mardi 31 octobre 2006

Samhain delentscë







Et levant, vous serez aussi frêles que nourrissons
Dépourvus de force dont targuez



Après vous être nourris, coulera dans vos veines sang neuf,
Et pouvoir, essence lunaire et mercurielle



Alors relèverez, prêt à revêtir nouvelles parures
Pour un nouveau cycle qu'accorde, enfants



Puis célèbrerez, conscients et rieurs
Des ombres dansant autour de vous



Et dormirez, pour aller vous confondre la lune
Dans vos rêves délacer cheveux de vieille



jeudi 26 octobre 2006

Le temps a tourné.


Je n'ai pas vraiment fait mes devoirs.

Ni véritablement préparé mes affaires.

Je n'ai pas non plus pensé mon départ.

Encore moins fais des aurevoirs signifiants.

Je n'ai pas planifié grand chose, pour ainsi dire rien.

J'irai peut-être en Teuf. Surement en Concert.

Certainement voir des amis.

Et de façon complétement sure, avec des gens que j'aime.






Je vis encore.

dimanche 22 octobre 2006

From the top of the mountain







Copyright




Il y a des nuits qui veulent tout dire.

Des nuits où le temps se contracte sur lui même pour mieux nous prendre dans ses anneaux.
Il semble qu'il susurre : tu ne partira pas avant d'avoir appris ta leçon.
Et parfois il est bon maître.

Et c'est en fixant les lumières, comme des déchirures immobiles dans le néant de la nuit, que j'ai compris que sortir la tête de l'eau n'est pas suffisant. Il faut s'élancer et voler jusqu'à arracher un rayon de lune. Les rochers sous les pieds et des étincelles dans le coeur. Je cois que maintenant, certaines choses sont sures, que j'ai appris à les agripper et à les coller en moi pour ne plus jamais les laisser s'échapper.
Et on s'est dit qu'on allait vivre nos rêves. Peut-être. Non. C'est sur.





Bjork
Hyperballad




We live on a mountain
Right at the top
Theres a beautiful view
From the top of the mountain
Every morning I walk towards the edge
And throw little things off
Like car-parts, bottles and cutlery
Or whatever I find lying around
Its become a habit
A way to start the day


I go through all this
Before you wake up
So I can feel happier
To be safe up here with you


I go through all this
Before you wake up
So I can feel happier
To be safe up here with you


Its real early morning
No-one is awake
Im back at my cliff
Still throwing things off
I listen to the sounds they make
On their way down
I follow with my eyes til they crash
Imagine what my body would sound like
Slamming against those rocks
When it lands
Will my eyes
Be closed or open?


I go through all this
Before you wake up
So I can feel happier
To be safe up here with you


I go through all this
Before you wake up
So I can feel happier
To be safe up here with you


I go through all this
Before you wake up
So I can feel happier
To be safe up here with you


Safe up ( here with you ) ...



jeudi 19 octobre 2006

Démarre, vieux roublard.



A toi, que j'ai rencontré l'été dernier, après avoir ressentis les premiers embruns parasites d'une aile noire voilant ma raison. J'étais pris dans trop de vents pour m'en défaire, étouffé par trop de voix pour savoir laquelle écouter. Et tu m'es apparu, dans mon sommeil. Ceux qui me veillaient m'ont entendus te parler, et j'ai gardé de cette nuit le souvenir opiacé de la première de ces longues parlottes.
A toi qui m'as défait du faux ange.


A toi, qui m'a marqué comme un de ses "appreneurs", car tels étaient tes mots. A toi qui m'a sauvé par trois fois, et rendus à moi même. Sauvé de la souillure, sauvé de la lame, et sauvé de ma propre menace.
Toi qu'il m'a parût connaître depuis toujours. Toi qui a posé ta main sur mon épaule, après que celle qui est devenue depuis ma soeur, marquée de ta griffe, m'aie annoncé ta volonté, que je soupçonnait, car on l'entendait murmurer dans les vents des terres astrales, où il n'est d'honneur que ce qui veut être secret. Tu m'étais apparus bien avant, farceur et jongleur d'apparences que tu es, toi, le maître d'arme, qui m'attendais, munis de son bâton, au creux de mes errances. Et c'est peut-être aussi cela qui t'a plu chez nous, nos farces, nos sourires en cisaille, dont on ne sait quoi penser. Nos regards tranchants, notre goût pour les intrigues et pour les illusions, qui ont faillis nous perdre.


Tu m'as d'abord volé pour mieux m'apprendre. Et c'est ainsi, qu'estropié, j'ai commencé mon apprentissage. Je me souviens de la saveur amère des nuits d'entraînement, des nuits de missions étranges, dont je ne me souvenais que par bribes, mais qui, et c'est bien vrai, avaient cette odeur particulière, au petit matin. Je me souviens des semaines sans véritable sommeil, des choses si importantes que tu ne pouvais me les dire, mais que je devinais, encore à moitié dans l'autre monde le jour, attendant de replonger avec toi.


Nous étions une famille, oui, à trois. Pour moi un guide, pour ma soeur un compagnon, avec ces sourires de dureté partagée. Nous avons parcourus certaines terres, marqués certains lieux qui se souviennent encore de nous, et trouvé des trésors que tu t'es empressé d'avaler dans ton mystère.


Puis tu m'as mené jusqu'à Elle. Elle qui sera ce que tu ne sera plus. Elle, la nouvelle gardienne, que nous suivrons, pour ton souvenir, et pour ce qui, en elle, coulera de toi. Alors que j'ai lus les mots de ma sÅ?ur, mes yeux se sont embués de larmes. Parce qu'aujourd'hui, je t'ai prié, et je t'ai vu, pour la dernière fois parmi nous, et je le sais à présent. J'ai vu ta peau trop parcheminée et tes yeux presque disparus sous ton âge. Je t'ai vu, dénué de ce qui te faisait pourtant, vierge de cette malice et de cette force. Et j'ai posé mon pouce sur ton front, pour ne plus te retenir, pour te laisser t'en aller, le Vieux, comme tu le faisais toujours pour m'apaiser, lorsque mon esprit hurlait trop fort.


Va, maître d'arme, Vieux, ou quelques soient les noms que ton existence si longue t'as donné. Soit libéré de tes poids, des chaînes de tes devoirs, qui t'ont pesés. Puisses tu garder un Å?il sur nous, tes presque enfants, qui continueront de garder jalousement, mais point de trop, comme tu savais l'être avec les leçons, le savoir que tu nous as donné.


Et j'ai comme envie de pleurer de ta dernière farce, de nous apparaître à tous deux en ce jour, et de nous surprendre encore de l'aisance avec laquelle tu sais tourner et emmêler les fils.


Dors, enfin, toi qui n'a eu de cesse de te faire maître du sommeil. Puisse tu succomber à ses douceurs, et avoir enfin la tranquillité que ta tâche ne t'as jamais donné.


Je ne te le dirai point, car il n'y a pas de merci. Il n'y a que des allégeances. Je te jure allégeance éternelle, et puisses-tu en rire, avant de t'en aller.



lundi 16 octobre 2006

The Song of Muzak *-*








Il y a des fois où je ne me sens plus assez fort. Plus assez grand. Plus assez sur de moi. Plus assez malin pour éviter les pièges. Il y a des fois où je voudrai pouvoir me mettre à l'abri. Me cacher, doucement, et laisse couler quelques larmes en sachant que plus personne ne peut m'atteindre. M'enfermer de tristesse et me laisser aller, m'isoler du monde, délaisser mes quêtes et mes valeurs, arrêter de vouloir et de me battre contre tout ce que je ne changerai que peu et juste faire face à moi même.


Avant ils étaient là . Ils étaient ma protection, ma muraille, un rempart imparable que personne n'osait franchir, car c'était pour moi qu'ils se faisaient obstacles, et que c'était moi qu'ils protégeaient. C'était peut-être en ça que j'étais à part, alors. J'avais des gens pour veiller sur moi, des gens qui, parce que c'était moi, étaient capables de se mettre en avant, de me couvrir de leurs regards et de leurs voix, de me laisser le temps qu'il me fallait.


Ils l'ont toujours su, que mes épaules n'étaient pas aussi grandes que ce que je voulais qu'elles soient, et que parfois je cédais trop sous mes poids. Que dans ces moments j'haïssais ma tête, je détestais mes pensées. Que je voulais juste pouvoir couler, larmoyant et tranquille, et m'étendre dans une mer de sanglots, avant de lever des yeux neufs sur le ciel. Ils me laissaient m'en aller tout seul, n'importe où, mais je savais toujours que dans ce n'importe où, nul indésirable ne serai venu, car ils étaient là .


Ils me manquent tellement, les gens de mon coeur. Ils me manquent pour pouvoir me verser sur leurs épaules comme je l'ai tant fait, il me manque tant ce retour d'affection, où je pouvais me taire, où je pouvais ne plus rire, ni crier, dans lequel je pouvais me blottir et regarder. Ce moment où je consentais enfin à poser mes tâches par terre et les piétiner. Cet instant où je n'étais plus rien, qu'un amas de pensées vierges posé en boule entre leurs corps.


Et je crois qu'à chaque fois que j'aurai envie de pleurer, je penserai à ce bouclier qu'ils étaient autour de moi. Cette sagesse qu'ils ont toujours eu de voir l'enfant, quelque part, au fond, caché, fermé à double tour par une porte sans serrure. De me laisser me coucher autour d'eux. Et j'aimais plus que tout l'instant qui vient après les pleurs. Comme si après avoir tant rebuté dans son propre corps, arc-bouté contre nos peurs et nos monstres, le silence revenait nous habiter. Comme une âme blanche, une pensée vierge, un putain de champ où on aurait déblayé le remue ménage de mon esprit. Comme une bulle d'acier qui éclate, comme les quelques secondes d'éclosion d'une fleur, la fin d'une éclipse, l'éclat de la lune après un nuage, un orgasme après la prison.


Au fond je n'ai pas tant changé que ça. Même si j'ai grandis. Même si je me bats pour garder mes rêves, j'ai toujours besoin de ces moments où je ne suis plus rien. Du doux sentiment vaporeux de pouvoir s'oublier. Enfin, je ne suis plus rien. Ni moi, ni autre, susurrer ça blottis entre une épaule et un cou, et quelques mèches de cheveux. Ca n'est pas moi qui change, j'en suis sur. Je ne fais que m'étendre, me dilater, plus et plus encore, jusqu'à noyer l'univers dans ce que je suis. La vie change, mais nous restons les mêmes.





Il est temps de rallumer les étoiles.
Guillaume Apollinaire.




Un feu de camps. Je t'aime. Des étoiles. Trains, chanté par Steven Wilson. Une grange en Suisse transformée en salle de concert. Une cantatrice avec des poils sous les bras. Le froid du jeu de rôle en hivers. Le goût des cigarettes chez Miriam en été. Le soleil à St montant, dans mes cheveux. La brume de Beltane. La roche de Litha. L'alcool des fêtes. La gerbe des matins. Bisous sur le frond. Bisous sur la joue.La Suite.

dimanche 15 octobre 2006

Lost in Translation.



Nicholas Eustache

Une Berceuse d'Eveil



Ma mère me reposa sur le lit et s'assit sur le sol, en face de moi.

"Laisse la sagesse des anciens te guider, me délcara-t-elle d'un ton grave. Tu as rêvé que tu naissais dans la douleur et le cri, dans un monde empli de peine et de désespoir. Que tu grandissait rapidement, ne connaissant qu'à peine l'enfance, battu par les tumultes d'un pâle reflet de la vie. Que tu oubliais rapidement la notion de bonheur pour commettre compromis sur compromis, travaillant sans relâche pour des objectifs dénués de sens, te battant pour des convictions qui n'étaient ni les tiennes ni celles de quiconque. Que tu ne connaissais pas les gens qui t'entouraient, que tu étais tour à tour traître et trahis, décevant et déçu, causant la douleur et la subissant. Tu as r$evé d'un monde mourrant depuis son commencement, se dévorant lui-même pour reculer la date fatidique, un univers limité, foyer d'être finis recherchant l'infinis. Tu as rêvé d'une réalité morne, sans surprise, définie par des principes sans vie ni réelle couleur. Tu as rêvé qe tu t'ennuyais de la vie mais n'osais pas te l'avouer, recherchant des raisons de rester auxquelles tu ne croyais pas. Puis tu vieillissais, tu partais lentement, mais pourtant trop tôt. Et finalement tu mourrais dans la tristesse et la solitude, te rendant compte que ta vie a été vide, tout comme l'univers qui t'avais gardé en son sein."

Ma mère prit alors une grande inspiration et me lança un dernier regard empli de nostalgie.
Je laissais échapper un petit rire, je ne sais toujours pas pourquoi.

"De toute façon, lâchai-je totalement rassuré, ce n'était qu'un rêve, non?"









Photograph By



''Sometimes, at night... I can't sleep.

I juste want to walk along the street

Which seems to touch the infinity of my mind.

My heart desire is not dry

Won't you come with me in my prickly forest?

In the silence of the dark.

Silence in soul, will in head

But will I finally be what I really want to me?

I want to cherish the alsphate of the town

Scratch my face to the ground.

Sometimes I feel like all in parts and pieces.

But in the night, I am

In the cold breath of the whispering nightmare, I am

In your eyes, if you know how to look in me, I am

I feel strange, between cold and sweet.

In the darkness, somes ghosts are speaking with me.


Listen to our voices, son of the wind.

Now listen to my voice, sons of the frozen town.''




mardi 10 octobre 2006

I Know You Are But What Am I?








Quand je m'arrête de tourner
Et puis je laisse mes voiles traîner par terre.
Quand je lâche au vent mes couronnes
Et que je détache mes cheveux.



Je ferme les yeux, j'hume l'air piquant
De l'hivers qui s'avance, en cavalier blanc
J'écoute les murmures, je parjure le silence
Et je chante d'une voix étouffée.



S'allonger, comme ça, sans plus y penser
Ecouter la musique qui coule,
Me demander encore qui je suis vraiment
Car je me suis fais autre que moi-même



Au grès des rencontres, j'avance
Et on parle, et on parle encore
Je maudis mon image, je brise mes contours
Je voudrai qu'on me laisse regarder



La roue a tourné, cette fois
J'ai entendu son grincement de cuivre
Je continue à avancer
Et ils s'élancent aussi sur le chemin



Parce que nous construisons tous
Tels que je nous vois, tels que nous sommes
Nos lendemains et nos futurs
Au gré des possibles sous nos pas.



Et au font, n'est-il pas merveilleux
De me dire que l'Araignée se fait autre, et oublie ses prisons
De me dire que la fille aux cheveux rouges grandis, peut-être un peu vite
De me dire que le Crapaud se redressera, un jour
De me dire que la fille aux yeux blancs s'élancera bientôt



De tous ceux qui se sont éparpillés.
De tous ceux que je n'ai pas perdus.
De tous ceux que j'ai gagnés.





A nos retrouvailles.






dimanche 8 octobre 2006

Lights - Archive (Thanks Red hair)









Il y en a partout. Dans chaque ville. Des ces ombres furtives aux démarches de funambules, des acrobates qui courent sur le sol, effleurant les nuages. On chuchote parfois qu'ils sont la mémoire des lieux, et que dans leurs yeux aux pupilles noires, violettes, bleues ou vertes, éclairs incandescents dans la nuit, on peut toucher du bout des doigts des souvenirs. On peut les voir de loin, avec leurs pas haletés, leurs sourires en angles, indécis ou francs, dont les plus vrais sont si durs à attraper qu'ils vous réchauffent le cÅ?ur. Ils s'allongent, à même le sol et les pavés, pour contempler les étoiles. Rire de leurs éclats et de leurs formes, rire des figures étranges qu'elles forment dans le ciel d'encre.


On ne sait pas vraiment qui ils sont, et peut-être ne sont-ils que des absents, ces figures étranges, comme des sculptures en mouvement. Toujours là , mais jamais au même endroit. Eux qui souvent arrachent leur peau pour sentir le frisson du vent, ouvrent leurs yeux à s'en faire mal pour mieux voir les couleurs, et les bulles acidulées qui s'envolent, lorsqu'ils chantent. On peut les prendre pour des fous, pour des êtres d'ailleurs atterris par erreur dans un monde trop gris, trop vieux, trop oublieux de ce qu'il était. On pourrait les croire inutiles, et les juger, lorsqu'ils passent dans la rue à côté de nous, mais en vérité, il y a toujours au fond, une parcelle de nos cÅ?urs qui rit et recommence à battre en les voyant.


Ils sont nos fées d'aujourd'hui. Nos magiciens millénaires, et nos sorcières éternelles. Prêts à se brûler fort pour pouvoir boire quelques moments, quelques images, aussi futiles que merveilleuses. Dans un monde où toute magie semble s'être dissipée, enfouie et endormie, elle est revenue naître dans ceux qui ont vu le jour à sa mort. Elle leur a donné la force des rêves, l'éclat de l'espoir, des mains pleines d'art, et des regards bourrés de magie. Et de ceux qui n'ont pas eux ces cadeaux, certains les aiment. Certains les envient, certains aiment à se frotter contre leurs peaux salée, pour trouver au fond d'eux un semblant de ce qu'ils ne sont pas. Ceux là les épaulent, les acceptent, et font leurs vies et leurs chemins. Cela sont des gardiens, des veilleurs, des regards droits mais caressants.


Mais d'autres dénigrent. D'autres détruisent, et si la chasse aux sorcières s'est finie il y a bien des temps, la chasse aux fées est notre lot de tous les jours. La chasse aux rêveurs, à ceux qui refusent cette réalité parce qu'elle n'est pas la leur. Mais quels cris atteignent les oreilles d'un fou, si ce n'est les hurlements du vent ? Parfois, quelques échos se déposent dans leurs longues jupes et leurs grandes écharpes, parsemant leurs cheveux de limaille sombre. Alors il arrive qu'ils pleurent. Qu'ils crachent au monde leur dégoût, et tous leurs rêves se font sombre. Dans ces rares moments, il semblerait presque que la terre pleure avec eux, et que le ciel, leur père protecteur, gronde de colère. Quand ils se font ombre, quand la nuit éclipse leur lumière, alors ils se blottissent au creux du sombre, cherchant des nouvelles forces.


Alors leurs voiles changent. Leur lumière se fait pénombre, et l'éclat de leurs yeux des gouffres sans fond où l'on peut lire, que si l'on y tombe, on y perd son esprit. Leurs grandes robes de couleurs se font noires et grises, perlées de joyaux noirs. Et les couronnes en leurs têtes se font ronces. Ils délaissent les rues et les villes se font froides, rendues à leur seul béton, n'en reste que des cages d'acier. Ceux qui y sont enfermés ne verront que peut de changement, tant la morosité ronge leurs cÅ?urs, mais il est possible que leurs rêves deviennent des cauchemars, au plus profond de la nuit. Enfermés, dans 4 murs qui semblent se resserrer, leurs cris déchirent le silence. Et leurs larmes coulent, comme si s'échappait de leur corps l'eau du monde. Ils ne sont plus que des gouffres vides. Des êtres de néants. Aussi vides que ceux qu'ils tentent de réchauffer, ou que ceux qu'ils considèrent comme perdus, et méprisent.

Car il n'est pas que de la lumière chez les rêveurs. Et si la lumière les épanouis, c'est l'ombre qui les porte. C'est l'ombre qui perce leurs solitudes, leurs espoirs fanés, leurs amours déçus et les morceaux d'eux qu'ils éparpillent un peu partout. Et pourtant, ils aiment autant la douleur que le plaisir, et les couleurs que le gris.


Ils sont les âmes des villes, les esprits du monde. Ceux qui créent, ce qui inventent, ce qui chantent, qui peignent, qui dansent, qui rêvent, qui font de rien un tout.


Et il faut prier pour que dans nos jours de tristesse, ils ne finissent pas par dépérir, laissant le monde à sa solitude amère.




It hurts to feel
It hurts to hear
It hurts to face it
It hurts to hide
It hurts to touch
It hurts to wake up
It hurts to remember
It hurts to hold on

Turn my head

The hurt's relentless
The hurt of emptiness
The hurt of wanting
The hurt of going on
The hurt of missing
The hurt is killing me


vendredi 6 octobre 2006

Les Trois Charbons








J'ai une soeur, et elle m'a offert trois Charbons.



Du premier, j'ai fais naître la flamme de la torche qui éclaire la connaissance.

Du second, j'ai illuminé les abysses insondables de mes doutes et de mes erreurs.

Du dernier, j'ai nourris le brasier de notre chemin, ensembles, face au frisson des ombres.



Ensembles, nous avons trois forces.



La première tend à la clarté du son, la franchise du silence et l'accord de la mélodie.

La seconde tend à la puissance des mains liés, au sacré du sang mêlé et des leçons offertes.

La dernière tend au lien de destin, à la magie des rêveurs, à la force de l'attache.



De nos coeurs se tissent trois lieux.



Le premier est un endroit de flamme, de brasier et de chaleur suffocante.

Le second un Seuil de glace, de vents et d'arbres immaculés.

Le dernier est une cours de printemps, où nos rires et nos voix font tinter le cristal des murs.



J'ai une soeur, et elle m'a offert trois Charbons.



A la dame Araignée, j'ai offert trois souffles de Vent.