remarquer sa portée sur les manèges humains.


J'étais alors jeune, et je suivais mes sÅ?urs, confiant en leur route et leurs chemins au sein des trames. Suivre une promesse, un monde, une magie, ceux de mon sang et de ma sorte. La foule ne faisait pas non plus attention à moi, mais elle semblait moins bien s'écarter sur mon passage. J'étais troublé par toutes ces paroles, toutes ces émotions, tous ces sons, qui se répercutaient en moi comme en écho. Je me sentais pris dans des vents contraires, prêt à tomber, à me perde, à m'enfoncer sous le béton des hommes pour ne plus avoir à souffrir d'eux, eux que j'aurai tant voulu fuir.


Alors, la voix d'une de mes sÅ?urs s'est élevée. Dominant le bruit et la foule, déchirant l'étoffe des mondes et traversant les âmes. Une voix fragile, éraillée, éreintée, une voix de fatigue après nos heures passées ensembles. Et son chant emplit le hall entier, couvrant le sifflement des métros, les paroles de la masse et le bruit des pas si lourds et pesants. Les vents chantaient dans sa voix et balayaient mon visage de nouvelles promesses, de futur victorieux, de vÅ?ux d'amitiés et de serments. Sa voix claire ouvrait mon esprit et apaisait mes sens, trop meurtris, trop secs.


J'ai écouté son chant, dans le respect et dans le recueillement, comme elle avait écouté le mien auparavant, lorsque ma voix s'était élevée seule dans le cercle. J'ai gardé le silence, jusqu'à ce qu'il rejoigne aussi son âme. Et sans nous retourner, sans nous regarder, nous avons continué à marcher, encore un peu plus loin.



A ceux qui ne savent pas écouter les chants des autres sans vouloir chanter plus fort. A la fille aux yeux blancs. Apprendre à se taire, lorsqu'il faut juste écouter.

dimanche 15 janvier 2006

Si j'étais... comme eux?



Il y a peu de temps, j'ai revu une personne de ma connaissance, au lycée. Comme d'habitude, je l'ai vu, lui, avec sa différence, son monde, sa façon de penser qui n'appartient qu'a lui seul, sa liberté et sa façon de passer sur nos coeur à la façon d'un nuage, et d'y laisser des marques qui nous changent, qui nous pincent, nous font nous sentir déjà plus grands, plus courageux, plus comme lui.


Tout autour de moi, je peux voir des gens comme lui. Des gens qui m'éblouissent, que j'admire du plus profond de mon âme et qui me font trembler. Des gens qui vont jusqu'au bout de ce qu'ils sont, quitte à différer de façon criante de la masse qui s'étale sous nos pieds. Des personnes qui sont en fait des géants, des temples, dont la force d'âme et d'esprit m'aveugle bien souvent.


Des gens, comme cette fille, qui passe les épreuves de la vie avec la facilité et les rires d'un enfant, elle qui n'est encore qu'une gamine et qui le restera peut-être toujours . Des gens comme lui, qui se sont arrachés de leur torpeur pour apprendre et avancer vers d'autres choses, des gens comme elle, qui passent outre notre lâcheté et qui se bat pour le respect des autres alors que nous restons tous assis à la voir partir, en colère. Et tant d'autres qui méritent mon estime et mon respect.


Et en le regardant, un pied sur sa voiture, les cheveux agités par le vent, son Saz à la main en train de produire une musique qui reflète si bien ce qu'il est, outre de l'admiration, j'ai aussi ressentis de l'envie et de la tristesse.


Qu'est-ce qui fait que je me donne l'impression de ne pas être de ces gens là ? De ne pas pouvoir aller au bout, de ne pas avoir mes rêves, quelque part, de ne pas avoir de "domaine" bien à moi dans lequel je pourrai aller jusqu'au bout. Je me sens toujours aujourd'hui à ce croisement de tous les chemins que l'on m'a offert, incapable d'en choisir un et de me hisser jusqu'au stade de ces gens là . Qui sait, peut-être, avec le temps, pourrai-je devenir leur égal...


Peut-être cela n'arrivera jamais. Dans ce cas, tant pis, peut-être dans une autre vie ;)


Je voudrai pouvoir choisir une voie, pouvoir choisir une vie.

jeudi 12 janvier 2006

Le temps fuit sans retour...

12/10/06




Mes yeux sont brillants de fièvre, et pourtant quand je regarde dans le miroir je les vois plus profonds qu'avant. Ouverts sur tant de choses qu'on m'oblige à fermer, sur tant de bruits, de sons, d'images, de murmures.

Alors, maintenant que je suis aux portes du délire et que rien ne me retient, que je peux tomber dans les chimères de ces frissons qui broient mon corps comme une brindille, pourquoi ne pas écrire ? Pourquoi ne pas revenir ?

Revenir en arrière, pas de beaucoup, oh, non, je n'en retirerai rien, ce qui méritait d'avoir été prit l'a été, et quant au reste, tant pis, une vie ne peut souffrir de perfection. Remonter les cadrans, les compteurs, les pages des agendas et des calendriers de juste un an suffira bien pour aujourd'hui, pour ce soir et pour cette nuit.

Il y a un an. 12 Janvier 2005. La moitié de l'année de ma seconde s'est écoulée.

  • En rentrant chez ma grand-mère le soir de noël, je m'effondre en pleurant dans les wc pour ne pas qu'on me voit. Pas de tristesse, pas parce que voila un an que ma grand-mère s'est pendue. Parce que j'ai du voir leurs visages, leurs regards de gel et les rires de larmes qui ne sortent plus d'avoir trop coulées.
  • Le soir du réveillon, j'envoie bouler la blonde superficielle de ma vie et son réveillon mondain à la con. Grand bien m'en prend. Un ami, que je connais depuis longtemps sur le net, me pose une question innocente d'apparence, mais qui va changer beaucoup de choses dans ma vie : « Est-ce que tu aimes écrire ? ». Je répond oui, déjà , à cette époque, c'est vrai, même si mes écrits sont moches et ternes, n'ont rien de précieux.
  • Je rentre sur parano, une communauté sur le net. Là , j'y rencontre ceux qui me détruiront pour me reconstruire, et qui s'engageront avec moi pour des mois et des semaines de souffrance et d'amour inconsidéré. Ceux qui feront en grande partie ce que je suis, et qui m'aideront à me libérer et à détruire mes fantômes.
  • Deux mois passent, en Février, ou en Mars, je ne sais plus. Je vis plusieurs semaines ou je me sens mal. Parler avec eux déchire mon âme, je le sens, comme des coups de tenailles dans mon ventre. Mais j'y retourne toujours, encore, je pleure la nuit de ne pas être ce qu'il faut, je pleure pour ne pas les croire, pour me cacher la vérité qu'ils me mettent sous les yeux.
  • Un groupe d'amis se resserrent. Des horizons différents, qui se rejoignent. Etrange non ? Et pourtant, les tisseuses n'ont pas manqué de flair durant ces mois. Des pôles dans le groupe, des centres de gravités qui gênent, bloquent. Et j'en fais partie. Je me rends compte qu'un travail sur moi-même est à faire, encore. Grandir, continuerâ?¦
  • Puis les choses passent et s'arrangent. En Avril, je suis fin prêt à aborder le monde qui a toujours été le mien depuis l'enfance. Depuis que je faisais des invocations dans la voiture et que j'écoutais les voix de sève et de souffles.
  • En Avril, je pars aussi en Espagne, avec les cours. Une semaine de rêve, de liberté, de grandes respirations de l'air qui m'apparaît enfin comme celui que je cherchais : loin de tout. Une semaine d'amusements, de délires, de réflexion, de musique, de liens étroits. De découverte, aussi ;)
  • Vacances tôt. Juin. 3 Juin. Pour mon anniversaire. Une mauvaise ambiance et une méprise pour des débilités qui me ferait aujourd'hui tant rire. De bons moments, par la suite. Des après-midi de cours manqués et de journées passées dans l'herbe, au soleil.
  • Voyage à Paris en été, Juillet. Je découvre des gens, et des choses qui me fascinent encore aujourd'hui. J'effleure un monde qui est le mien, mais qui existe bien ici, de ce côté du miroir. Je l'aime. Encore plus, encore une fois. Et je le hais. Toujours plus, je ne suis qu'un animal apeuré.
  • Des fêtes en Juillet, des retrouvailles, de nouvelles choses. Début de soirées qui deviendrons régulières et Ã? combien cultissimes. Chez Tiphaine, à picoter dans le froid, parmi les murmures, chez Miriam, à côté du lavoir, et l'apologie du bétonâ?¦
  • Une soirée, dans ma tour, à souffler sur les braises d'un feu éteint à force d'enfermement et d'immobilité. Un nouveau mouvement, un nouveau pouvoir, une nouvelle flamme. Une nouvelle soeur.
  • Une journée, passée dans la forêt avec mes deux sÅ?urs. Des chants, des mains tendues, des instants qui resteront là , figés dans l'air de cette clairière, dans les feuilles et les branches de l'arbre.
  • Corse, en Août, deux semaines. Deux semaines de brumes, de sommeil et de lectures. De songes agités, d'arrivée d'Arlium. Deux semaines de repos loin de lui, que je ne veux plus près de moi.
  • Je m'épanouis, mais les dangers ne sont pas tous passés. Encore des épreuves, encore des souffrances. Encore des remises à zéro et des cris, le soir, inhumains, aussi déchirants que leurs phrases si calme. A l'été, je n'en peux plus, je me sépare d'eux. Enfin. Il le faut.
  • Un qui guette, dans l'ombre, qui me veut. Qui m'a prit dans ses filets. D'autres qui viennent me sauver de ma propre destruction. Des yeux, bleus, anciens, et des rides rieuses au coin. La malice de l'enfant et la sagesse des montagnes. Le Vieux.
  • D'autres fêtes, d'autres soirées, et une rentrée qui s'approchent. Des journées passées à Montélimar à flâner dans l'herbe au soleil, près de l'eau. Des journées passées à chercher plus loin, plus vite, encore plus de couleurs, de mots, de rires, d'évasionâ?¦
  • Une rentrée, un autre monde. Un groupe solide qui fait rêver. Des paroles défaitistes qui m'ont marquées « Ã§a finit toujours mal ». Aussi mal que ça a bien commencé, c'est ça ? Non, ça c'était sans moi. Je me retire, je regarde, j'observe, je cherche. Quand il faudra changer, je saurai.
  • Des nouveaux cours, des nouveaux profs, des week-ends chez Miriam, une soirée chez Caro. Septembre. Octobre, une soirée au pied d'un château, celui d'Alba, et une autre au pied d'un monument : Amélie Nothomb. Un autre concert, le premier d'une association qui nous en fera faire bien d'autres. Je me mets à fumer régulièrement, et je n'en ai pas conscience. Première soirée chez moi, puis des jeux de rôles. Un Samhain différent, mais pourtant bien. Une soirée aussi, avec ce qu'il me fallait contre moi.
  • J'ai compris comment soigner mon âme, que j'avais trop usée. La puissance, j'ai appris comment la gagner en se détruisant soit même. Maintenant, je réapprends à être aimé pour combler mes vides et soigner mes fissures. Et si c'était pour çaâ?¦
  • Le commencement d'un cercle qui me pourrira la vie et l'esprit à la longue. De journées de déprimes, de soirées à pleurer. Novembre. Ma torture et ma souffrance, et aussi mon plaisir devant tout le reste. Masochiste par nature, es-tu là  ?
  • Conseil de classe. Premier de la première éco. Tant mieux, mais je m'en fous. Qu'on me laisse juste encore plus de libertés, et je serai premier de France. Le jeu, vous connaissez ?
  • D'autres coups de couteaux dans mon âme que j'ai finalement bien cherché. Certains qui ne voient rien, d'autres qui voient trop. Mais personne qui ne parle. Toujours moi. Personne pour écouter. Sauf un.
  • Aquilon, soirée géniale. Surprise le lendemain, surprise surprise même. Mais je m'en serai bien passé. Dégage !! DEGAGE !!! Ohâ?¦ non, finalement, reste un peuâ?¦ Des après-midi à Montélimar et des visites de ruches, pleins d'abeilles lycéennes. Décembre. Vacances de noël, soirée, et mon Doudou à la maison. La nuit pour refaire le monde et les yeux pleins d'étoiles. La chambre pleine de fumée, aussiâ?¦
  • Je décide de prendre les devant. Ca doit s'arrêter, enfin. J'utilise le domaine ou je demeure le meilleur, et ne voit aucun résultat. J'apprends qu'avec un cycle de 7 sur un autel, il faut attendre 7 jours avant un résultat.
  • Retour en gironde, m'aidera, m'aidera pas ? Des sourires, des rires, mais peut-être que du verre, une vitre sans teint qui ne réfléchit qu'elle-même. Réveillon de Noël, et jour de Noël. Finalement, c'est pas si mal. Retours à mon école primaire et à mon petit village. Que de changementâ?¦ mais en fait, ce qui semble le plus faire criard ici, c'est moi. TROP de changements.
  • Des heures sur une route qui file et défile en pointillés blancs, sur une étendue grise. Je quitte les brumes et reviens au ciel bleu et aux souffles. Mon pays. C'est ici.
  • Une soirée chez Cécile et un meurtre boîtricide absolument honteux. Je crie mon indignation à la terre entière (au moins !)
  • Un réveillon, un jour qui pour moi ne signifie rien signifie en fait tout. Même si le jour de l'an en mon cÅ?ur est le 31 octobre, le 31 décembre fut celui de mes amitiés et de mon amour peut-être trop grand pour ceux qui sont mes uniques piliers, ceux pour qui j'ai tant ris et tant pleuré, et que j'aime encore dans chaque parcelle de leur âme.

Et le tour d'une année. Le tour de tant de lignes courbées et infléchies par les Tisseuses. Oh, et finalement, peut-être que quelques unes l'ont été par moi. Peut-être� Sûrement�

Oui, sûrement, beaucoup l'ont été par moi.





*Image de moi* Certains dirons que j'y suis étrange, d'autre que j'y suis moi. Certains ont les yeux ouverts. Et vous?

Les Lames

10/01/06

Je vous ai vu revenir, encore une fois. Avec vos sourires de lame et la peau de vos yeux dure et sèche, comme pour briser vos apparences si fragiles et visibles. Semblable à des gants, vieux, ridés, fripés, tournés et retournés 100 fois de trop. Encore me dire qu'il fallait tout refaire, chercher puis partir, changer encore. Vous voir briser les espoirs qui luisaient encore au fond de mes yeux, tel des cordes, trop minces, pour revenir à ma tranquillité. Mais je ne suis plus tranquille, plus depuis longtemps. Je guette encore, nuit, jours, les vibrations de vos souffles, la lourdeur de vos pas dans une maison que j'ai fais mienne depuis bien des temps déjà .

Que vous dire ? Que cracher à vos visages qui feignent de ne pas voir ce que je suis ? Toute la curiosité que vous suscitez en moi ? A vrai dire, nous n'avons pas le même monde, et comment pourrai-je vous comprendre ?

Vos convenances, vos apparences, votre façon de toujours vouloir sembler être dans une norme qui vous enferme devant les autres� autant de choses qui ne peuvent pas être comprises par des gens comme moi.

Que sont vos amis, sinon des miroirs qui vous renvoient l'image de vos propres convenances ? Pourraient-ils être plus ? Des confidents, des personnes chère avec qui débattre, discuter, refaire le monde des nuits durant, ou simplement le condamner ? Y'a-til encore quelqu'un pour vous qui vous connais au-delà de tous vos masques ?

Alors ne me dites pas votre expérience et votre vécu, en vérité ils ont bien longtemps sombrés, tout comme vos âmes et vos rêves. Ne reste que des coquilles vides de vies volées, de visages ternes et d'être sans but, sans voie, sans futur.

Votre présence me brûle, m'irrite comme une insulte à ce que je suis et me fait trembler comme le fantôme d'un parcours que je redoute. Vous ne voyez pas la vieillesse qui se lit sur mon visage, l'usure de mon monde sur ses enfants, alors ne prétendez pas m'apprendre ou me conseiller. Retournez parmi ceux de boue, ceux de votre rang, ceux qui partagent vos objectifs minables et vos valeurs grisâtres.

Mon monde à moi est en couleurs�

mercredi 11 janvier 2006

Au Seuil...

Au Seuil...





Encore du nouveau, encore mais je ne m'en lasse pas. J'avais envie de revenir au longues écritures noctures étalées sur la trame du net. Aux mots qui ne servent à rien, à ceux qui me libèrent, me lacèrent, aux éphémères, aux éternels.

Alors voila qui est fait.

Je suis comme un gamin avec son nouveau jouet, qui finira par s'en lasser encore, oui, comme tous les autres.

Mais espérons dans le plus longtemps possible.

Pour les temps qui sont miens, j'ai besoin d'écrire et de vider toute la bile lyrique que j'ai pu retenir ces derniers mois.


Et ouf, c'est repartit.

On souffle un grand coup, et on finit toujours par sauter.

S'écrasera, s'écrasera pas?

Ps: un grand merci à Mini!