dimanche 28 mai 2006

It's been... a long way.



De retour...







Voila bien longtemps que je ne me suis plus assis ici, sur mon fauteuil, bien ancré du regard sur la lactescence de l'écran, les contours des caractères, suivant avec passion la danse de mes mains sur les touches blanchies par l'usage. Car s'il me fallait y revenir, la raison seule de l'habitude et du manque n'y aurait jamais suffit. Non, il fallait plus, il fallait mieux. Des nouveaux contours, des aperçus de vie, voila ce a quoi mon âme soupirai calmement, attendant son heure pour se coucher à nouveau sur une des facettes de mon art, sur l'écriture et son ivresse jaunie par les ages. Et, alors que je ne m'y attendais pas, ces perles d'instant sont venues à moi, avec la surprise qui les définit. Ces quelques jours qui se sont écoulés ont été pour mes des heures de révélation, des minutes d'extase, des secondes d'éternel arraché de la trame du temps.


Suffisait-il de se lever un matin, de prendre du temps pour soi, pour ses besoins inutiles et sommes toutes un peu futiles, pour voir s'ouvrir un nouveau barrage et déferler des eaux parmi les plus cristallines et fragiles ? Qu'en sais-je ? Mais cela est arrivé. Arraché à mon sommeil, j'ai grappillé le temps, le faisant mien, et seulement mien. J'ai vu passer les minutes avec la délectation de les avoir toutes savourée, et puis, lorsque le vent de mes envies a tourné, lunatique et soudain comme il est, je me suis habillé, et, musique dans les oreilles, suis sortis. J'ai descendu la route qui me mène au lycée, à pied, dans toute sa longueur. Le soleil se reflétait dans les feuilles des arbres, tissant des contours d'ombres sur l'asphalte et le bitume, le vent caressait doucement les branches des végétaux, donnant à mon chemin l'apparence d'une Å?uvre d'art en mouvement, pleine de vie, pour ceux qui savent voir au-delà du terne. « Home made religion » dans les oreilles, j'ai souris, ris, tourné sur moi-même et savouré chaque parcelle du spectacle que m'offrait la nature, comme à quiconque qui se serait trouvé ici, avec moi, alors que j'étais seul. On pouvait lire la surprise dans les yeux des rares conducteurs, qui, au volant de leurs monstres mécaniques, croisait cet étrange garçon, presque porté par le roulis du vent, souriant comme un enfant. A ceux qui se demandent si je suis fou, je dis que oui, oh, oui, la folie est une partie de mon âme, douce comme une liqueur ou violente comme la tempête. Le Fou, c'est aussi parfois un des noms que l'on me donne, mais à défaut d'être l'Amadan, je serait autre, l'enfant Fou, emprunt et fait de cette bizarrerie que je leur vole, mon délire juvénile. Alors j'ai volé, emporté par cette symphonie de couleurs et de myriades d'images, de tableaux, dans une des plus belles galeries d'art qui soit dans notre monde, celle que l'on voit chaque jour et qui, au détour d'un jour, nous dévoile toute son exception et sa beauté violente, brute. Les arbres se sont courbés sur mon passage, chantant pour un de leurs enfants, et c'est ainsi que je me suis sentis prince, revenir au titre que nous portons tous. Je me suis vu le centre de cette scène, l'enchantement des végétaux, des minéraux, de toute cette vie dont nous faisons parfois peu de cas. Porteur de printemps, enfant du Dieu.


J'ai retrouvé mes amis, discuté de banalités qui m'ont paru être les plus intéressantes et délicieuses du monde, bu les reflets de leurs regards, et apporté un peu de ma lumière soudaine, qui s'était emparée de moi, sinuant dans mes pas. L'après-midi s'est déroulé avec la même ardeur, et j'ai encore refais le monde, selon mes attentes, mes envies, sachant de mon expérience du matin que sa perfection, née de ses défauts, n'était qu'une chose qui ne demandait qu'à être vue.



Puis, l'évènement du soir est enfin arrivé, pointant son nez et sa vêture malicieuse. La fête de la majorité d'une personne n'est ni plus ni moins un soir comme un autre, porté par des considération crées par notre société, notre culture, le départ du cercle familial, le début d'une vie axée sur un seul pilier, en attendant de fonder un nouveau groupe solide, un nouveau foyer. Cela dit, et au-delà de la désillusion, il peut s'agir d'un soir, d'une fête, où chacun est présent, où tous se retrouvent dans un échange dont les fruits seront autant offerts à chacun qu'à la personne ayant atteint cet âge-charnière. Voila, les 18 ans d'un ami, d'un très bon ami à moi. Après ça, rien de plus, et pourtant tout. Autre que mon propre cercle d'amis, étaient là d'autres, que j'avais pu déjà croisé, voir, apprécier, mais jamais autant que je ne l'ai fais durant ce soir. Des sonos partout, des instruments, des voix, quoi de plus pour voir dans les âmes et pour connaître sans connaissance précises ? De la musique à l'état originel, sans travail, sans fignolage, sans précision, mais avec spontanéité, improvisation et âme. C'est ainsi que nous nous sommes rencontrés, autour de nos instruments, de nos voix, de nos références communes et créant de nouveaux mélanges. Ce soir là , une partie de moi-même s'est ouverte, des glaciers ont fondus en moi pour venir se répandre dans mes yeux, faisant briller mon regard dans la pénombre du crépuscule. J'ai chanté. Et bien que j'aie toujours eu aimé chanter, faire voler ma voix dans l'air, la façonner comme une sculpture, ce soir là fut comme un éblouissement de moi-même. J'ai découvert que moi aussi, je pouvais, et cela s'inscrit dans la longue ligne de la reconnaissance de ce que je suis, dans la révélation de mes talents, de mes qualités, de ce que je peux faire, et faire bien. Ici, une des mes nouvelles passions qui s'était petit à petit éveillée durant plusieurs mois à pris son envol.


Mais il n'y a pas eu que cela, et bien que ceci soit la cause première de la valeur de ce jour, cette dernière ne s'est pas forgée que par moi. Apprendre à m'accepter et m'offrir ma propre reconnaissance est la chose la plus longue et difficile que j'ai accomplis dans ma vie, et cela n'est pas encore fini.



Il y a eu aussi l'échange, le mélange, l'ivresse de l'assemblement des paroles et des âmes, la cause même de mon existence, l'une des seules choses pour lesquelles je vibre, dont je me saoule avec délice et gourmandise. L'admiration de la beauté, la découverte d'autres horizons, d'autres contours d'esprit et de façon d'envisager ce qui nous entoure, encore et encore, mon cÅ?ur ne bat que pour cela. Et ceci, je ne peux l'écrire, mais je sens sur mon plexus, bien ancré dans le chakra du cÅ?ur, une radiance qui pulse, qui chauffe, qui me rappelle combien j'ai pu confronter mes paysages à d'autres ce soir là , et combien j'en suis aujourd'hui grandis, et remplis.


Vais-je me lancer dans cette description là  ? Raconter comment j'ai été transporté par les notes, planant doucement dans l'air des guitares, vu, discuté et écouté avidement des personnes du double de mon propre âge, voire du triple ? A vous d'imaginer ce que ce fut, aussi beau et intense que possible. A vous d'imaginer cette fille, faite d'autres terres, d'autres rivages, chantant de sa voix de miel des chansons que nous ne pouvons comprendre mais dont la signification nous touche au cÅ?ur, tellement évidente. Et cette autre, éblouissante, éclatante comme une gemme noire, forgée dans l'éclat de la nuit et de l'ombre, magnifique de beauté pure, transportée par le seul fait de tenir son instrument en ces mains. Encore une, discrète, invisibles, immobiles, qui en sait bien plus qu'elle ne veut le montrer. Un garçon, timide, gauche, hésitant et sans assurance, qui, quand on peut le voir sans sembler le voir, alors que tous sont partis, jouer et s'illustrer dans sa solitude, n'en est que plus attachant.



Encore une fois je vous conte ici tous les contours et les fils si précieux que les Dieux me donnent à boire jusqu'à la lie. Tâchez de vous souvenir, à défauts d'autres, que nos vies sont toutes des joyaux d'exception. Les yeux ouverts, on peut voir� bien plus.



mercredi 24 mai 2006

Retour en arrière.

J'avoue, mes humeurs ne sont plus autant créatrices qu'avant sur le plan de l'écriture. Je compense la brûlure ardente du manque par la douceur et l'envol de la musique et du chant, et par l'ivresse de l'art. Et de quelques courbes d'énergies qui me plaisent beaucoup, en ces temps ;) Qui sait...

Voici un texte antérieur à ce blog, que j'aprécie. Je fais de la récup', ouai. Je meuble.








Une vue en hauteur sur le monde d'en bas. De la pluie qui coule et lave les carreaux, emportant avec elle nos doutes et nos remords.














Pour moi, la plus grande qualité restera toujours la capacité d'observer. La plus grande qualité et le plaisir le plus immuable qui soit.








Se voir au travers des autres, et vice-versa. Je pourrai passer des heures sur un balcon dans Paris à regarder les passants, avec toujours autant de volupté. Comme un bonbon caramélisé qui craque sous la dent, une friandise éphémère, mais un paquet bien remplis.








J'aime lire leurs vies, leurs humeurs et leurs soucis sur leurs visages depuis mon perchoir en hauteur. M'en inventer certaines, peut-être même beaucoup, et imaginer ce qu'ils pensent, eux, immergés dans la bulle de nos ennuis quotidiens. Se laisser dériver, porté par le courant qui les emporte dans sa danse, et d'où certains ne seront jamais capables de revenir.








Mais il ne me suffit pas d'en en hauteur dans une ville pour pouvoir me détacher et apprécier un spectacle aussi agréable que la pièce que nous jouons tous les jours pour les Dieux. Et quand, parfois, je baisse la tête, ou je lève les yeux pour me perdre dans l'étendue du ciel, que je me détache de la conversation, de la bulle environnante, ça n'est pas par lassitude. C'est pour pouvoir retrouver un perchoir et m'extraire du cadre et du tableau. Comme un observateur immergé dans la toile, comme un espion qui joue l'acteur.











Voir les rires dans la peau des yeux qui se plisse, le pétillant dans l'intensité du regard, l'accomplissement dans la démarche et le but au loin, comme épingler sur le ciel, à l'horizon. Fermer les yeux et sentir les courants d'euphorie qui traversent les autres, comme des volutes de fumées, évanescentes, diaphanes, mais au brillant de la soie.








Et même en parlant, en faisant mine de mener la conversation, s'arrêter un instant et se regarder parler, tourner la tête et voir les oreilles attentives et les pensées qui s'assemblent, pour orienter une cascade de parole et une sphère d'échange toujours en mouvement.








Sortir juste un instant de nos turpitudes et de nos humeurs, de nos angoisses et de nos doutes, et regarder.








Et pourtant, la Déesse seule sait qu'elle ne m'a pas donnée toutes les chances pour voir. Mais voir au delà des yeux, déchirer la rétine pour créer un passage, arracher les paupières afin d'y voir clair, ça, j'en suis capable.














Et toujours cette soif de voir et d'observer, comme une dépendance et une piqûre si douce, comme la caresse de gants de velour.








Toujours voir et reculer, pour mieux élaguer le passage et prendre de la hauteur.

Une vue en hauteur sur le monde d'en bas. De la pluie qui coule et lave les carreaux, emportant avec elle nos doutes et nos remords.

Et en bas, tout en bas, la fourmilière de la vie qui s'étend toujours un peu plus...
















Ouvrons nos yeux.

jeudi 18 mai 2006

Explain the night to me, the pregnant Moon...

NOA








Voici une artiste que mes parents me faisaient écouter lorsque je n'étais qu'un tout petit prince-chat. Une chanteuse Israélienne, qui défend la paix et a parcourus le monde au travers de ses pérégrinations incessantes. Une femme emplie de lumière que j'admire presque comme une demi déesse tant sa voix me touche et me transperce, une véritable artiste, une voix pure et puissante. Les différents albums que je possèdent (je suis loin de les avoir tous) montre une véritable évolution avec l'âge et la réflexion, mais j'admire autant ce que j'ai déjà cité que l'éclectisme de la chanteuse, balades, chansons plus rythmées, chansons en anglais, français, espagnol, israélien (langues toutes maniées couramment, bien sur ;) ). Ah mes Dieux, qu'il m'a été donné de me sentir transporté et changé par ses chants, par ses paroles parfois aussi simples que profondes, par ses engagements et ses choix. Oui, de toujours, j'aime Noa comme une balise de lumière fixée à l'horizon.

Voici deux réflexions apportées à deux de ses chansons, dont le titre figure avant. Son point de vue sur la religion recoupe le miens, et l'autre chanson me fait voir mon âme de petit garçon aux longs cheveux bruns mains dans la mains avec un homme qui lui montre les étoiles. J'aime la sagesse en ces textes, les idées, le précieux.



"Home-Made Religion"

I once invented a little ritual for myself. It has to do with digital clocks and silent prayers, but it's my little secret so I can't disclose it (.. it is hidden in the lyrics of the song, though ). All I can say is that it's a lovely mixture of order and chaos. I realize we need symbols and rituals to help us stay focused on what's really important and iI respect all religions for supplying those rituals but I think our daily lives supply us with all the symbols we need in order to learn how to live. The stones and trees and animals, the evening news, every little thing is a lesson. All we need are opened eyes and hearts. That's my home-made religion.


"Explain the Night"

My father is a scientist who loved explaining things to me. As a child, the notion that everything could be explained was my security blanket . Then I grew up and realized that rationality is only a thin protective shield against the "â??truth" and the truth is that we have very limited answers. There's so much we just have to learn to accept. I think in seeking answers, we are so often simply asking for







Explain the Night



Explain the night to me
Explain the stars
Explain the way I feel
Explain the scars
Explain the outline of the trees against the sky
Explain the tangled words of love we can't untie


Explain the night to me
Explain the black
And how the light was lost
And how to get it back
Explain the rising of the waves to swallow sand
Explain how difficult it is to hold your hand


We are wrapped around our needing
In a drunken trance
Will you swing and sway me slowly
And pretend to dance
We are wrapped around our sorrow
In a strong embrace
And between your temple and your eye I hide my face


Explain the night to me
The pregnant moon
Explain the sudden urge
The empty room
Explain the way to blue
And all the space
Explain the makeup swiftly streaked across my face


Explain the night to me
Explain the past
Explain the thrill of love
And why it cannot last
Explain the rings that slowly spread across the lake
And how to someday learn to live with my mistakes


We are wrapped around our needing
In a drunken trance
Will you swing and sway me slowly
And pretend to dance



We are wrapped around our sorrow
In a strong embrace
And between your temple and your eye I hide my face..


mardi 16 mai 2006

Caprice [ Farewell ]



C'est à Beltane que changent les places, que muent et s'échangent les fils des trames, que les possibles se tissent, et qu'ils se portent parfois à notre regard.


Lors de Beltane, j'ai pu voir, voir au-delà de mes certitudes et de mes a priori, passer outre toutes mes pensées déjà rangées, solidement ancrée dans la pierre de mon esprit.


A Beltane, j'ai vu des changements en moi que je n'avais pas remarqué. J'ai vu mon évolution dans les chemins de l'art et les fruits de mon travail de longue haleine, et de longue date afin de me perfectionner dans l'art. J'ai vu les conséquences de la présence de mon nouveau mentor, et elles m'ont enchantées. J'ai pu entrevoir et toucher ce que je suis à présent, mes capacités nouvelles et les changements dans l'étendue de ma maîtrise. La maîtrise, c'est dans ce mot que l'art prend toute son envolée, toute sa pureté, son furieux chaos retenu et sa douce beauté, enchâssé dans du cristal évanescent. Car sans maîtrise, le pouvoir n'est rien, comme le dirait une publicité d'une affreuse stupidité (toutes les publicités le sont, c.f. Léa Silhol). C'est la maîtrise qui nous rapproche de l'absolu, de l'exact équilibre de puissance, et de contrôle.


Voici ce que je dois au Vieux, à mon maître. La maîtrise, la précision, la finesse, une nouvelle façon de voir les choses, d'utiliser mon énergie sans la perdre mais au contraire en la magnifiant, en la rendant encore plus artistique que lorsque je trace des courbes invisibles pour l'amour de la beauté qu'elles dégagent. Je commence doucement à connaître mes doses, à sentir du bout des doigts qu'une pincée de ceci ou de cela changera la donne et à pouvoir anticiper sur mes mélanges. Je lui dois la discrétion, la simplicité, et au final un contrôle plus grand que tout ce que j'aurai pu rêver. Même si le travail avec lui est parfois éreintant, ce n'est que durant de courtes périodes (ah, ces douces semaines sans dormir) et les résultats sont à la hauteur des efforts faits. J'aime notre relation, son lâcher prise feint sur moi, et comme dirait la Dame de la Joyeuse garde, il ne donne pas d'ordre, il conseille, il n'indique pas de direction, te pousse à suivre ton intuition, il ne te donne pas un chemin, il t'offre simplement le choix. Voila ce qui fait de lui un être cher à mes yeux, et toute ma gratitude ne suffirait à le remercier de s'être penché sur moi.


Ma foi elle aussi a suivit son chemin, et m'apporte ces fruits. Croire m'aide à grandir, croire n'est pas un choix, c'est une révélation. Croire m'aide à garder l'espoir et à suivre un chemin qui me plaît et me correspond. Croire m'aide à sentir certaines choses en moi, à travers et par moi, croire est une introspection qui finalement s'ouvre et se déverse sur l'univers.



Les temps changent, et qui sait, le sans équilibre semblerait bien en avoir enfin trouvé un, parmi les plus puissants qui soient.







dimanche 14 mai 2006

Cast the circle, Trice about...

... To keep the evil spirit out.



The Bramble Princess









She's moving forward, like a shadow in the night, or a thin outline in the opening made by trees. Her long hair has turned white, changed by time, plaited. It seems to undulate, to be doubled, as if it had its own intentions, ready to bite. She is wide-eyed, as in an expression fixed by a vertiginous terror. Her irises are silvery and reflecting an absent moon, in the darkness of the woods. She is wearing a long dress, painted by all the shades of grey, from the clear grey of the fog to the deep grey of the storm, drawling to the ground, used and threadbare by time. Blood has formed to her half-opened hands and has made a scarlet trail behind her. Brambles are winding around her arms, and pierce her diaphanous skin, her neck and form like a diadem on her head. Her round and crimson mouth opens and closes itself in a smothered whisper. But it is the wind which screams for her, howling a lethal lullaby, revealing her bewitching beauty.

It's the third time, that lost in the woods in the border of my village, she has come to me. People often sing their maledictions and spells, and some say that the one who will be lost in her forest and imprisoned in a circle made with her blood will see his life burned out, his body flayed alive.

I'm running, as fast as possible to flee his freezing spectrum and her lullaby, which attracts me, which tangles my thoughts. The wood brambles seem to be alive, and slash my face. Blood flows to my tongue with a pungent taste.

Trees are hiding the sky, to let only fine lunar rays pass, lightening the place where I've stopped to take a long breathe. There is a glade surrounded by bushes. Long thorny lianas slither around me, scratching my legs. I scream, surprised, and then, horrified again, seeing the reddish circle of blood on the ground.

Her face appears in the shadow of the wood, with a sardonic smile.

samedi 13 mai 2006

There is a fiction on my pages...

24/04/06

Sur Hans Zimmer.



Aux êtres éthérés.













Il y a peu, j'ai passé une journée chez ma sÅ?ur, comme souvent. Je me suis encore retrouvé dans une petite pièce exiguë, où un papier peint ancien recouvre encore les murs, jaunis et ridé par le temps. Je l'ai regardé tant de fois avec des yeux ternes et un teint blafard, grisé par l'alcool ou quelques autres drogues, imbibé de fatigue jusqu'à ne plus savoir quoi en faire, tant le sommeil n'est plus une échappatoire en ces heures là . Or, cette fois-ci, étant en pleine disposition de mon esprit, de mes yeux et de tous mes sens, je n'ai plus regardé ce papier peint, je l'ai contemplé comme un grimoire ancien, ou comme un manuscrit étant la preuve d'un sentiment qui m'habite depuis longtemps, parmi les plus forts que je recèle.


Cette peinture murale abîmée par le temps s'orne d'autres cicatrices que celles de l'usure, et d'autres choses à explorer du regard. Les restes d'une enfance. Des gribouillis, des desseins, les premiers mots de ma sÅ?ur à l'éveil de sa conscience de petite humaine. Des marques, des vestiges comme nous en laissons tous, perpétuant avec fierté l'un des plus grand dons des dieux reçu par notre espèce, la capacité de marquer, de laisser une trace, une empreinte de notre vécu, de notre existence, de nos peines, nos joies, de tous nos ressentiments. Le don de partage, de secret, de conserver nos savoirs et nos idées, de tâcher d'une parcelle de nos âmes la matière qui nous entoure, qui, même si elle ne durera pas (et là n'est pas son but), permettra de faire renaître des couleurs et des images à l'intérieur d'autres. Et sur ce mur s'étalent des nuées de traits, de courbes, réunies ensembles pour former des projections, reflets des anciennes chimères de son esprit éveillé et porté à la terre depuis, à l'époque, à peine quelques courtes années.


Des sirènes, agitant leur membre aquatique, ondulant dans des océans de crépit jaunâtre, enfermées par des traits, gravés dans la tapisserie par la rage et peut-être même des larmes, venant remplir de liquide la trame d'existence de ces petits personnages. Peu reconnaissables, certes, et non emprunts d'une grande beauté artistique, mais de la sincérité et de la simplicité dont sont fait les enfants. Des monstres, aux regards sensés être effrayants mais devenus comiques par une main juvénile tremblante de ses propres peurs, de ses terreurs intérieures. Des peaux écaillées, des yeux grands ouverts, et des dents longues et acérées, du moins il le semble, à moins qu'il ne s'agisse là d'une représentation déguisée de la tutelle parentale lors de ses grosses colères. Comment interpréter les dessins d'un enfant ? Chose difficile dans un contexte aussi vague et rétréci que celui d'un morceau de mur. Et pourtant, au milieu des lignes qui se chevauchent sans but ni raison, des cercles désireux d'être parfaits mais qui se fondent plus dans la ressemblance d'ovales ou de carrés, d'autres choses se détachent. Un mot, qui semblé répété à l'infini, symbole de son importance et de sa toute grandeur, qui anime de lui-même tout cet univers mural, ces sirènes pour la plupart inachevées et ces monstres guignols, dont on nourrit les enfants. Un seul mot. Onze lettres. 5 syllabes. Et en ceci un monument, porte, traverse d'autres cieux pour les enfants.



Abracadabra.



Le mot portant l'essence même de la magie en lui. Devenu égrégore de l'univers où les possibles se mêlent, transformé de la formule de guérison à l'emblème, au premier étendard des contrées de Magia, au récipient contenant les premiers sourires admiratifs et étonnés des enfants qui en découvrent l'absolu, le fantastique, le magique. La première formule, le premier catalyseur qu'hurlent les bambins en brandissant une baguette artisanale, faite d'une branche, d'un fil de fer, d'un crayon. Un mot porteur de toute une sphère à percer, à transpercer du regard, la première passion de quelques-unes de ces miniatures animées qui sont notre futur.


A la lecture de ce mot, à voir la façon dont il était écrit avec soin, comme le temple qu'il est dans l'esprit des enfants, entrelacé parmi les sirènes et un univers féerique et monstrueux, brodé des prémices d'une trame qui ne s'en séparera jamais dans le papier peint, je me suis égaré, les yeux voilé, mais cette fois-ci, grisés de l'ivresse vertigineuse des souvenirs. Je me suis revu, dessinant des croques mitaines, les attendant sous mon lit, priant des dieux, appelant des fées, courant pour distancer le vent tout en le narguant, appelant la tempête et la pluie, l'orage et la brise. Introspection au début de ma passion, aux premières flammes d'un brasier dévorant, à la découverte du monde de la magie. Tailler des branches pour en faire des baguettes ou des bâtons de magicien, cueillant des fleurs afin de les disposer autour d'un lieu pour le protéger, louant des vertus aux plantes et aux couleurs élémentales. Classant mes billes sous l'égides de 4 plus grosses prénommées Air, Feu, Terre et Eau, et arborant des couleurs adéquates. Je me suis senti à nouveau dirigeant toute mon énergie dans mes mains pour comprendre et faire mienne la magie, tenter d'influencer les choses et les esprits, d'enchanter des objets, puis disposant mes premières bougies, cherchant et écoutant mes premiers fantômes, rêvant de mes premiers dons, voyant mes premiers adversaire, tremblant devant le Gardien du Seuil.


Ainsi en a-t-il été pour moi, et aussi pour ma sÅ?ur. C'est cela que j'ai vu dans ce mur marqué des souvenirs d'une enfance, des premières étincelles faites au contact d'un autre monde, d'une nouvelle frontière. Plus loin sur le mur, s'étalaient aussi quatre mots, écrits d'une main plus âgée, plus mure, d'une main qui tente, tant bien que mal, malgré son manque d'expérience et ses difficulté, d'obtenir maîtrise de bribes du monde qu'elle explore. Classés de haut en bas, ils m'ont fait rire, rire de joie, arrachant à mes yeux des plis de lumières. Classés en commençant par le plus important, le plus adéquat pour la fille qu'elle était : Feu, Eau, Terre, Air. Et j'ai souri de plus belle, me souvenant que mon ordre à moi commençait par un autre élément, celui qui m'était le plus cher.


Aujourd'hui, je contemple la femme qu'elle est, imposante et majestueuse à ses heures, fille des flammes et porteuse de braises. Et devant ce tableau étincelant de vérité comme ne peut l'être que celui d'un enfant, une vérité s'ancre encore plus profondément dans mon âme.


Quelques soit les noms que l'ont nous a donné et que l'on nous donnera, qu'ils soient ceux de Mages, de Magiciens, Magiciennes, Sorciers, Sorcières, Marabouts et même fous, nous sommes venus sur cette terre que par, pour et pétris de notre voie. Nous n'avons pas choisi d'être les porteurs d'un savoir d'ombre, d'être les gardiens des portes qui se dressent de par notre plan d'existence, d'être ceux qui façonnent, qui percent les mondes oniriques, recueillant en leur mains les pouvoirs invisibles et supportant sur leurs dos les fardeaux qui vont de paire au dons. Nous ne sommes ni plus ni moins que quelques éléments nécessaires à un équilibre dont notre but, au final, est de maintenir, quoi qu'il nous en coûte. Et si nos consciences vont plus haut, si nos yeux voient plus loin, si nos âmes sont plus lumineuses, nous nous aveuglons bien plus que ceux qui ne savent pas traverser les possibles, nous pouvons être plus crédules, bien plus faibles et ténébreux.


Ainsi, nous sommes, de toujours, et de tout temps, ceux qui maintiennent la foi, ceux qui portent les anciennes croyances et les forces ancestrales et qui ont pour devoir de les faire évoluer, changer, s'adapter au monde et à son devenir.


Et ce texte pourrait en être une ode à mes frères et mes sÅ?urs, tant j'aime les diamants cachés en leurs âmes, leur force de roc ou leur faiblesse d'arbrisseau.




De toujours, nous serons. Et nous ne craindrons rien, car de tout temps nous renaîtrons, au-delà des portes des mondes.



lundi 1 mai 2006

It's time for Beltane Fires!



When the wheel begins to turn soon the Beltane fires will burn.



Joyeux Beltane à tous ;)




/!\ System failed /!\

Bonjour à tous!





Voici un simple billet pour vous prévenir de mon non-accès récent au web...

Les orages, c'est beau, mais pour les gens non précautionneux, ça n'est pas toujours un plaisir... Si vous vous demandez comment griller un modem, appelez moi!