lundi 27 février 2006

To return!


Voila, ma semaine au ski s'est terminée, emportant avec elle le chalet, les montagnes, la neige et les pistes qui sont si précieux à mes yeux.





Le feu dans les montagnes pour fertiliser la terre depuis le bus, en arrivant



Comment raconter ces 7 jours sans tomber dans un cliché repoussant et sirupeux? J'avoue que je ne le sais pas, alors tant pis, s'il faut tomber dans le cliché, la chose sera faite.




No comment

Pour commencer : le train. Aller et retour dans le plus grand incomfort de nos merveilleux et merveilleuses gares et trains SNCF. Sans parler du prix exorbitant des billets et de l'organisation déplorable de nos adorables contrôleurs, chefs de gare et autres gentils fonctionnaires, qui en plus de leurs privilèges instaurés par le passé pour des causes qui n'ont plus lieu d'être trouvent moyen de se plaindre de façon régulière.




A la sortie de la gare de Toulouse. Ma pose n'est pas volontaire -___-"


Cela dit, les gares et les trains, ainsi que les villes visitées sont toujours un moyen de voir du pays et de rencontrer des personnes intéréssantes. Ainsi j'ai pu faire escale dans Montpellier, Toulouse, Pau et autres villes qui ne m'étaient pas inconnues, mais tant pis.
Nous avons pu rencontrer une jeune fille approchant notre âge, en école de stylisme, intéréssante, simple, honnête et gentille, bref des gens qu'on ne peut que trouver géniaux et appréciables.
Après des attentes interminables et une bonne floppée de tarrés croisés en gare ( au choix : sale pd, fais bisou à Tatie et "je vais adopter une fiiiiiille!!!!" ), nous arrêtons enfin d'allumer clope sur clope en descendant des trains et nous descendons du bus à Laruns, petit village des pyrénées qui va devoir supporter notre présence durant ces 7 jours.




Miri, Doudou et Léa



Première soirée au chalet, joie ambiante et exitation d'être tous ensembles partis pour une semaine de vie commune.
Les filles s'occuperont de faire la cuisine et les garçons la vaiselle, les tâches et chambres sont réparties, la soirée se termine devant un bon film, des jeux de cartes et des discussions.




Miss Nature, débordante d'amour envers ses lardons


Ensuite, la semaine défile à une vitesse ahurissante, entre les soirées qui se poursuivent jusqu'à pas d'heure dans la nuit, les réveils tardifs et empâtés, les après-midi sur les pistes ou les routes en faisant du stop, les films, les cartes, les vertues des plantes, etc... Le Crapaud et la Limace nous ont même fait l'insigne honneur de venir tenter une journée de snow avec le Piaf et moi-même!! Bon, les résultats ne furent pas trés trés concluants... mais qu'importe :)

Avec mon caractère, passer une semaine sans me montrer odieux et exécrable au moins une fois était difficilement envisageable (eh oui, toujours pas parfait...). Cela n'a pas non plus été le cas des autres, et au final, on a quand même eu droit à quelques jolies tensions qui furent vites oubliées. Il est stupide de croire que parce-qu'on est amis, on va s'adorer du matin au soir durant 7 jours. Au final, on s'en sort assurément avec des liens plus fort, et avec plus de connaissances les uns des autres, comme quoi, une bonne gueulante ca fait du bien =D "Barre toi ou tu te prend une chaise dans la gueule!!!" => Je suis vraiment pas diplomate le matin...




Donne moi ta mimine...


J'ai ri et j'ai pleuré (juste une fois, je m'améliore) tout mon saoul et j'ai profité énormément de cette semaine qui m'a au final apporté beaucoup plus que je l'aurai pensé. J'ai pu me rendre compte de l'amour que je leur portais, à chacun d'entre eux , et après mes larmes de tristesses d'autres vinrent les remplacer, dans le silence de la nuit, sous l'éclat des étoiles, mais ce furent des larmes muettes, d'amour et de joie.

Une semaine loin des cours, loin des familles, loin des soucis, et juste nous, nous, nous, à 2h du matin sur la route, à 3h devant la fontaine, à côté d'un ruisseau, près d'un pont, ou caché dans un escalier sombre pour saisir la proie (dont l'analyse était vite faite, hein la limace?) Repos, amusement, calins, tout ce qu'il fallait pour passer de trés bons moments tous ensembles et se faire pleins de souvenirs qui resterons dans un tiroir, bien rangé et précieusement gardés dans ma tête.

Des rencontres sur les pistes comme je les aime, trois snowboarder bien sympathiques que j'ai pu revoir, une promenade dans les bois, au bord d'une cascade et d'un ruisseau, et devant une maison et un bosquet trés inquiétants. Du stop dans la vent, des montagnes de glaces et de coulis au chocolat et à la framboise ^^.



Apprentissage :

  • - De la vie en communauté (finalement, j'adhère)
  • - Du tarot et du Poker (merci le Piaf et le Crapaud)
  • - Comment déboucher un évier (reste juste à apprendre comment ne pas s'en mettre partout)
  • - Des joies du stop! (on peut même avoir des mangues en prime si on tombe sur des gens sympas)
  • - De quelques rudiments culinaires (juste un peu)
  • - Du glandage pro (j'avoue, j'avais les bases)
  • - Du métier de prof de snow (gros progrès à faire)


Ainsi que mes humbles félicitations :
  • -à Yetinette pour avoir préparé tant de repas délicieux avec autant de beurre et de crème (j'ai décidé de ne pas me peser)

  • -au Crapaud pour avoir fait un gâteau au chocolat (super bon en prime)
  • -à moi-même pour ne pas avoir décalqué contre le mur tous ceux qui ont franchis le seuil de la porte de la chambre le matin alors que je dormais avec le Crapaud
  • -Aux miels pops qui furent des mises pour le poker de grande qualité même si elle disparurent vite
  • -Et surtout, à cette agréable dame qui a mentionné le mot "poche" en parlant d'un sac plastique, faisant taire les sarcasmes de tous ces ardéchois de souche qui ne connaissaient pas un tel usage de ce mot, ainsi qu'aux services d'intermarché pour avoir marqué "chocolatines" au lieu de "pains au chocolat" pour les même raisons.
  • -Merci au Grand Monsieur en snowboard de m'avoir tant fait rire avec "la reptation du snowboarder"
  • -A Bubuuuu! Pour ce qu'il est!
  • -A mon chalet et tous les paysages magnifiques pour les bons moments que j'y ai passé






jeudi 16 février 2006

Holidayyyyyyyyys!!


Je laisse juste un petit message pour signaler mon départ pour une semaine au ski avec mes amis.





Une semaine d'abus en tout genre!
Une semaine de gamelles et de neige!
Une semaine de délires et de conneries toutes aussi gluantes les unes que les autres!
Une semaine de squattage du Crapaud!


Je vous promet photos et racontages en tout genre ;)

Bisous à tous





Orochimaru... Parce-que :p
Ah oui, au passage... Itachi est une pédale, certains confirmerons ^^

lundi 13 février 2006

De la suite de l'émergence du Prince...


... Et de ses aventures, burlesques et endiablées






En tant que Prince, il me fallut tout naturellement une nourrice. Et comment aurait-elle pu être de meilleure Å?uvre que ma propre grand-mère maternelle, partageant mon propre sang? (ce qui n'est quand même pas rien) Ainsi, je m'installai, suivant la volonté parentale, dans une nouvelle demeure où je fus bien à mon aise en tant qu'aîné d'une future flopée de gueux sans aucuns atours ni esprit. Choyé, adoré, adulé et nourri, les jours s'écoulait heureux dans cette douce maison.

Je n'y restai malheureusement pas tout au long des journées, et si l'aube voyait le sourire de mon départ de la maison parentale pour celle qui était de toute évidence la maison de mon cÅ?ur, le crépuscule, lui, emportait des larmes amères et déchirantes alors que j'étais séparés injustement de celle qui méritait tout mon amour : ma grand-mère.

Ainsi, le château où s'écoulaient mes heures chaque jour, dans la famille depuis maintes et maintes générations abritait en ces jours un enfant heureux, qui ne suivait d'autre loi que la sienne. En ceci, une précision doit être apportée, je n'étais pas de ces enfants revêches qui n'en font qu'à leur tête sans ouïr jamais les conseils qu'on leur apporte. J'usais avec finesse de diplomatie et de ruse pour arriver à mes fins, si bien qu'aucun enfant ne fut jamais si obéissant et n'en fit jamais tant à sa guise auparavant.

Certains souvenirs touchant remontent parfois à ma mémoire, comme ces moments de complicités où, seuls avec ma grand-mère paternelle, nous fermions les volets et tirions les tentures afin que l'obscurité s'invite parmi nous, et que nous dînions, en face à face, dans le mutisme le plus complet, submergés dans notre silence. La cuisine se faisait alors abbaye, et dans la faible luminosité et l'absence de sons, briser la coquille de l'Å?uf à la coque qui accompagnait toujours ses repas là était ma pénitence, ma prière, mon recueillement.

Il fallait ensuite souffler délicatement les bougies, de peur que la cire ne s'étale sur la table, ne se suffisant plus de son récipient, et ramener la lumière du jour. Le moment était passé, avait filé comme file le vent, et seul un sourire complice restait entre nous.

Lorsque l'été revenait, j'aidais ma grand-mère du mieux que je pouvais dans ses activités qui me semblaient toutes aussi ridicules les unes que les autres, mais qui, la touchant, me touchaient aussi, rien que pour voir son sourire illuminer ses yeux.

Je n'avais cependant pas oublié ma rancÅ?ur et ma haine envers ce paternel qui de tout temps me maltraita. Ma malignité était sans limite, tentant tout pour faire comprendre à l'intéressé qu'il n'avait pas sa place dans la même demeure que ma personne. Durant toute mon enfance, rares furent les jours où je ne fis pas exprès de pourvoir mon père de couverts bleus et toute la famille de rouges, histoire qu'il sache de façon claire que sa place n'était pas ici. J'attendais souvent à la porte son départ, prêt à lui asséner un « on ne gagne pas toujours, surtout contre un plus fort que soi » en le regardant poser sa valise sur le pas de la porte et s'éloigner dans l'allée, comme un souvenir déjà effacé, mais cette heure de gloire ne se présenta jamais devant moi.

Alors, d'autres stratagèmes germèrent dans mon esprit maléfique. Je semais des clous, ou de piquantes punaises d'un air anodin et enfantin que je savais bien feindre, afin que mon paternel s'écorcha le pied, ou plaçait des miettes de pain dans son lit, du côté où il devait dormir. Je ne su jamais si les miettes l'empêchèrent ne serait-ce qu'un soir de s'assoupir plus de quelques minutes ou si mes clous lui entamèrent la voûte plantaire ne serait-ce qu'un peu, mais la satisfaction de l'action accomplie m'assurait déjà un sommeil profond et apaisé.

Un jour funeste vînt l'heure pour moi de me mélanger à la plèbe, tout prince que j'étais. Je du alors partir pour l'école et supporter la gentillesse mielleuse des professeurs, la bêtise de mes camarades, et les substances organiques que ces derniers se sentaient obligés de déverser un peu partout sur leur passage, comme pour marquer leur cheminement. C'est alors que je pu rencontrer un petit être qui me sembla à ma hauteur, et auquel j'affirmai avec solennité : « nous serons amis ou ennemis ». Le sort en choisit ainsi, et nous furent ennemis. Lors d'une bataille sanglante, d'une violence rare, il déchira une partie de ma feuille de dessin. J'agi alors de même manière, et il répliqua en laissant rageusement un trait raide et acéré de pastel rouge sur mon dessin digne des plus grand musées. La bataille n'eut de cesse que lorsqu'une enseignante se décida à y mettre fin, et je fini par considérer ce garçon comme mon plus grand et proche ami. Nos centres d'intérêts étaient de toute évidence semblables.

Ainsi continuait mon existence, sans nuages aucuns pour venir entacher ma suprématie et ma joie. J'étais considéré comme un Dieu, et Dieu j'étais.


Mais au loin venait une tempête dont je ne connaissais pas la violence, et qu'il m'allait falloir essuyer. L'émergence de nouvelles formes de vies sous mon toit.
Horreur suprême.


[ Robot Robot ]





Les êtres humains sont faits de vices et de défauts. Je pense que je ne choque ni ne renseigne personne en disant cela. C'est aussi ce qui nous fait, nous. A ce titre, j'ai aujourd'hui l'impression de pouvoir figurer parmi les plus beaux exemples d'êtres humains du moment.

J'ai réalisé que je m'étais peut-être planté, royalement, totalement, sur toute la ligne dont la longueur est assez grande pour me pendre avecâ?¦ en bref : j'ai merdé.

Ca ne reste qu'une hypothèse mais c'est toujours le même sentiment qui nous prend et nous sert le torse comme pour nous voler une ou deux respirations dans ces cas là . Tout est faux, notre petit cube s'écroule avec la grâce de la désillusion ajoutée à celle du pur néant.

Si la pensée est fausse, alors toutes les actions qui lui sont induites le sont aussi. Pas besoin d'être un génie pour trouver ça. Mais c'est justement ça, que je trouve drôle. Pouvoir s'imaginer quelques instant que tout est faux. Que tous nos repères, notre vie, nos choix, nos échanges ne sont que des suites de gribouillis sur un tableau et qu'une personne au sourire affûté et moqueur vienne rayer cette suite sans fin d'un trait droit, implacable, qui symbolise l'erreur.

L'erreur, on y a droit. On se l'approprie et elle change tout pour une simple broutille. C'est aussi une chance, que de pouvoir se tromper pour recommencer et tenter d'avancer dans un sens plus juste, plus droit, plus en règle avec nos valeurs et notre morale.

Mais l'erreur elle-même n'est pas définie. Ou bien ? Définie par quoi ? Le bon sens ? Les normes (on finit par savoir combien je déteste ces mots) ou la pensée de masse ? La majorité crée la règle ? Qui sait ?

Si je joue au philosophe à deux balles c'est en fait pour en arriver à une chose : Tout est faux, tout est juste. Il n'y a que sur notre propre jugement que l'on peut étalonner l'erreur et finalement apprendre par elle.

Mon jugement me dit que je me suis planté. En beauté. Avec la délicatesse et la prestance de l'hippopotame qui s'écrase dans la boue. Il me soufflait avant d'être incisif, destructeur, d'attaquer, de morde, de griffer. Aujourd'hui c'est autre chose. Oui, j'ai toujours eu un mal certain à me décider. Tant pis.

Une chose reste sure et s'inscrit dans ma tête au marqueur indélébile : Réparer son erreur reste plus dur que de la commettre, en toute insouciance, et en croyant en elle comme au messie.


En clair, s'accrocher de trop à ses certitudes conduit forcément droit dans le mur.

vendredi 10 février 2006

Boarf, m'fais vieux...





J'aime un peu traîner sur le web à écumer les skyblog lorsque mon temps coule et qu'il n'est occupé en rien. Ca me rappelle des époques de ma vie, des personnes, mes propres blogs, et mes propres pensées.

Mais maintenant, à chaque fois que je vais voir tous ces sites là , qui sont tous les mêmes, et tous nuancés d'autres couleurs, je me demande où est la différence entre eux et moi?

Qu'ai-je fais de tant pendant ce temps là ? J'en ai profité pour grandir? Cette question me torture, j'ai l'impression d'avoir perdu une part de mon enfance là -bas, dans ces zones de douleurs, de bouffées de chaleurs, d'ombre et de couleurs à paillettes. C'est étrange d'avoir à se dire qu'on a laissé toutes ces petites déprimes d'enfant, ces façons de voir le monde, de haïr tout ce qui nous entoure un jour et de s'étouffer de joie le lendemain. Qu'on a plongé dans l'eau, pour s'ébrouer et resortir un peu plus loin, un peu plus grand sur un rivage différent.

Les plus pertinents feront un lien avec mon dernier texte, juste en dessous. Bien joué :) Ces temps-ci je pense juste à mes 17 ans approchants, et je me demande ce que j'ai bien pu faire de mes 16 ans, de mes 15 ans...17 c'est déjà trop vieux pour moi :( J'ai envie d'être un gamin.

Non, c'est vrai. Plus de "je vous hais tous vous ne me comprenez pas" dans ma tête, plus de "j'étouffe dans ce monde" ou autres points récurrents qu'on a tous pensé, senti, perçu comme des coups de scalpel dans le coeur.

La différence, je crois que je l'ai trouvée. Que je la sens à chaque fois qu'un de ceux qui sont aujourd'hui ma famille me lance un sourire ou juste un regard. Des repères, des bases stables, des fondations que je ne laisserai personne détruire. Quiconque se mettra en travers de ça tâtera de mes griffes (je sors ma pierre à affûter ;) ). Je n'ai pas beaucoup d'amis, j'en ai même peu, ils se comptent sur les deux mains, c'est une chose sure. Mais je les aime, et c'est même plus que de l'amour, c'est comme un mariage. Ca y'est, on est tous établis, on est tous là , maintenant, ensemble. Et là , maintenant, il n'y a que ça qui compte et la moindre tentative d'entrave extérieure se soldera par un échec.

A croire que je suis nostalgique de ces temps-là , où finalement on change plus vite. Mais je sais laisser le temps filer entre mes doigts sans m'y accrocher.


Adieu Nostalgie...


Et qui sait si la vie ça n'est pas ça ? Je refais peut-être en ce moment la même chose qu'avant, mais d'une façon différente.



Je ne suis jamais rassasié.
Je suis en questionnement perpétuel.



jeudi 9 février 2006

J'veux m'en aller.



09/02/06


19h36


Il n'y a plus d'étoiles dans le ciel.





Je crois que c'est à moi qu'elle s'adresse. Oui, c'est à moi, je le vois bien. Son regard est fixé sur moi et la peau au coin de ses yeux se plisse, et chaque pli semble correspondre à son niveau de focalisation sur moi. Sa bouche se tord comme pour prononcer des mots mais je n'entend pas le moindre son, rien qu'un silence tumultueux avec au fond un grondement incessant dans ma tête. Un petit effortâ?¦ je me secoue comme pour chasser mes délires et finir par revenir dans mon corps, refaire surface dans ce monde là . Je n'entends toujours pas ces mots, mes oreilles semblent avoir déposé le bilan. Ma tête tourne, les contours s'effilochent et laissent comme des marques de mouvement dans mon champ de vision, j'ai l'impression d'être en équilibre précaire sur la mer. Je me lève en repoussant ma chaise qui émet un cri strident, tout le monde braque ses deux yeux sur moi, des yeux avides, brillants. Je manque tomber et me rattrape au bureau. La prof tente encore de dire quelque chose, mais quoi ? C'est une blague où elle a enfin réduit ses palabres au mutismeâ?¦ personne ne l'écoute jamais. Je titube jusqu'à la porte et je grogne « â??firmerie » avant de sortir.



Sortisâ?¦ je prends une grande bouffée d'air, l'ombre du couloir coule sur moi et me calme un peu, apaisante après les dards des néons blafards et crépitants. Je me laisse glisser contre le mur et m'assoie par terre quelques instants, je crois que j'ai besoin de savoir où je suis. Je n'entends plus rien dans la classe, silenceâ?¦ j'ai jeté un froid ? Le brouhaha constant et diffus reprend son cours habituel, ils ne se soucient plus de moi, tant mieux. Mais bordel, où je suis ? Qu'est-ce que je fais, échoué ici ?



Deux minutesâ?¦ troisâ?¦ ou plus ? Je me suis endormi combien de temps, là , comme un clochard au coin de sa rue, accroupis sur le seul repaire qu'il lui reste alors que sa vie est un désert ? J'en suis à peu près là â?¦ un désert. Froid, dense, épineux, aiguisé, pointu. Je me lève, fais quelques pas. La cloche sonne et me déchire les oreilles, ma vue se trouble encore, je me rattrape au mur qui passe et j'attend quelques secondes de ne plus voir les fenêtres au plafond et les portes qui s'ouvrent au niveau du sol. Les élèves sortentâ?¦ je suis maudis. La foule grouillante se déverse sur moi, je me sens oppressé et je manque d'air. On m'étouffe. Ils m'étouffent tous. Ils passent et me regardent. Leurs regards me lacèrent, leurs bouches me salissent quand elles esquissent des sourires en me voyant. Je peux pas rester là ou je finirai par devenir comme eux, et j'en crèverai. Encore un effort, je me remets droit et j'avance. Je les sens me frôler à chaque pas, je déteste qu'ils me touchent. Le bout du couloir, il est loin, j'ai l'impression qu'il s'éloigne de plus en plus. Tu délires, mon vieuxâ?¦ marche.



Je passe me mettre un peu d'eau sur le visage, le froid fera peut-être ressurgir la partie de ma conscience qui s'altère et s'amuse à m'halluciner. En relevant la tête, je croise mon visage. C'est moi, ça ? Je suis blafard, teint de cadavre, des cheveux un peu partout éparpillés et les yeux voilés. Je crois que j'ai besoin de me reposer, ça me tue d'être ici. Je m'enferme dans les toilettes et j'attends que leur bourdonnement de ruche se taise et ramène mon silence. Le silence qui me libère un peu et qui m'emmène loin de cet endroit. Je continue jusqu'à l'infirmerie, je manque tomber et me rompre le cou dans l'escalier, mais je ne compte plus les fois où j'étais trop loin d'ici pour le descendre d'une telle manière. J'arrive chez l'infirmièreâ?¦ elle est pas là . Comme d'habitude. Tant mieux après tout, elle m'aurai fait parler, et à elle comme aux autres, je n'ai pas envie d'un dialogue qui sera fait de fausse attentions, de fausse sincérité. Les portes des chambres sont ouvertes, un lit, une couette. Adieu les mecs, du moins pour un moment. Vous voyez, finalement je suis libre, je peux m'évader comme je veux. Dormir.



« Réveilles-toiâ?¦ debout » Mes yeux s'ouvrent. La tête de l'infirmière est bien trop près de la mienne à mon goût, ça m'arrache un cri de mi-dégoût, mi-surprise. Elle veut savoir ce que je fais là . Je lui explique que je ne me sentais pas bien tout à l'heure. Tout à l'heure quand ? Y'a pas longtemps, juste à 10h. Ahâ?¦ il est 16h. J'ai dormis tout ce temps sans rêver, comme d'habitude. Ca ne m'amène plus rien de dormir, je passe mes nuit à lire plutôt qu'à plonger dans un néant de coton, comater sans raisons. Je me lève, je marmonne un merci et je m'en vais en ramassant mon sac. Il me reste encore deux heures de cours. Je dois y'aller, elle vient de me le crier en me regardant m'échapper par la porte comme une ombre. C'est partis, encore être sur ces chaises de métal à attendre en feignant d'être attentif. Tout est en métal ici, les murs sont d'acier et ils m'enferment, leurs cÅ?urs de fer, je ne les ouvrirai jamais, mais surtout, surtout, ce sont ces chaînes qu'ils traînent tous et ces boulets qui les empêchent de voler.



Plus que 10 minutes à tenir. Je range la feuille de dessin et mes affaires dans mon sac, je vais pouvoir dormir un peu. Les profs ne me dérangent même plus, ils savent, lorsqu'ils m'interrogent et que je les regarde comme des fantômes errant dans mon esprit que rien ne pourrait les rendre réels pour moi. Ils ne sont rien. Juste des barreaux. Cette fois ça ne fonctionnera pas ainsi. Le prof me regarde, il me fixe et il parle. Je suis devenu hermétique à leurs paroles à tous. Je ne l'entends pas. Je crois qu'il s'énerve, il à l'air de crier, mon mutisme le froisse. Plus il crie plus ma tête tourne, il s'approche de moi et colle sa tête devant la mienne en hurlant toujours plus fort, je sens son souffle sec sur ma peau. Un sifflement transperce mes oreilles, il doit hurler à s'en arracher les cordes vocales. Ma tête tourne, encore, encore, comme sur ces manèges pour gamins qu'on finit toujours par tapisser du repas d'avant. Soudain, un choc, un son mat, et plus rien. Du noir, le néant, encore, comme quand je dors. J'aimerai plutôt crever. Je suis tombé de ma chaise à la renverse, la douleur me vrille la tête, et après, l'inconscience.



Ca fait trois semaines que je me suis évanoui en cours. Ils en ont fait toute une histoire, sommeil, drogue, dépression. Toujours pas compris que c'est eux le problème ? Non, toujours pasâ?¦ Mais c'est pas grave. Ils ont dit « tu as changé » depuis une semaine. J'ai répondu que oui, que je voyais les étoiles. Mais ça veut dire quoi changer, pour eux ? Mettre un masque de sympathie et jouer la comédie, encore ? Me travestir et défiler à leur façon dans leur prison ? Jouer le jeu avant d'en finirâ?¦ pourquoi pas. Bientôt je serai libre, je ne verrai plus leur chaîne et mon carcan qui me strie l'esprit et mutile mon âme un peu plus tous les jours, je verrai les étoiles. Bientôt.



Ca y'est, presque. J'y suis. Je suis parti de la maison, j'ai pas laissé de lettre aux parents. S'ils n'ont pas compris ils ne m'ont jamais vraiment connu. S'ils ne m'ont pas connus, ils ne me pleureront pas. Et s'ils le font quand même, c'est que leur bêtise n'aura jamais été feinte. Tant pis pour eux, ils n'ont pas compté. Rien n'a compté. Il fait nuit, et le ciel est sans étoiles, aucune lumière pour raviver son néant atrophié d'une quelconque éclat. Ca n'a pas d'importance, elles seront bientôt revenues. Le train approche. Je le sens dans le vent, je suis au bon endroit j'espère. Je ne peux pas louper ça. Il faudrait tout recommencer, et ils feraient trop attention à moi. Je n'ai plus le temps, plus l'envie de me battre contre eux. Cette fois, c'est la dernière, et je n'ai pas de deuxième chance. J'entends le bruit sourd, qui approche, qui se mue en autre chose, comme un klaxon. Ou un sifflement. Ca y'est, c'est le moment. Prêt à tout lâcher. J'ai pas le droit de flipper maintenant.



C'est fini. Le train s'est arrêté, quelqu'un m'a peut être reconnu et à voulu m'arrêter mais c'était trop tard. J'ai la tête penchée sur la vitre et le paysage défile devant moi. C'est beau, ces plaines immenses où les arbres rompent la monotonie des plateaux, je peux sentir la brise du soir qui secoue les feuilles et fait trembler les enfants qui sont sortis trop tard. Je l'ai pris ce train, ça y'est. Je n'ai qu'un sac et deux valises, oui, ça fait beaucoup pour une fugue normale, mais pas pour une nouvelle vie.



Il y a juste une semaine. Il m'a appelé, et je l'aimais toujours autant. Comment j'allais ? C'était quoi, cette question, au juste ? Une invitation à verser des larmes acides sur le téléphone et à me laisser couler, liquéfié par la douleur ? Réussi. Mais il ne s'en est pas servi. Pas encore, pas cette fois là . Il m'a dit qu'on pouvait partir et changer ça, s'arrêter de tourner comme les autres, dans un monde qui tourne plus rond depuis des lustres. Je n'ai rien répondu. Rien d'autre que le souffle de ma respiration brisée et haletante. Juste les sanglots du gamin que je suis. Le lendemain, les billets étaient arrivés par la poste, et ma mère me tendait l'enveloppe en souriant sans savoir qu'elle venait d'ouvrir la porte de ma cellule.



Voila, je suis sur le quais. Et lui aussi. Il arrive vers moi, comme d'habitude. Il éteint sa cigarette sur un mur et il approche encore un peu plus. Je sais qu'il me détaille. Qu'il perce à travers les apparences de maturité qui m'enveloppent et qu'il voit que je ne suis qu'un petit garçon perdu, paumé dans un bordel monstre. Il se plante devant moi, comme pour me lancer un « Alors ? » à la figure. Alors rien. Je l'enlace, il m'a tellement manqué. Ses longs cheveux blonds tombent dans son dos comme une cascade d'or, et je sens ses lèvres dans mon cou, puis sur les miennes. Quelque chose a changé dans ses yeux. Ils sont toujours verts et lumineux, comme des feux à travers la nuit pour retrouver l'étreinte de ses bras, mais je n'y vois plus la certitude de pouvoir me briser selon ses désirs. Peut-être a-t-il souffert de mon départ plus que je ne l'ai envisagéâ?¦ ça n'était que justice, c'est ce qu'ils m'ont tous dit. Tu entends, toi qui me serre si fort et pleure sur mon épaule ? Justice. Pour toutes les cicatrices et les blessures de mon âme. Mais si tu pleures, alors peut-être que ton cÅ?ur n'est plus pierreâ?¦ Emmène moi loin.



Ta voiture est toujours aussi miteuse. Vieille, branlante, poussiéreuse, mais confortable. De cette chaleur qui fait d'un endroit laid celui où on voudrait se blottir lorsque le monde autour nous lacère. J'y ai passé tellement de temps, blottis dans ta voiture. La musique me berce, et je sens mes paupières glisser sur mes yeux.



J'ai rêvé. De toi, de nous, des étoiles. Je me réveille et je te cherche. Il n'y a plus ton odeur, la fumée de ta cigarette, le reflet de tes cheveux ou la lumière de tes yeux. Je me souviens petit à petitâ?¦ l'avion, le train, l'autre voiture. Non, je n'ai pas fais que dormir pendant toutes ces heures qui sont passées de l'autre côté. Je sors de la voiture de loc', rien à voir avec l'ancienneâ?¦ Soudain mes pensées se figent. Silence dans ma tête, silence dans mon cÅ?ur et dans mon âme. Silence partout autour de moi. Les montagnes, blanches, qui bordent le lac, et le reflet du crépuscule qui le teinte de rose, d'orange et de jaune. Je ne savais pas que c'était là que tu voulais m'emmener. La forêt est magnifique, grande, miroitante, noble, comme dans les légendes, de ces forêts qui ont une âme, qui vous invitent ou vous perdent, tout dépend du pas emprunté pour y marcher. Et le chalet est là -bas, devant le lac, petit, simple. Tu es assis sur les premières marches, à fixer l'horizon. Depuis combien de temps attends-tu que je me réveille ? Je voudrai te dire combien c'est beau, combien je t'aime de m'avoir arraché des monstres de métal pour me ramener chez moi. Je t'embrasse, ton regard me répond « je sais ».



La journée s'écoule, j'installe quelques affaires, mais je passe tout mon temps blotti contre toi. C'est toi qui fera la chaleur de cet endroit, pour que je n'y meure pas de froid et que le gel ne vienne pas me mordre plus profond que leurs cages l'ont fait. Tu dis que tu m'as trouvé du travail, pas loin, pas grand-chose, juste un travail dans une petite librairie du coin. Tu sais combien j'aime les livres, d'ailleurs, la valise bleue, tu l'as déjà ouverte, et tu as installé tous mes livres sur l'étagère.



Le soleil a fini d'embraser les pics des montagnes, arrachant leur blanc immaculé pour quelques instants seulement, mais à présent rien d'autre que le ciel n'a grâce à mes yeux, rien d'autre� Et les étoiles déchirent la voûte céleste tant elles semblent s'enflammer, elles hurlent leur beauté à la face du monde qui les oublie peu à peu. Pas moi, je n'oublie pas les étoiles. Pas celles qui bercent mon sommeil, ni celle qui illuminent mes yeux de leur éclat d'argent. Je n'oublie pas tous ces coups d'aiguilles percés dans la toile du ciel, tous ces cristaux de lumière.




Parcqu'on est tous passé par là . Et qu'on à tous voulu quelque chose... d'autre?


***

Encore une nouvelle rentrée
Encore peupler ce putain de lycée
Encore traîner les rues et les cafés
Encore fumer ma clope à la récré
Encore se taire ou bien se révolter
Et saluer mes frères apprivoisés
Encore attendre encore apprendre

Mais y a rien à comprendre
Mais y a rien à comprendre
Mais y a rien à comprendre

J'veux m'en aller
J'veux m'en aller
Mais je veux pas crever
Dans cette inhumanité

Encore mes frères qui meurent de l'autre côté
Les fils de la lumière assassinée
Et moi qui rêve juste de rêver

Juste de quoi rêver encore
Juste de quoi rêver encore
Juste de quoi rêver encore

J'veux m'en aller
J'veux m'en aller
Mais je veux pas crever
Dans cette inhumanité

Mais y' plus d'étoile dans le ciel
Mais y a plus d'étoile

***


mardi 7 février 2006

Ma mer, mon ciel, ma terre.


06/02/06

18h58






Je viens d'un autre pays. Non lointain par la distance mais par les aléas du monde et de son climat, de ses rides qui strient le visage de notre planète et configurent l'espace qui nous entoure. Une autre terre m'a vu naître, et grandir, jusqu'à ce que j'atteigne les prémices de mon adolescence. Une qui ne demeure en moi que comme un souvenir tenace, un paysage de marqueur sur une feuille cartonnée, ridée, jaunie par les années mais si distinct que j'y retrouve encore les parcelles de ce qu'y fut mon existence d'enfant.


Cette terre là n'est semblable en aucun point à celle d'ici. Les nuages sont des compagnons de vie habituels, et la pluie qu'ils dispensent souvent ne grise en rien le paysage, mais le fait être plus fidèle à son image. Je suis de cet endroit où la fin de l'été et l'arrivée de l'automne sont rois, où ces traditions de vies sont si ancrées dans les mÅ?urs qu'elles ont finit par devenir naturelles. L'herbe y est verte et drue, presque rêche contre la peau, lorsqu'on s'y prélasse en été, au milieu des champs. Les arbres y sont chênes, bouleaux et noisetiers, et lorsque la belle saison se meurt doucement comme une bougie consumée, alors, il semblerait presque que cette flamme qui s'éteint renaît dans les rainures des écorces pour colorer les feuilles d'écarlate, de jaune brillant, et d'un orange vif. Cette terre est faite de coteaux, de vallons en étages et de vieilles pierres, partout. Elle accueille en son sein l'estuaire qui y dépose l'eau, irriguant et nourrissant le sol qui nous porte. Lorsqu'il pleut, la terre se fait boue, et l'herbe retient l'humidité et la rosée du ciel durant des semaines. Mais là -bas, la terre n'est jamais sèche. Elle est forte et épaisse, malléable, comme de l'argile teinté de brun. La brume, elle aussi, ajoute à ce que l'on pourrait voir comme une morosité ambiante, lorsque l'on ne l'a pas vécue jours après jours. Elle se dépose, coulante, maîtresse des lieux, et s'effiloche sur le rebord des maisons. La lumière y perce peu, diffusant à peine un faible halo mordoré qui semble flotter seul au dessus du sol. Il n'y a pas de fantôme plus à craindre que le spectre de la brume, en ces terres. Celle qui nous gèle, nous égare, décide des fils que nous allons suivre ou couper.


Cependant, il n'existe rien de plus à propos pour décrire la vie et ce qui fait ce « là -bas » que les étendues de vignes qui décorent les plaines, les champs, le bord des routes et des maisons, à perte de vue. Combien de fois ni ai-je joué, m'égarant souvent, tombant parfois, le pied entravé par une racine revêche dépassant du sol. Ici, ce végétal est l'or, la richesse, il y est sanctifié comme un christ au sang rouge et blanc, loué par tous, et respecté, car personne n'irai détruire ce qu'il à vu durant toute son enfance, et l'origine de son bien être. Je n'ai jamais aimé cet uniformité dans le paysage, mais je ne lai jamais détestée, il en va ainsi pour nous tous. Les vignes sont là , en rangs parallèles, symétriques, immobiles et fixées pour tant d'années que lorsque les vieux plans cèdent la place aux jeunes, on se retrouve étonné chaque matin d'avoir perdu nos alentours d'habitude.


Ce pays ne connaît pas les affres du vent ou de la chaleur. Il dispose de ces propres fléaux, ce qui font qu'un équilibre du et ordonné subsiste encore. La grêle est un de ceux-ci, qui brise les carreaux et défait les toitures, ravages les champs de vignes et brise nos nuques. Les orages, eux aussi, apportent leurs roulements qui résonnent et font trembler les murs des maisons affaiblis par les assauts de l'humidité. Ils affolent les chiens qui se mettent à hurler en tous sens et frappent fort, ramenant les vents de l'océan et des effluves d'outre atlantique. Ils ne m'ont jamais parus d'origine si lointaine qu'en ces lieux, portant dans leur course le roulement des vagues, le tambour de la mer déchirée.


Mais ce pays n'est simplement plus le miens. Je l'ai quitté, comme on quitte un repère, un cube qui forme en fait notre microcosme, tout l'espace de notre simple existence. M'en extraire fut un désastre. Je regardais en pleurant mon ancienne maison, de ces vieilles maisons cubiques en pierre de Bordeaux que l'ont érige par là -bas au grès des terres, éloignées et lugubres, grinçantes mais solide, avant que l'air ne les ronges et ne les fasse tomber sur elles même, et que la terre ne les recouvre de lierre pour les camoufler. J'ai quitté tout cela, mais le souvenir est a présent bien loin, cette souffrance ne fut pas de celles qui ouvrent notre âme à jamais, où alors elle fut bien vite enfouie par ce que j'avais découvert.


J'ai laissé des cÅ?urs de campagnes et de paysans pour m'en venir par ici, où ils sont encore plus secs et durs, comme la terre de ces régions. Mais j'ai sus y découvrir la raison pour laquelle, parmi toutes les destinations du monde, je me suis échoué en ces lieux. J'ai ouvert les esprits de ceux qui se barricadaient derrière leurs murs et j'ai pu y lire ce qui me fit devenir enfant de ces nouvelles terres.


Ici, il n'est point de pluies que celles de passage, aussitôt bues et aspirées par le sol et les végétaux pour qu'il n'en reste aucune trace visible. Les terres sont sèches, recouvertes de lavande, de pins qui parsèment leurs alentours de leurs aiguilles. Le roc mange la terre, si bien qu'il ne lui laisse parfois qu'une fine couche pour se loger, recouvrant tout le sous-sol, de sorte qu'il est impossible de le creuser. L'herbe se repaît de la façon qu'elle peut pour assurer sa survie, mais demeure néanmoins, par touffes éparses. Les cailloux inondent les bords de routes et des chemins, si bien qu'il est même des maisons construites de ceux dispersés alentours. Les collines sont escarpée et les falaises glissantes, dont les gouffres nous narguent de leur arrêtes tranchantes. L'eau ne vient pas à manquer durant l'année, exception de l'été, où parfois les ruisseaux se tarissent et laisse dans leurs lits des colonies de galets.


Mais qu'est-il de plus beau ici, que le Ciel ? Celui qui m'a fait siens, et qui fait que désormais, cette terre est la mienne, et pour toujours. Le ciel d'ici n'a pas d'égal, il est d'un bleu profond et perçant, liquide, comme une mer de turquoises. Immense, partout, si bien que le boire des yeux, couchés dans l'herbe est un délice. Se noyer dans cette immensité bleutée où l'on devine parfois les vagues des vents et se laisser emporter, toujours plus loin, plus haut. Une beauté telle, piquante, possède sa contrepartie, de l'avis de ceux qui vivent ici : le vent tenace qui agite ce pays et le fait siens si souvent, fouettant les visages pour ne plus en faire que des plaies rougies, gelant les cheveux et les mains, nous poussant presque à courir lorsqu'il lèche notre dos et nous forçant à reculer et à fermer nos yeux trop fragile pour sa puissance lorsqu'il nous fait face. Mais bien que moi aussi, il m'irrite, me fouette, joue avec moi comme avec une poupée de chiffon prise dans un ouragan, je lui voue un amour sans limites. Comment ne pas se délecter du contraste qu'offre le vent en comparaison avec la stase du ciel ? En vérité, le ciel d'ici n'en est pas un. Il est une mer qui surplombe nos vies, qui absorbe nos regards et vides nos pensées. Et lorsqu'il s'emplit de frêles nuages, la lumière, si libre dans cette immensité se réfléchis en eux de telles façons que les couleurs y sont les plus belles et les plus pures qu'on puisse y voir, à la hauteur de l'étendue bleutée qui s'étale, aussi dignes et cristallines qu'elle. Et lorsque les étoiles éclosent à la fin du jour et viennent consteller un ciel d'une pureté aussi insolente, plus rien ne sert d'essayer encore d'accomplir nos tâches, de voguer sur nos pensées, de vivre. Il convient seulement de s'allonger, de se laisser encore dériver entre les éclats stellaires, et de recevoir leur radiance comme du cristal sur notre peau. Sentir la fraîcheur de l'air et la brise qui s'égare, et plonger dans un sommeil, où, avec certitude, nous rejoindrons ces immensités.


Oui, le style est vieillit et spécial. On aime ou on aime pas. Moi j'avais besoin d'écrire ce texte.


dimanche 5 février 2006

Romanescence...



Epique. Romanesque. Fantastique.







Ces trois mots sont porteurs de tant d'images, d'émotions, de sentiments. Des bourrasques qui traversent notre tête, comme des chevaux au galop, et qui nous laisse une odeur de plaine, de bataille, de bravoure et de sang. Des chants de cors ou des hurlements de rage qui remplissent nos cavités auditives trop vides d'espérance, autant de filament qui nous font vibrer et s'entrelacent pour former tout ce qu'on appellera l'épique, le combat, la confrontation.


On a toujours tendance à croire en ces choses, les yeux à demi-clos, couché sur son lit. S'imaginer une scène où enfin le combat n'est plus subjectif, noyé dans des horizons de phrases cinglantes et se laisser aller à enfin cerner sa propre force. Voir l'arme qui nous correspond, et notre façon d'être, de se mouvoir. Finesse, force, puissance, rapidité ou intelligence ? Autant de critères qui varient.


Nous avons toujours cru ces choses disparues. Les sont des tambours éteins à jamais, et la mélopée des arcs tendues envolée. Le fracas des armes, les nuages furtifs de peurs ou les ondes d'assurance et de colère, et par-dessus tout, la voûte céleste étoilée qui soutient encore notre monde en ruine. La lumière stellaire, rieuse, qui borde le souffle d'épuisement et la fin de la bataille.


Qui n'en a jamais rêvé ? Qui n'a jamais voulu se sentir emporté par le courant aérien d'une guerre, par les cris des hommes, par la course vers le fond du gouffre qui nous enivre et vrille pour de bon cette capacité pernicieuse de nos pensées à nous aveulir de peur. Voila donc un des gouffres de notre monde actuel, qui manque et grise nos âmes. L'honneur, la bataille, l'affrontement. Que nous reste-t-il ? Les phrases qui fouettent et qui piquent ? Les pics acérés et nos verves tranchantes ? Cracher notre mépris et notre désaccord dans un souffle exaspéré ?


Ceci vous manque, à vous qui me lisez peut-être. Osez me dire que jamais votre âme n'y a soupiré et je ne pourrai me résoudre à vous porter crédit.


Ces batailles là ne me manquent pas. Ni à moi, ni à ma sÅ?ur, ni à mes frères. A aucune d'entre nous, ces affrontements ne manque, et ces guerres d'honneurs. Combien de fois devons nous verser le sang et ôter les vies pour atteindre nos buts ? Et parfois, nous questionnons nous sur la portée de notre destruction ? Sur l'énergie de mort et de douleur que nous avons engendrée? Rarement. Presque jamais. Telles n'ont pas à être nos pensées.


Et ces combats ne sont pas moins brutaux, pas moins douloureux ni moins illustres que ceux que l'on a pu voir de ce côté-ci de l'onde. J'ai vu des arènes, j'ai vu des marionnettes, des folles manier des aiguilles, des ombres aux crocs acérés et des pièges en tout genre. J'ai vu couler la folie et l'avidité du vice. Ne m'en suis-je pas moins battu ? J'ai accepté cette partie de nos vies que nous possédons tous mais que nous ne maitrisons que plus ou moins et j'ai su regarder en face, vers celui qui se dresse. Dès lors, l'illusion qu'il est « un » en lui-même et un être à part disparait à nos yeux, et celle, fallacieuse, qu'il n'est en fait qu'un obstacle la remplace et détruit nos hésitations.


Je ne manie que l'arc et le saï.
Mais je vis ce qui manque dans les vies des autres.


Je peux encore voir les bannières flotter au vent, les armes, les tenues de combat, les chevaux qui filent comme des oriflammes qui claquent au vent. Je peux voir ce qui me réjouit parfois et qui fait en d'autres temps que mon dos est brisé, que je suis malade, que mon esprit et faible et cassé comme une brindille, et que je suis d'une faiblesse infinie. Mais je suis plus fort, après, et encore plus fort lorsque mes pensées viennent effleurer mes actes. Le combat, l'honneur, la vie, jusqu'à la fin. Dans la mort de l'âme, la cassure de nos dons. Jusqu'à ce qu'un ennemi plus puissant nous brise comme une brindille, déchire le cÅ?ur de notre esprit et brise le filament de nos capacités.


Nous nous coucherons, et notre âme sera morte. Pas notre corps, mais il ne sera déjà plus qu'une coque vide de sens, vide d'âme, vide de vie et de pensées. Plus qu'un soupir, qu'une brume évanescente et éparse qui s'étend jusqu'à sa disparition.


Alors, levons nos lames et bandons nos arcs.



Que ma sÅ?ur soit à mes côtés, épée à la ceinture et regard de braise.
Que le porteur tende ses étoiles derrière moi.
Que la démone redevienne autre que son ombre et fasse tressaillir l'horizon.
Que le souffle se fasse tempête pour que ses yeux s'ouvrent.



Que mon arc soit fort, que ma flèche aille loin.


Ouh... Love is fun! Get it on ;)


You're a boy...
I'm a girl...
Are you ready?
Pleaaase...







Passons en revue mes récentes occupations :

Jeudi : Nuit blanche

Le sommeil à déserté ma couche jusqu'à tard dans la nuit car j'avais parié avec ma sÅ?ur la réalisation d'une dagyde dans la dite nuit, et le temps me faisant défaut, il a bien fallut, une fois acculé, réduire celui du sommeil. La dagyde fut terminée, ma réalisation d'Imbolc. Elle me fut utile pour le sabbat, que OUI j'ai célébré avec retard et que NON ca ne me gêne pas. Arrêtez d'être aussi tatillons...

Vendredi : Excursion champêtre

Arrivée au bout du chemin. Sous nos pas, de la glace, au dessus de nous, les étoiles, toujours aussi insolentes. 0 droite, à gauche, des arbres grincheux et griffant, et des bruits dans les fourrés. L'idée finit par nous traverser l'esprit que -Damned- nous nous sommes trompés de chemin. Retour en marche arrière, les pieds s'enfoncent dans la neige lorsqu'elle n'a pas la dureté de l'acier et qu'elle glisse d'une manière à ce qu'aucun ne puisse échapper à la gamelle. Nous arrivons enfin à destination : L'antre du Piaf. Le reste de la soirée se déroule sans accros, musique, discutions, alcool et drogues en tout genre, films, bref, autant de choses dont l'usage et l'utilité ne sont plus à démontrer.

D'actualité : Occupations et inquiétudes à propos des vacances hivernales

Savez vous combien la tâche, néanmoins honorable, de vouloir amener 6 amis + une mère + mon illustre personne au ski est ardue? Je ne l'aurai pas parié il y a quelques mois, et pourtant aujourd'hui je certifierai ceci avec grand emportement. Malgré le fait que la location du chalet soit à ma charge (en fait inexistante, ma grand-mère ne me faisant pas payer pour occuper son chalet) ce n'est qu'un maigre souci qui nous est enlevé. Le groupe est déjà divisé en deux, ceux prenant le train, et les autres la voiture, mais cette dite voiture n'a pas la place nécessaire à contenir tout ce que nos envies d'ados en pleine effervescence désireraient traîner sur leurs dos pour seulement 7 jours, soit 168 heures et 10080 minutes. Mon seul désir serait que le Crapaud apprenne à être plus confortable d'ici là , marre d'avoir mal au cou. :p


Ps : Inutile mais indispensable.

jeudi 2 février 2006

Casi el silencio


02/02/06

Si l'enfer c'est les autres...






Tu me presses à sortir, à confronter nos images ternies à la réalité. Râper nos reflets contre celui du nouveau monde qui s'étale dehors, jusqu'à l'horizon, si tant est qu'il persiste encore à nous narguer de son lointain inaccessible.

Demi-tour, non, il n'est pas encore venu l'heure d'ouvrir les paquets, tu n'es qu'une gamine trop pressée. Juste un dernier regard sur nos années d'isolement avant de recevoir ta récompense, enfin. Je m'adosse contre le mur de fer et passe en revue ce qui m'entoure. L'obscurité, de toute part, à peine chassée par la lumière électrique et blafarde des néons. Des poutrelles métalliques qui soutiennent notre abri, vomissant des câbles gainés de plastique. Les murs, béton sur acier, gris et râpeux, contre lesquels nous ne nous sommes que trop écorchés. Au fond de la pièce, les installations informatiques qui nous ont permis de contrôler la pureté de notre air et nos réserves en eau, qui, quoique recouvertes de poussière, fonctionnent encore à plein régime et polluent notre ouïe de sonorité redondantes, de ronronnements, de ces plaintes qu'ont les ordinateurs. La pièce des vivres, fermée par une porte métallique, sur la droite, à gauche, la salle de bain, grise, de cette froideur de verre et d'acier. Notre lit est au fond de la pièce, collé contre le mur, seul vestige qui puisse rappeler notre ancienne vie, sa monotonie, ses habitudes, sa détestable odeur d'étoffes et de confort.

Les seules couleurs qui tiennent encore grâce à mes yeux sont celles que tu as apportées avec toi. Le rouge de tes cheveux et le vert de ton regard, lumineux, transperçant. Nous avons tout laissé, musique, films, rien qui puisse nous rappeler le monde que nous avons tant exécré durant ses décennies d'asservissement, de fausse bourgeoisie mais de vrai esclave, enfermé dans ses habitudes et ses obligeances jusqu'à en oublier sa véritable identité, son visage et son regard, bridés par un masque de plomb.

J'étais alors chercheur en informatique pour les plus grands gouvernements de la planète. Je mettais au point divers système de piratages, s'insinuant des les plus hautes sphères de commandes des réseaux du monde entier, vendant ses talents aux plus offrant, trahissant souvent, jamais rassasié. Seul le goût de l'argent pouvait me calmer, apaiser mes envies de souillures dans l'alcool, la drogue, comme ces filles au goût d'absinthe que l'on ramasse sur les trottoirs des mégalopoles. Un jour, j'ai croisé ton reflet, celui qui s'épinglait sur ton corps et ton âme devant les autres, et qui ne te quittait qu'à l'abris d'une chambre, dans le creux d'un lit ou dans les braises d'une étreinte. Découvrir ta folie, petit à petit, fut comme s'habituer au goût d'un piment, de ceux qui, rouges et ardent, nous brûlent toujours plus fort.

Tu étais comme les longues mèches ondulées que tu portais comme une couronne, écarlate, à vif, défiante. Avide, sadique, mauvaise et pervertie comme le décor de ton personnage que tu voulais tant détruire. Immeubles, centres informatiques, musées, théâtres, opéras, cinéma, musique, tout n'était que cendre dans ta bouche et hurlement dans tes yeux. Seul le goût du sang pouvait te complaire, et combien de cicatrices as-tu laissée sur mon dos, lacéré, déchiré par ta folie ?

Pourtant je t'ai aimé. Comme un poison, une veuve noire qui avait la douceur d'une brise pour mieux me briser tel un roseau. J'aimais être à tes pieds, soumis, cerbère couché ou suppliant sa maîtresse. Alors pour toi, j'ai construit cet endroit. L'argent n'était plus un soucis, je nourrissais ta soif de sang et toi ma cupidité. Attentats, vols, braquages. Et piratages des bourses planétaires. C'était dans mes cordes, mais ce ne fut pas sans risques. Nous avons fuis, fuis derrière la ligne de perspective toujours plus longue sur ses routes interminables, bordées de désert, sèches. L'argent coulait, et mon sang toujours plus. J'ai finis par t'en ramener un, un soir. Un jeune homme, beau sous son apparence de saleté, allant aux grès des rues comme emporté par un courant. Tu as joué avec lui, et combien d'heures, combien de cris et de souffrances ? Tout ce qui comptait n'était que son sang, rouge, coulant en cascade.

Des années de mise au point, d'errance et luxe. D'appartements splendides nichés sur les hauteurs des hôtels les plus coûteux, où même les autorités ne seraient venues nous déloger, l'argent faisant tout. Des soleils explosant, des bords de mer ou d'océan, et toujours ta folie, ton sourire de scalpel.

Mais nous y sommes arrivés, tous les deux. Seuls. Et je t'aime encore plus aujourd'hui qu'auparavant. Maintenant, nous sommes liés jusqu'à la fin, toi et moi. Dis le, dis le encore, que nous sommes liés par le sang et le vice. Dans le pêché.

Tu me regardes et je lis l'attente dans tes yeux. D'accord. Je me relève, et je me dirige vers la porte. Je souffle un grand coup. Nous n'avons encore rien vu, les caméras n'ont pas résisté. Tes ongles s'enfoncent dans mes anches, je crois que le sang perle encore sur mon t-shirt. Je ne sens même plus la douleur de la chair déchirée, seule ta morsure en mon âme persiste. J'entre le code et entends le bruit du sas qui s'ouvre et accueille l'air extérieur. La porte émet un bruit sourd. Les serrures sont ouvertes, ouvertes sur le vide, sur notre nouveau monde, à nous deux. Toi et moi.

Violet. C'est la seule couleur que je peux discerner à présent, parmi toutes celles que mon esprit a perdu. L'éclat de ta robe à volant dans la lumière à peine renaissante, qui vole, pourpre, violette, alors que tu t'élances, pied nus, au dehors. Nous marchons un moment. Les arbres sont calcinés, et tout près, la ville ne s'élance plus vers les hauteurs mais semble s'être retournée sur elle-même. Les vitres sont noircies, le tout n'est plus qu'un fantôme de l'ancienne civilisation. L'asphalte de l'ancienne autoroute ripe sous tes pieds, et ton rire s'élance, métallique, effrayant, à travers l'immensité et le silence omniprésent. Tu reviens vers moi et tu m'embrasses. Et là , sur le goudron et les débris de verre qui nous labourent, nous faisons l'amour, c'est ta façon de me dire combien tu apprécie mes desseins.

Trois cadavres bloquent la porte. Certains ne sont plus que des squelettes, d'autres des esquisses d'humains où la chair pend encore, desséchée, pourrie, déformée et pleine de cloques. Les lèvres sont noires et les yeux minuscules, secs, comme des billes, au fond des orbites. Tu les écrases, leur passe dessus sans la moindre hésitation. Ils représentent tout ce que tu as tant haïs, ces clones les uns des autres, ces esclaves abrutis par leur système vérolé. C'est ce que tu m'as toujours dis, aujourd'hui, ils ne sont plus que poussière, fidèles à la valeur qu'ils portaient à tes yeux.

Notre ancien appartement. Aujourd'hui, le monde s'offre à nous. Ton sourire béat et la plus grande récompense pour moi, et je ne t'en aime que plus. La fin fut aisée. S'installer confortablement, avec les vivres comme seuls certitudes de l'avenir, et pirater un des centres de tirs d'ogives de la planète. Le virus à tout fait tout seul, c'était lui, notre enfant. Celui qui allait combler toutes nos attentes, et que nous avions créés, aussi égoïstement que le font de véritables parents. Nous avons regardé les missiles s'envoler par centaines, cavaliers de mort, de maladie. Le fléau était lancé, notre délivrance, notre accomplissement. Le monde lavé, pour nous deux, seuls. Les nuages de souffre et de poussière ont finis d'asphyxier ceux qui avaient survécus aux explosions, et les radiations, envahissant l'air de la planète atteignirent ceux qui ne furent pas asphyxiés, par malchance. Vomissement, peau partant en lambeaux. Ce furent sûrement eux qui souffrir le plus de notre folie, mais tu t'en délectais, les yeux fermés, songeant à la mort de tous ces innocents. Mais ce furent surtout les flammes, les tourbillons de feu qui ravagèrent les terres des hommes, aussi destructrices que des nuées ardentes, calcinant tout sur leurs passages qui te réjouirent le plus.

Je te demande si ton cadeau te plaît. Tu t'avances vers moi, coulante, irréelle, flamboyante. Je n'avais pas vu le couteau que tu cachais dans les plis de ta robe, susurrant à ta faim qu'elle serait bientôt rassasiée. Je ne sens pas la lame glisser sur ma gorge mais je vois ton geste sec, précis, et ton sourire. Et ta bouche maquillée de sang lorsque tu te penche sur la plaie et qu'ensuite tu m'embrasse.

J'avais oublié quel goût tu pouvais avoir.


***

Allons mettre le nez dehors voir ceux qui bougent encore.
Enfilons nos beaux habits de travail bien accompli.
Nous avons enfin réussi à mettre tout le monde d'accord.
Ã? coup d'uranium enrichi dans le ventre de nos saloperies.
Cela m'étonnerait fort, mais vérifions qu'aucun n'se batte encore.

Lhassa, Roma, casì el silencio.
Habana Vieja, casì el silencio.
Berlin ,Bombay, casì el silencio.
Pékin, Soweto, casì el silencio.

Pensez-vous vraiment que nous ayons eu tort ?
Rien qu'une minute et demi pour régler tous les conflits.
Inutile d'attendre à l'instar des dinosaures,
que nous tombe sur la gueule, une pluie de météores.
Ce scénario-là , nous l'avons écrit.
Vérifions que tout le monde dort.

Moscou, Paris, casì el silencio.
Buenos Aires, casì el silencio.
Mission control, casì el silencio.
New York City, casì el silencio.

Un jour viendra sans doute le temps des remords.
Mais je l'ai eu ce paradis rien que pour vous et moi chérie.
Ne vous plaignez pas de vous sentir un peu seule à bord.
Si l'enfer, c'était les autres, pourquoi ces larmes sur votre corps ?

Comme si ne vous suffisait pas ma seule compagnie,
vérifions alors si quelqu'un n'est pas mort.

London, Sydney, casì el silencio.
Barcelona, casì el silencio.
Bangkok, Hawaï, casì el silencio.
Hiroshima, silencio de nuevo.

J'entends encore sonner une dernière fois les cloches,
Bang, bang, Big Ben, c'est le Big Crunch.

Hong-Kong, L.A., casì el silencio.
Tokyo, Alger, casì el silencio.
Gaza, Mexico, casì el silencio.
United-Nations, silencio de sueño.

Dis-moi que j'ai eu tort, casì el silencio.
Dis-moi que j'ai eu tort, casì el silencio.
Dis-moi que j'ai eu tort, casì el silencio.
Dis-moi que j'ai eu tort, silencio de sueño.

***