mardi 27 juin 2006

Follow my dreams...


On m'a dit qu'une peinture colorée était un rêve qui s'exprime.






C'est surement le cas.

Peinture pour ma soeur.
Pour nos futurs.
Pour nos possibles...

vendredi 23 juin 2006

Mouth, le Conquérant!







Je ne pensais réellement pas y arriver un jour.

Déménager, 5 ans qu'on est là , 5 ans que chaque année ca revient sur le tapis. Pas une année de repis à savoir si l'on sera encore là demain. Ca aide à prendre de la distance et à vivre "au jour le jour" si l'on peut dire...

Voila, cette année c'est fait. Les cartons sont là , la chambre est vide est les murs ressemblent à de grands champs pelés par le silence. La chambre s'est faire impersonnelle, dénudée de tout ce qui la faisait mienne, car mienne, d'ici deux jour, elle ne sera plus. Elle ne l'est déjà plus.




En route pour l'aventure diraient certains, bonjour à l'inconnu diraient d'autres. Le résultat reste le même.

Le ventilateur souffle un vent inutile et la chair s'arrâche à s'éloigner d'elle même.

Avancer parmis les coquilles vides et tenter de remplir au moins un coquillage d'un son envoutant, et d'un sang mercuriel.

mercredi 21 juin 2006

Bye, sweet home...



Hier, j'ai célébré Litha, comme un bon petit magot que je suis, soucieux d'honorer ses Dieux et ses croyances.







Ce sera le dernier sabbat passé en ma maison, le dernier avant un nouveau début, un nouveau « quelque chose », qui pointe son nez dans votre vie sans prévenir, alors que vous êtes en train de vous dire que vous auriez du poser des tapettes anti-bouleversement sur votre chemin.


Mais au-delà du voyage initiatique qui m'a ouvert de nouvelles porte et révélé bien des secrets de magie à l'oreille, j'ai du accomplir ce devait l'être fait.



"Fais ce que tu dois faire"



Une maison sans meubles n'en est déjà plus une. Une maison de magot, sans ce qui fait son essence et sa force, sans le tout qui la compose, est comme une fleur qui se fane. Une aquarelle jaunie par le temps. Alors j'ai du relever mes manches et creuser profond pour couper les racines de la coque de béton, de bois et de plastique qui m'a accueilli durant 5 années. Ce ne fut pas facile, et j'ai du salir mes mains, et épuiser mes forces. Mais c'était nécessaire. De même qu'une personne qui protège la vie ne peut laisser agoniser quelqu'un, même s'il faut abréger ses souffrances, un magot ne peut laisser sa maison, sa création en laquelle une partie de son âme réside, la garante de sa quiétude et sa gardienne impassible dépérir.

J'ai ainsi coupé les racines, détruit les branches, et brûlé la ramure. Des cendres se sont déposées sur la terre, porteuses d'un espoir. Du côté de ce voile ou de l'autre, si quelque chose de si solide et prospère fut construit ici, autre chose repoussera, dans l'infinité des possibles, cela s'est inscrit, car c'est aussi ce que Litha représente. L'espoir, la renaissance de ce que l'on croyait perdu, la force. En accomplissant ceci à Litha, je m'assure de ne pas couper un fil, de garder son essence pour en faire renaître un.

Bien sur, j'ai du combattre et imposer ma volonté. Une création, si elles est bien faite, ne laissera jamais son maître abréger ses jours, ou du moins, si elle a prit de lui un côté revêche indispensable à une survie quelconque. J'ai confié la maison à un arbre, en bas du chemin, qui en sera le gardien et le protecteur. Autant de l'extérieur que d'elle-même, une maison magotte lâchée dans la nature n'est pas à souhaiter pour les voisins.

Puis, remerciant l'arbre et la générosité ancestrale des végétaux, j'ai doucement détaché trois feuilles d'une branche. Une pour les ombres du livre, une seconde que j'ai brûlée et dont j'ai dispersé les cendres pour imager la renaissance, et la troisième, rameau indispensable à un nouveau départ, que je garde précieusement en mon cÅ?ur.


Cela peut paraître futile, mais oui, enterrer ma maison fut dur. Car ce n'est pas qu'elle que j'ai portée en terre, ce sont des années d'émotions ancrées dans les murs, de joie, de tristesse, et bien que je n'ai pas pu tout enlever, et qu'il reste encore des traces de mon passage, tout ceci à marqué pour moi la fin d'une ère. La fin de ma vie ici, de mon quotidien, dans ses plaisirs et ses souffrances. J'ai laissé dériver devant mes yeux des lambeaux de souvenirs, de sourires, de rires et de pleurs partagés. Des discutions enfouies dans le secret d'une couette, et tant d'autres choses qui restent marquées dans mon âme.



Et bien que la mélancolie m'ai traversée, faisant venir aux rivages de mes yeux des eaux amères, une Dame Renarde s'est chargée de divertir un Prince-Chat bien peiné, au soir où la nature est à son apogée. Et de lui faire oublier, pour quelques instants, un poid qui n'était que passager, qui laisse aujourd'hui place à l'espoir à la l'excitation de la découverte.



De toujours, je n'ai pas de terres, où les possède toutes. Je suis un voyageur, ou un prince.




Et dans la tempête et le bruit,
La clarté reparaît grandie�

[ Victor Hugo ]



mardi 20 juin 2006

Becky Walters....






Pas pu m'en empêcher... c'est trop bon...

Dispo sur www.youtube.com

Youpi :p







Il existe sur cette bonne vieille terre toute râpée par nos sales papattes mais néanmoins encore en état de fonctionner quelques petites choses qui procurent un plaisir immense.

Par exemple, savoir que l'obtention de votre code va vous permettre de mettre les voiles pour Paris retrouver des amis, avec d'autres amis.

Il est ainsi des jours où l'on se sent la légereté du collibri naissant et dépliant ses ailes ^^ Ou de la feuille portée par le vent, de la facture de téléphone trop chère jetée par la fenêtre ballotée au gré du vent, et j'en passe...

Je vous annonce aussi que mon prochain article sera sur mes voies, mais qu'ensuite un trou risque de se glisser dans mon blog. Je quitte les comptées ardéchoises pour la Haute-savoie et Thonon, et je n'aurai malheureusement plus mon cher, tendre et fidèle ordinateur, qui sera lui entassé dans un garde meuble, honteux, que dis-je, insultant.

samedi 17 juin 2006

Il est né le divin enfant...


... Fêtons tous son avènement!






Eh oui, les plus observateurs d'entre vous auront aperçu un nouveau lien, là , en bas, à droite.

Il s'agit de Vertige, le petit frère de Seuil, qui vient juste de naître. Merci beaucoup à Mini pour m'avoir encore une fois aidé dans tout ce qui est "<lan-gag-E 1_for-mat-iK>" et "</wou-èbe créa-ti_on>" et même si Seuil est fâché avec cette saloperie de Firefox, moi je l'aime quand même de tout mon coeur.

Vous pouvez donc vous rendre sur vertige en empruntant ce lien, et regarder la continuité de Seuil, sous différents aspects, vu que je ne peux pas tout mettre sur ce blog. Il est possible que vous y retrouviez certaines similitudes.

A bientôt sur la toile ;)

vendredi 16 juin 2006

L'étrange moment de Monsieur Thominou...



L'étrange moment.







Il existe des moments forts étranges. Nous en vivons tous. Vous savez bien, ces instants teintés d'une couleur indéfinie qui semblent vous vriller la tête et vous faire perdre pied. Eh bien, de l'autre côté du miroir, derrière le voile, d'autres instants étranges peuvent venir à nous. Avec un châle de silence posé sur leurs épaules, une couronne de sarments secs de solitude, et un sourire dont vous ne saurez jamais s'il est bienveillant ou menaçant, même si cette question vous tiraillera tout au long de votre existence.

Il se peut alors que cet instant soit un instant d'été, lorsque les fortes chaleurs n'annoncent, par un air bien trop sec pour le rester encore, qu'un orage éclatant ou une pluie fine, dont les gouttes viendront s'évaporer sur le sol calciné. Peut-être que, par le plus grand des hasard, cette fois-ci il s'agisse de la pluie, qui soit arrivée, variable dans l'écheveau du temps, et que celle-ci aie déposée dans l'air cette forte odeur d'humidité, d'herbe sèche et détrempée. Odeur que nous connaissons tous pour l'avoir sentis enfants, alors que nous dormions paisiblement, nos fenêtres ouvertes, comme une invitation aux saveurs de la nuit. Et si, toujours par hasard, vous vous êtes sentis attiré par cette odeur, ou par le frisson d'une nature étouffée par la chaleur qui retrouve un peu d'eau, alors vous n'avez plus eu qu'une seule idée en tête, résonnant dans votre esprit : vous faufiler dehors, à la manière d'un chat, pour grappiller quelques instants nocturnes. Vous n'avez pas, comme tant le font, rejeté cette idée comme une folie car, Ã? Grands Dieux, sortir dehors par une heure si tardive n'est point de convenance ? Grand bien vous en a fait, car vous avez pu assister à un spectacle que la nature garde jalousement, et qu'il lui faut arracher, prenant son courage à deux mains pour ne pas en être effrayé.

Mû par cet instinct primaire de vous évader de vos murs, vous avez sauté dans vos habits, légers par ce temps, pour faire coulisser la porte et enfin vous saouler de l'odeur de l'air. A la façon d'un automate, vous ne l'avez pas refermée, qu'importe ? Lorsque le temps s'arrête, les protections sont aussi vaines que les armes. Alors, enfilant vos chaussures oubliées dans un coin d'herbe, à côté du tapis, vous vous êtes éloignés, comme aspirés par un tourbillon de nuit. Les odeurs des arbres vous parviennent bien plus fortes, de sorte que vous pourriez dénombrer leurs sortes. L'herbe, elle aussi, est comme un tapis de senteurs qui vous lèchent les pieds, et vous glissez, évoluant avec délectation, dans le cocon de soie d'obscurité qui s'est ouvert à vous. Mais, alors, sortant de votre allée, vous avez compris que rien ne vous était offert, si ce n'est la main squelettique et ancienne d'un de ces moments étranges, qui vous a tiré hors de chez vous. Vous vous retournez, regardant autour de vous, mais rien dans votre vision ne pourrait confirmer ce que votre esprit, lui, sent de toute sa force. Les bruits de vie se sont tus, les voitures ont fait taire leur grondement de bêtes terribles, et même les animaux semblent s'inquiéter, comme vous, d'un silence trop grand pour être naturel. C'est alors, que, si vous avez quelques sciences, et quelque flair suffisamment fin pour percevoir la magie de certains lieux, vous savez, d'une manière vertigineuse, que le temps vient de s'arrêter.

La musique des aiguilles, qui rythme et fait battre l'univers s'est éteinte, et c'est avec elle qu'est arrivée le silence, du plus profond qu'il soit, car vous savez qu'il ne s'agit pas d'un silence de sons, mais du silence abyssal de l'arrêt du monde. Vous regardez autour de vous pour voir un paysage fixé, qui n'est en rien changé, tout juste entré en stase. Les minutes ne défilent plus, ne se déversent plus dans les heures qui ne vont plus se jeter dans l'océan des jours. Quel spectacle étonnant, vous dites-vous, alors que, apeuré par cet environnement que vous n'avez jamais approché, vous osez quelques pas en territoire inconnu. Puis, une ivresse étrange vous emporte, celle d'avoir joué la nature, de vous être immiscé avec fourberie dans cette brèche du temps, où les Dieux même semblent s'être enfuis du monde. Vos pas sont néanmoins calmes et posés, calculés, réfléchis. Qui oserait l'imprudence alors qu'il foule de ses pas des terres immobiles ?

Doucement, avec patience et curiosité, vous pénétrez plus loin, regardant le ciel brumeux et les restes de pluie qui bordent la route. Les maisons sont fermées, et les rires des repas se sont tous arrêtés. Vous marchez encore, jusqu'au bout de cette rue, qui, à présent, n'a plus l'avantage d'avoir une fin, car celle-ci sera immuable, comme le reste de ce qui vous entoure, inchangé, figé. Vous vous questionnez, pourquoi diable vivez vous cela ? Quel enseignement en retirer ? Mais la question n'est plus de fait car le destin lui-même s'est endormi. Vous êtes un fil échappé de l'ouvrage, seul.

Comme elle vous avez poussé à vous sauver de chez vous, la main de l'étrange moment revient appuyer sur votre épaule. Un appui frêle, qui signifie qu'il est temps de retourner en arrière. Vous remontez la rue, du même pas que celui avec lequel vous l'avez descendu, car vous avez connaissance des anciennes règles, celles qui disent qu'en terre de magie, le pas avec lequel on marche est aussi important que l'endroit où l'on se rend. Votre esprit ne cherche plus, car il sent l'aiguille du temps vibrer, cherchant à reprendre son cours éternel. Alors que vous marchez dans l'allée qui mène à votre maison, vous repassez la porte que vous n'aviez pas vue. Et, quelques mètres plus loin, un chat fait un bond dans les herbes, miaulant de colère contre celui qui l'a dérangé, et une voiture blanche remonte la rue que vous venez de parcourir, sous d'autres cieux déjà , vous paraît-il.

Les marches de l'escalier résonnent au son des première gouttes, et la pluie reprend son Å?uvre, glissant sur votre peau. Vous rentrez, refermez la porte sans apercevoir l'étrange moment, qui s'est enfuis comme il est arrivé, étrangement. Votre chambre vous attend, et vous sortez votre plume, car vos veines sont d'encre et votre cÅ?ur emplis de pages jaunies. Vous narrez ce qui vient de vous arriver, et les dérives de votre jeune esprit. Vous n'en savez pas plus, vous n'avez rien compris ce soir, quant à ce que vous êtes et à votre devenir. Vous vous caressez alors la joue de votre plume, d'un geste nonchalant, et un rire vient résonner dans le quartier, un rire qui décidément, ce soir, n'a rien compri



mercredi 14 juin 2006

Lost in desolation.


Dans la bouche de certains, la description des troubles qui me hantent serait simpliste et limpide : je fais des cauchemars.






Facile, me dirai vous. J'approuve, trop facile. Je suis plongé en ces temps dans la partie sombre des rêves, qui ne peut être oubliée ni dissociée du reste, comme une ténébreuse jumelle qui se glisse derrière vous, toujours présente.


Un cycle de quatre rêves où des êtres qui étaient tout sauf humains me trompaient s'est terminé. Lors du premier, je n'ai rien su faire et suis resté interdit. Lors du second, j'ai tremblé de peur en tombant dans des filets tendus à mon encontre. Le troisième a vu poindre ma première réaction, le retour de mon sang froid, la réflexion et la concentration. La quatrième s'est soldé par une décapitation pure et dure. Mes rêves sont sombres ces temps-ci, oui, mais par eux j'ai appris. Appris que je pouvais, par ma volonté, changer même ces mondes là . Prendre le dessus, être ce que je suis.

Mais ça n'est pas pour autant que Donald Duck s'est immiscé dans mon esprit la nuit dernière et que nous avons dansé (la polka) toute la nuit, un verre de champagne à la main. Loin de là .

J'ai vu des pierres, des ruines anciennes, grises et bleutées, dans une forêt. Un grand carré de pierre encastré dans la terre avec une dalle en son centre, gravé. J'ai tenté d'enfoncer la dalle tant bien que mal, brûlant avec mon énergie les vermines grimpant ou rampant le long de mes bras et de mes mains alors que je tentais de passer outre la dale. Je sais qu'un livre, ou un coffre y est caché. Une dalle mortuaire, un grimoire ancien. Il m'a fallut suivre les informations d'une Dame Renarde pour y arriver. Je sais que je n'y suis pas partis seul, mais que je suis le seul à y être arrivé. Encore un des trésors que l'astral nous réserve, du moins à ceux qui savent les trouver, et passer outre les pièges et les protections qui y sont attenants.



Des arbres au feuillage rare mais comme aquatique, presque certis d'argent. Des pierres ancestrales et immuables. Une terre bleutée, des feuilles qui la tapissent. Dans les Cour d'ombre se cachent de bien étranges lieux.



Session 2006



Bac de Français



















Et ceux qui vous diront qu'ici sont épinglés des mensonges vous mentent.:)

jeudi 8 juin 2006

Qu'on lui coupe!

Ah....

Oh...

Hum...








Et bien la voila, c'est elle! La pécheresse, la perfide et nauséabonde maîtresse de mes jours, qui ravît mes écrits à ce blog, cette petite partie de la toile.

Et oui, que voulez vous. Non pas que l'inspiration ne soit plus au rendez-vous, mais elle s'est faite autre, et ces temps-ci, elle se chante sur des mélodies jouées ( tant bien que mal ) sur cette jeune créature de faible rang.

Non pas que je n'écrive plus, oh... loin, loin de là , bien sur que non, jamais ;) Cela dit vous transcrire des chansons serait vain, une chanson est une émotion sublimée par la musique et par le chant, un texte une émotion sublimée par les mots. Et comme je ne peux chanter sur internet, d'ailleurs loin de moi cette idée, vous devrez, à moins de me surprendre caché à tenter de passer ces foutus barrés ou accords de septième, faire preuve de patience.

:)

samedi 3 juin 2006

Flash


Voici des écrits de plomb datant de quelques temps déjà . Ils n'ont trouvé leur sens que par un vécu récent. C'est ainsi que le plomb devient or, et que la signification se greffe sur des paroles qui n'auraient pas du couler trop tôt.

28/04/06

23h38








Every memory of looking out the back door
I had the photo album spread out on my bedroom floor
It's hard to say
It's time to say it
Goodbye, Goodbye
Every memory of walking out the front door
I found the photo of the friends that I was looking for



Le rebord de la fenêtre de la salle de bain. Une cigarette, une de plus parmi les jours qui défilent. Rien de plus différent qu'un autre soir, qu'un autre mois, et peut-être que d'une autre année qui viendra, ou qui s'est déjà passée, sous d'autres cieux. Et pourtant, il y a tant de choses qui font de ce moment passé un moment qui fut unique, seul à briller dans un ciel déjà plein à craquer sous un angle, ou immensément vide vu d'un autre. Le voûte de mes souvenirs, de mes mémoires, de tout ce qui est resté gravé en moi depuis le commencement de mon existence présente. Elle s'étale, immense, dans un maelstrom de points immaculés et brillants, chacun étant un moment précis, un filament de mémoire. Mais alors, si l'on se retourne comme pour chasser l'ombre qui se glisse derrière nous, terrifiée du néant comme de la seule chose pouvant l'arracher à son existence, on aperçoit un petit regroupement de points sur la toile, une poignée, une minuscule réunion qui n'a d'égal dans l'infimité que le ridicule de l'espace qu'elle occupe. Tant de places vides, de moments absents, fibres d'une vacuité vertigineuse. Ainsi, tous les possibles qui n'ont croisé ma route ne se sont pas encore inscrits, gravés dans ma mémoire, dans mes mémoires.

Ce moment possède une place. Et c'est en cela que ce moment trouve son unicité et son essence. J'ai sentis la mélodie et les paroles glisser dans mon esprit pour aller toucher au fond de mon âme, libérant des torrents glacés de mélancolie. Des paroles, des promesses, des images et des odeurs libérées par un vieil album photo. Je n'ai pas le mien sous les yeux, mais il n'est, comme le reste, qu'un point d'ancrage matériel aux méandres de mon esprit. Et c'est là , nu d'un regard sur le passé, je remonte le temps. Je pense à ceux que je vais laisser, et qui resterons comme une petite déchirure supplémentaire dans mon âme à tout jamais. Ceux qui m'ont été arrachés par un train à Paris, et celui que j'ai laissé filer des larmes de glace plein le cÅ?ur, réchauffées par un bonbon au caramel tendu par une dame Renarde, même si « Ã§a ne te consolera pas trop ». Et à ceux que j'ai déjà laissé, pas si loin d'ici, à 1 kilomètre à peine, à nos derniers jours de groupe, de troupe, aux derniers moments où l'on sent les fils se serrer plus fort que jamais avant de s'éloigner petit à petit les uns des autres. Certains le sentent, je le sens. Puis, encore plus tôt, devant un collège, démarrant dans un 4x4 vert sombre au pare brise sable et à la radio hurlant des blagues, des anecdotes et des histoires politiques qui glissaient sur moi, alors que je pouvais regarder le visage de ceux qui avaient à ce point embrumés ma vie de parcelles colorés s'éloigner, sentant encore une fois les fils s'échapper de mes mains, de la natte contenant, en son centre, le miens. Puis, une autre fois, une autre vie, dans ma toute jeunesse, à des moments de joie et de lumière, à deux personnes serrées dans mes bras, hurlant de rire en montrant leurs sourires édentés mais si teinté de joie.

J'ai aussi repensé à ceux que j'ai quitté sans les avoir réellement connus, à cette prof de math, pour qui j'étais un soleil bien que sa matière me repousse aujourd'hui, au garçon timide, passionné par les requins, qui nageait avec moi, à cet autre garçon, m'sieur Vinc', déchiré mais fort par-dessus tout. A la fille qui hurlait au dalmatien vert, et au petit garçon des rêves, trop vite tombé entre mes griffes.

Tout ça m'a touché, ma déchiré de nostalgie et de souvenirs. J'ai tremblé, tirant sur ma cigarette, cherchant un apaisement qu'elle n'aurait su me donner. J'ai repassé en boucle tant d'images, des bougies en cercle dans un cabanon de jardin, des dizaines d'enfants nous courant après, des poules et des pétards, une fille et le retour des mini jupes l'été prochain, deux mecs et des gamelles en snowboard comme jamais vu. Et j'ai pensé à mes souvenirs présents, un église vibrant au son d'une cornemuse, ma sÅ?ur et moi dans un chant aux étoiles, mes amis allongés dans des pièces enfumées, des courses dans la nuit sans chaussures, à un rituel entourés de frères et de l'ombre de morts torturés, et tant d'autres chosesâ?¦

Et soudain, la glace s'est rompue, mais au lieu d'émettre un craquement sinistre, elle a prit la forme d'un sourire immense. J'ai transformé le triste en heureux, les torrents glacés en fontaines de soleil. J'ai repensé à tous ces moments, tous ces lieux, ces jours, ces endroits, ces situations pleines de vie, qui m'ont forgé, qui on façonné mon être, déterminé mes choix, mes dires et mes pensées. Je loue le ciel et la Déesse de mes rencontres, de mes échanges, de mes partages encore et toujours intenses, de m'accorder à tout jamais la seule chose qui m'anime, qui me fait vivre et me pousse à avancer, encore.

Et même si rien ne dure jamais, ni l'amour, ni l'amitié, ni les croisements des fils de nos destins, il reste toujours des marques, des traces, des monticules de petites pierres incassables sur l'autel de notre vie, de grandes colonnes de cristal ou d'obsidiennes.

Et au fond, toujours la même vérité, des miettes de pain sur un chemin, ou une cigarette encore allumée sur un rebord de fenêtre�



Oh, j'oubliais, sur ce fond de retour en arrière... Présentement, j'ai 17 ans aujourd'hui. Un pas de plus. Va falloir changer de chausses, elles s'usent.