dimanche 25 février 2007

(( Storm ))




« Regarde, Papillon », me disait un vieux Monsieur que la terre m’a reprit depuis bien des années. « Regarde cet oiseau. Quel est-il ? Une buse, oui, c’est cela même Papillon. Et cet arbre là ? Un chêne. Très juste. Mais ça n’était pas bien dur à deviner. Et celui-ci, quel est-il ? Dis moi. Ah, tu ne sais pas. C’est un Figuier. Regarde comme ses feuilles sont belles. Grandes et étendues, comme des mains. Garde toi bien de cueillir des figues, Papillon ! Ca n’est pas la saison encor’. Laisse l’arbre de Priape en paix. Je vais te raconter une histoire. Vas chercher mon tabouret. Bien. Maintenant, écoute, Papillon. »









Je m'en vais vous conter l'histoire d'un été, chaud, comme celui durant lequel mourru Antonio Vivaldi, dans sa soixante troisième année, à Vienne, et dans une extrême pauvreté. Il fut un des premiers compositeurs reconnus, après avoir été moine, et professeur de violon dans un orphelina de jeunes filles. On raconte que le jour de sa naissance, dans la bonne ville de Venise, la terre trembla. Comme une annonce au monde.






La Course. 0 à 7’15’’.




C’est une tâche de couleurs mélangées. Il y a du roux, un éclat d’Automne, mais aussi du noir et du blanc, enfants de l’hiver. Mais les yeux et les serres sont jaunes, vifs, perçants. Jaunes comme l’été. C’est une petite ombre en contrebas qui rase les bottes de lavandes et les rochers qui rendent, ça et là, les moindres recoins de plaines abrupts. C’est un Milan Royal. Un petit rapace qui plane, plane et promène son œil d’été sur l’été, étendu déjà sur les plaines. Le vert de l’herbe, le jaune des blés et le violet de la lavande se mêlent, et embaument les campagnes. Dans les airs, il y a cette odeur. Cette senteur de mai, ou de juin. Lorsque le soleil vient sécher les premières plantes et faire transpirer les pierres. Ce parfum sec aux fragrances d’oliveraies et de pêche à peine cueillie. Le ciel est bleu. Profond. Hypnotique. Dangereux.

Dangereux car le rapace tourne, il oscille lentement. Ses ailes étroites se replient un peu, puis se détendent. Bientôt, on ne pourra plus qu’observer, avec attention, la tâche blanche qui coupe de noir les dernières plumes des ailes. Comme deux ronds, deux blancheurs dans le ciel, des fanions de nuage attachés à l’oiseau. Qui lui, vole. Plane, tourne encore. Puis le jaune. Le jaune de son œil pétille. Sa pupille se resserre, comme une fente d’aiguille, une finesse de lame, le fil d’un rasoir. Il plonge.

Les ailes se resserrent et s’allongent comme la queue d’une comète. Le bec s’entrouvre, carnassier, et les serres s’ouvrent et se referment dans le vide, d’impatience et de faim. Le roux du plumage étincelle au soleil, comme s’il allait prendre feu. Il tient de la couleur du feuillage du platane en automne, lorsque la lumière irradie au travers. C’est une traînée d’incandescence qui s’élance, déchire l’air, vers la plaine, bien au dessous, où se tient dressée une petite musaraigne, aux aguets. La tête se tourne, mais elle ne voit pas venir les serres qui frémissent de l’attraper, et le soleil, traître brûlant, cache l’arrivée du rapace. Mais le vent, lui, s’éveille et souffle. Et alors que l’oiseau, l’œil plissé et la serre grande ouverte, fond sur le sol, c’est son bruissement d’aile qui fait fuir le rongeur. Le Milan est rapide, mais mal habille, et la musaraigne s’enfuit, effrayée.

L’œil n’a pas lâché sa proie, et il reprend sa course, planant, rasant le sol, pourchassant la proie facile qui se précipite bien devant. Bientôt le bec s’entrouvre de plaisir, et les serres se referment, cruelles maîtresses du souffle du rongeur, qui bientôt s’éteint. Pauvre âme qui, de n’avoir pas assez tôt écouté le vent, a vu sa vie s’échapper. La carcasse tombe au sol, puis, dépecée et engloutie par le rapace, finit jetée, au hasard du ciel. La silhouette brune s’élève vers la voûte nuageuse, et continue sa route, menaçante et repue, le ventre plein, mais l’œil à nouveau vide.

C’est une beauté maîtresse, cruelle, sans pitié aucune. Une de celles que la nature pose sous nos yeux, à nous, qui ne voulons plus tuer, mais devons pourtant.




La ville. 7’16’’ à 4’53’’.




Plus loin, se dresse l’ombre de la ville. Lovée entre les plaines et le champs, à la croisée de tous les chemins. Les murs sont de pierre basaltique noire ou grise, obsidienne et anthracite, mais recouverts de chaux blanc cassé, saumon, jaune parfois. Le contraste avec les tuiles et leur couleur de brique est saisissant, mais encore plus l’est celui avec les volets, qui semblent flotter au vent, comme des ajouts colorés, bleus, verts, violets, pastels et joyeux. D’abord les faubourgs, et leur ombre fraîche et tranquille. Puis, plus au nord, les ruelles se font rues, vers la grande place.

C’est aujourd’hui marché. Les couleurs explosent, les épices, safran, cumin, cannelle, origan, disposées dans de grands bols sur un étal, qui s’envolent en fine poussière lorsque le vent joueur souffle un peu trop. Les tissus, lin, velours, toile de chanvre, coton, flottent, à peine teins, de brun, de rosé, de sable, comme des voiles gonflées par le mistral. Les gens crient, hurlent, vantant les mérites de leurs produits, rigolent, discutent avec feu et animation, et quelques jeux de cartes déclenchent des bagarres. Les chariots se pressent, les ânes se ruent sous les foudres des cochets, pour livrer les fruits du jour, orange, pêche, abricot. Les enfants se bousculent et courent, s’élançant entre les étals, certains pour retrouver les jupons de leur mère, riante et avenante par un si beau temps, d’autres pour rejoindre la vieille grange abandonnée où se rejouent les plus grandes batailles du royaume de France, les huit guerres de religion datant d’un siècle à peine, et qui ont bouleversé le royaume. Des armées menées par le prince de Condé aux affres de la saint Barthélemy, de leur bon et vaillant cœur, ces petits comédiens de fortune revivent, chevaux de bois et soldats en casseroles, les sanglantes traverses qu’on leur a conté, de ci, de là.

De grandes bâtissent font face aux passant des les grandes rues, fortement taillées et peintes, ce sont là les repaires des bourgeois. La plume au chapeau et le pourpoint bleu, mauve ou vert, la fraise haute et l’œil pétillant, des jeunes hommes se donnant déjà du Monsieur De ceci ou de cela envoûtent les oreilles de ces dames par de charmants morceaux de musique. Les notes du clavecin résonnent dans la rue, mêlées à celles du violon, et réjouissent ces dames, mais aussi les passants, dont nombres se sont arrêtés pour ouïr la mélodie qui va si bien à la saison, et au ciel pur de provence. Une lavandière frémit sous la beauté des notes, elle qui a toujours voulu manier la viole, comme son arrière grand-mère, qui, point noble mais chambrière, l’avait apprit de sa maîtresse. Elle marche, son bonnet blanc couvrant ses longues boucles rousses, le poitrail quelque peu découvert par un décolleté osé sans être vulgaire, portant son baquet de linge qu’elle vient d’aller laver. En rentrant, elle vaque à ses occupations, puis, n’y tenant plus, profite de l’absence de sa maîtresse pour s’en aller dans sa chambre. Elle monte les marches, essoufflée, et à peine la porte ouverte, déballe l’étui de cuir qui protège le vieil instrument plein de poussière. Les cordes sont encore bonnes, et elle les fait vibrer, sans en attendre autre chose qu’un son neutre, et mal accordé. Le son s’éteint, mais, tenant sa précieuse viole, elle ouvre sa fenêtre, puis fixe l’azur qui s’étend jusque loin derrière les montagnes, et les gros nuages, ces voyageurs moutonneux qu’elle envie en secret. Depuis les champs de lavande aux vergers bordant le fleuve, son regard se promène et elle hume l’air chaud. Devant la nature qui semble toute entière réunie sous sa fenêtre, elle en fait un serment inviolable. Qu’un jour, elle serai musicienne, et apprendrai la viole, comme avant elle, son arrière grand-mère le fit.

Heureuse et insouciante, elle court, dévalant les escalier, fuyant cette maison, où même aimée, elle n’est qu’une servante, passant les murs de la ville qui la virent grandir, s’ébaudir, s’amouracher et verser nombre de larmes. Sa course soulève de la poussière derrière elle, et elle ôte ses sabots qui lui meurtrissent les pieds. Elle coupe à travers les vergers puis les champs de lavande, sourie aux laboureurs et aux paysans, affairés à leur tâche. Son bonnet s’envole, soufflé par le vent, et la lavandière tombe, dévalant une pente en roulant. Elle court, court encore, si bien que le soleil s’est déplacé de son zénith lorsqu’elle s’arrête, essoufflée, rompue. Elle se jette dans l’herbe verte et drue, roule sur elle-même, puis s’endort. Silence.




L’orage. 4’54’’




Autour de la jeune fille endormie, les cigales se mettent à chanter, car le soleil, haut et éclatant, vient les raviver. Le feuillage d’un chêne lui fait ombrage, et ses rêves de musique, de liberté, et de vie vécue uniquement pour elle seule se réalisent, à l’abri, dans sa tête. Elle devient une fille bien née, cultivée et savante, maniant la viole avec tout l’art qu’il convient d’avoir. Mais soudain, un grondement fait taire les cigales. La terre en tremble presque. La nature retient son souffle autour d’elle, mais non, l’enfant est toujours endormie. Ses rêves n’ont en rien été perturbés par la venue, au loin, très loin, d’énormes nuages noirs, porteurs de tempête. Mais leur distance les rend presque inexistant, ici, dans la clairière. Le soleil joue encore avec les fils roux de ses cheveux, et caresse sa peau claire de ses rayons mielleux. Un second grondement, mais pas plus d’inquiétude, car la beauté du visage de la jeune fille est à faire pâlir, ses traits fins, son air innocent et poupon. Comme une princesse déguisée en souillon, sa vêture, même pauvre, lui va parfaitement, comme si l’étoffe était cousue à même sa peau. C’est une poupée de chair, une porcelaine de sang, palpitante dans cet écrin de verdure. Comme un joyau qui serait tombé là, échappé de la couronne d’un créateur inattentif. Elle s’étend, toute encore dans son sommeil, et la brise vient caresser son visage. L’orage gronde encore mais peu importe, car ses charmes restent là, étendus, sereins, apaisés du quotidien. Les grondements se rapprochent, mais rien n’a encore bougé. La ville s’affaire, inconsciente du déluge qui arrive.

Soudain, les nuages sont là, envahisseurs célestes chargés de souffre et de feu. Leur grondement réveille l’enfant, et chacun lève les yeux vers la voûte du ciel, qui dirait-on, à trop gronder, va craquer. Le ciel hurle sa colère, et le vent vient l’y aider. Il souffle et emporte les épices, les draps, les sourires des enfants qui se fondent en d’inquiets regards.

Puis, voila enfin l’instant. Le ciel se déchire et les gouttes tombent en torrents sur les terres, emportées par le vent dans d’étranges tourbillons. Le ciel est assombri par cette apocalypse, si fait que l’on se presse à se barricader en sa demeure. Mais l’enfant, elle est dehors, et autour d’elle, dans le déluge, les éclairs viennent zébrer le ciel, les hurlements du vent l’assaillent, elle semble tomber cent fois, et sa vêture se souille de boue et d’eau. Ses longs cheveux se font cascade sombre. Ses yeux, même affolés, ne changent rien à sa splendeur, à laquelle l’urgence apporte un air de tragédie. La terre tremble, le ciel gronde, comme si tous les enfers se déchaînaient, les chiens hurlent à la morts et des enfants pleurent, abrités sous un étal abandonné là par un marchant, qui n’aura pas eu le temps de sauver ses biens. Dans les champs, on court, on crie, car il faut rentrer les récoltes avant que l’eau ne gâte tout. Et le foudre se rapproche, marteau effrayant qui tombe du ciel et brûle la terre. Le tonnerre n’a de cesse que d’hurler, comme pour effrayer la ville, qui se replie sur elle-même comme elle le peut.

L’enfant, elle, reprend sa course folle, trempée, salie, comme poursuivie par un dieu rageur. Le ciel noir la couvre, et bien qu’aveuglée par les torrents qui dévalent le ciel, elle parvient à une grotte, creusée dans la montagne. Son souffle se soulève au rythme des éclairs qui raturent le ciel. Celui-ci a troqué son bleu d’azur contre le bleu sombre et la houle d’une mer folle. Ici, elle s’assied en tailleur, et, se sachant à l’abri, fixe la fureur des cieux de ses grands yeux verts.

Et tout recommence. Le ciel bascule.




jeudi 22 février 2007

L'abre au potiron









L’arbre au Potiron




Exercice d’un genre nouveau. Journal, journal, carnet de vie. Laissez vous guider par les lignes. Mes mains tisseront le fil conducteur. Et vous ne vous égarerez point. Je suis partis en quête d’inspiration. Et mes valises sont pleines à nouveau.




Levé 8h30 du matin. J’ai l’impression de ne pas avoir vraiment dormi, et même si je reste assis à somnoler dix minutes comme nous le faisons tous au réveil, je me sens en forme pour la journée qui s’annonce. J’ouvre la fenêtre, grand ciel bleu, si seulement il pouvait avoir la même couleur que celui d’Ardèche, et si seulement l’odeur suave des pins pouvait encore venir à mes narines. Mais à cela je ne pense pas plus. Je suis un abstractionniste. Je descend, prend une douche en vitesse et m’habille. J’arrive à avoir le bus qui passe près de chez moi, et j’affiche même un record de 10 minutes d’avance, ce dont, il faut bien le dire, je ne suis pas peu fier, étant donné que je me retrouve souvent dans la position de celui qui court derrière le bus en battant des bras et en criant « attendez ! stop ! ». Un jour je serai ponctuel.

Arrivée à Thonon, le centre ville et ses pavés brillent au soleil, et cette petite cité m’apparaît belle. C’est sûrement l’effet « matin ». Bien que ne me lève que très rarement tôt lorsque je n’en ai pas la contrainte, c’est toujours un plaisir immense de faire une nuit acceptable et de se lever sur le coup des 8-9h, lorsque le soleil est frais, et que l’air étincelle. Marcher dans les rues pleines de lumière avec un petit vent est de ces choses qui ont le don de recharger les batteries humaines, et ici je ne parle pas de celles du corps, mais de celles qui nous font nous sentir conquérants et avenant envers l’extérieur. J’ai 2h à attendre avant mon bus pour Annecy, où j’ai prévu de passer la journée. Je m’en vais donc faire un tour du côté des librairies, et évidemment, je me retrouve très vite avec 5 livres dans les mains, devant faire un choix, ce que je déteste lorsqu’il s’agit de livres. Je m’indigne d’ailleurs qu’on n’indique plus en librairie le prix des livres, un livre n’est pas un objet de luxe, payer 22€ pour trois bouquins, c’est trop ! On m’a déjà enlevé les cds, pas les livres !! J’opte pour un recueil d’essais d’Adolphe Huxley, que j’ai découvert avec ma prof d’anglais, « Les portes de la perception » où l’auteur décrit comment il a perçu le monde après une injection de mescaline, cette drogue utilisée par les indiens à base de cactus. Ensuite, un livre du Marquis de Sade, « La philosophie dans le boudoir ». On m’a bien entendu parlé de Sade, en bien et en mal, peu importe, le fait qu’on m’en aie parlé autant mérite qu’il soit lu, et de s’en faire son idée propre. Mon dernier livre sera un classique parmi les classiques, « l’Iliade », d’Homère, que non, je n’ai jamais lu, du haut de mes 17 printemps. Cela dit, il me tarde de m’y atteler. Je vais donc m’asseoir à la gare sur un banc, au soleil parce qu’il ne fait pas si chaud, pour attendre mon bus. Une intuition me dit d’aller vérifier, je me rends donc au comptoir et fait l’innocent « Bonjour, je voudrai me rendre à Annecy dans la matinée ». Un bus par effectivement à 11h51 mais il n’arrive qu’à 15h40 à Annecy. Autant dire que cela n’en vaut pas le coup. Perplexe, je décide de rebondir et de changer mes plans, tant pis, ce sera Genève en solitaire, ce que je n’ai jamais fait. Les villes, quelles qu’elles soient, ne revêtent ni le même charme, ni la même saveur avant et après qu’on les aies visitées seul. Se sentir seul, palpitant dans une ruche de métal n’est pas si désagréable, si on sait se fondre dans les courants adéquats et respecter les règles qu’on entend dans le vent. Je me replonge dans « Les portes de la perception » d’Huxley. J’avoue que c’est assez ardu et que mon peu de culture me fait défaut, je ne connais pas assez Blake pour tout comprendre, ni les courants de peintres naturalistes au siècle dernier pour voir de quelles Å“uvres l’auteur parle. Il va falloir m’accrocher.

Je finis donc par monter dans mon train et à arriver à Genève. J’emprunte ensuite la ligne du tram qui va des Eaux vives à Rives, les rues principales. J’ai toujours cette crainte de tomber sur un contrôleur, sachant que l’amende pour voyager sans billet est de 80 francs suisses. Cela dit, avec toutes les fois où j’ai fraudé, ça ne serait qu’un juste retour de cause. Je m’en vais donc faire le tour de Rives, histoire de repérer les lieux, car j’en ai marre de me faire guider comme un bigleux (que je suis) à chaque fois que je vais à Genève. Je passe par la fnac, où je fais un arrêt obligatoire pour m’acheter de nouvelles oreillettes histoire de ne pas passer la journée sans musique. Je ressors, et décide d’aller flâner dans les rues hautes de la vieille ville. Oui, il faut monter, car tout est en pente. Les rues sont toutes pavées et les maisons hautes et en vieilles pierres, j’aime beaucoup ce quartier. C’est le coin des antiquaires mais aussi (damned) celui des touristes. Je rentre dans une librairie de livres très anciens où une sorte de pseudo Lord anglais parle de New York. On me regarde comme une « chÔse » et me demande si je cherche quelque chose. Je répond avec le sourire que je regarde juste les livres, et on me répond un « Ah… » crispé. Je pars sans demander mon reste. En sortant, je fais une seconde librairie puis je décide de me promener. Je branche mes nouveaux écouteurs qui peut-être feront deux mois (avec chance) et c’est avec l’album « Entre Ciment et Belle étoile » de Keny Arkana (oui, du rap messieurs dames) que je continue mon épopée solitaire. Je continue mes promenades et marche entre les tramways, les voitures, les piétons, et pour la première fois, en me mettant à la mode suisse : je ne passe pas tant que le petit bonhomme n’est pas vert. J’ai l’impression de faire un honneur à la ville et de la respecter. En parlant de la ville, je crois que je n’avais jamais trouvé Genève aussi belle. C’est une ville qui, sans être petite n’a pas la même envergure que Paris. Mais tout en restant une grande ville, elle n’en a pas l’odeur. Genève est faite d’eau, d’énormément d’eau. D’autant que sa tour Effel est un immense jet d’eau, l’ambiance n’est pas la même qu’à Paris. L’eau apaise, l’eau dénoue les nÅ“uds et fait s’écouler ce qui voudrait bloquer le chemin. C’est cette atmosphère que je trouve à Genève, et le Rhône est presque aussi beau que dans les Gorges, avec son vert bouteille, lorsque le soleil vient l’éclairer. Genève est plus calme, plus fédératrice, elle donne envie de s’investir pour elle, elle incite, elle rayonne. C’est du moins ce qui frappe au premier abord, bien avant le fait de se demander comment est cachée la misère dans une ville qui veut paraître si riche, si tout est aussi social qu’on le pense et si la liberté en France et en Suisse, bien que dans la même langue, veulent encore dire la même chose. Cependant cette cité est cosmopolite, et c’est un délice d’entendre autant de langues dans un même lieu.

Ma prochaine destination est de remonter vers la grande gare de Genève, afin de retrouver une boutique ésotérique que j’avais aperçu, dans l’espoir d’y trouver des livres intéressants. Je me laisse porter par mes jambes, comme je le fais à Paris. Non, ça n’est pas du hasard total. C’est savoir naviguer entre les fils. Je me laisse guider, puis soudain, je sens qu’il faut arrêter cette personne, là. C’est comme ça que j’ai trouvé la boutique d’Irshem, il y a deux ans, en n’ayant qu’une partie du nom, en plein Paris. Ah, la chance… Je finis par me retrouver dans un quartier sympa, m’acheter à manger car il est plus de 14h et que je n’ai pas bien vu le temps filer, et traverser une rue magnifique. Une sorte de vieille rue pittoresque comme on en voit à Paris dans le coin de la Rue Mouffetard, tous les volets de la rue sont peints de couleur attrayantes, violet, jaune, bleu, vert, prune. Ca n’est pas de mauvais goût et l’effet est sympa. Je m’arrête dans un banc posé plus loin pour manger mon sandwich. Soudain, j’ai comme une sorte d’alarme dans la tête, ce genre de truc qui m’arrive parfois. Ceux qui connaissent comprendront de quoi je parle. Je me retourne, et au bout de la rue, là où elle débouche sur une rue bien plus empruntée (je suis seul dans la mienne) un homme passe, feint de ne pas me voir, s’arrête, hésite, puis se trouve soudainement absorbé par un stand de vieux cds d’il y a 70 ans. Je passe automatiquement en mode « radar », et, tout poil hérissé, toute griffe dehors, j’attend et calcule sans en donner mine. Parano ? Peut-être pas. L’homme s’avance petit à petit dans la ruelle, et je continue à faire semblant de ne rien voir. Un homme arrive en sens inverse. Aussitôt il rebrousse chemin et est à nouveau subjugué par ces vieux cds. Puis il tente une approche, avance, avance, passionné par une vitrine d’un magasin vide. Lorsqu’il arrive près du banc, je me lève en une fraction de seconde et remonte la rue. Lorsque je passe à sa hauteur, je croise son regard à travers la vitre et lui en lance un bien signifiant : « loupé pour cette fois ». Je ne sais pas s’il me suit ou autre, mais la règle, lorsque l’on veut attraper un félin (et un magot de surcroît) et que l’on doit réussir son coup en finesse, et qu’il n’y à qu’un seul essai. Je m’éloigne sans soucis, bien que jetant régulièrement des coups d’oeils derrière moi et réalisant soudain que ce type avait l’air franchement craignos et que j’ai bien fait de m’éloigner, même si je trouve soudainement être resté beaucoup trop longtemps sur ce foutu banc avant de m’en aller.

Je m’arrête dans un petit parc, avec une souche énorme, et dessus un potiron posé, que vous avez en photo, après avoir fini mon sandwich assis sur une fontaine. Je repars en quête de la boutique éso, car je n’ai pas trouvé ce que je voulais. Mes pas m’amène vers un quartier Indien / Chinois, je n’ai bien pu déterminé. En tout cas les gens sont souriants et ça sent bon. J’aime ce genre de quartier à dimension ethnique. En continuant de me promener, je tombe sur une librairie ésotérique. Ca n’est pas ce que je cherchais mais je me rapproche. Je rentre, discute avec le gérant, un homme qui n’a pas l’air très sur de lui mais sympathique au demeurant. Il peut me commander « The Spiral Danse » de Starhawk, et j’accepte, content de pouvoir (ENFIN) posséder ce livre. L’import des Etats-Unis ne coûte rien de plus, alors allons-y, ne nous privons de rien ! Par contre, je voue une haine sans borne à toutes ces libraires ésotériques, où l’on trouve 40000 exemplaires de « comment appeler Alphabétix, votre ange » mais jamais d’ouvrages véritablement intéressant. Je ne parle même pas du patchouli à foison qui fait vieux 68ard et de la musique soit disant Zen mais en fait d’un plat et d’un chiant consternants. Bref, j’ai mon livre, c’est tout ce qui m’intéresse. Je continue mon chemin et tombe (re-damned) sur le quartier des putes. J’aperçois sortant d’un bar une vieille femme de 60 balais qui porte un bonnet fin zébré avec une fleur noire dessus, mini top et jupe raz-le-foin assorties, et d’énormes bottes zébrées, elles aussi. Tout un style. C’est plus drôle qu’autre chose, je voudrai bien la prendre en photo. D’autres attendent les clients sur le trottoir, j’ai du mal à réaliser qu’en Suisse la prostitution est autorisée sur le trottoir du moment qu’elle est couverte (généralement il y a un sex-shop mégarama projection privée et box x avec un gérant qui est une sorte de proxénet moderne) . Je finis par retrouver de mémoire (un exploit) la galerie souterraine puis la rue (dans lesquelles je ne suis passé qu’une fois) qui mènent à la boutique ésotérique. Et là, désillusion totale. Vaste fumisterie. J’ai rarement vu des boutiques qui avaient l’air mieux fermée, mais c’est pourtant le cas. L’intérieur est minuscule, il n’y a rien, si ce n’est des rangées de boîtes « poudre magique au curry, au safran » et autres conneries, des livres vus et revus « 1000 sorts par sperandio » (wouhouuu) et une espèce de cruche accompagnée de son amie, portant une décoration Indoue sur le front, ce qui n’est assorti en rien à sa tenue et la rend en fait un peu ridicule, et qui chuchote à chaque fois que son amie lui pose une question « je t’expliquerai plus tard » sur un air de mystère absolu. Je pouffe de rire et m’éloigne vivement.

Je change de musique pour une nouvel épisode « marche » et met Trilok Gurtu, c’est un groupe de musique Indoue que j’ai récupéré il y a bientôt un an de ça, et j’en avais beaucoup ris (la chanson du sanglier) sans l’écouter vraiment. Je ne sais pas pourquoi, ces temps-ci l’Inde me court après. Voila deux jours que je dévore des journaux en ligne sur l’Inde, et les aventures d’Occidentaux où de natifs dans ce pays. Sans parler de ma découverte d’Auroville et de l’ashram de Pondichéry. Après avoir croisé une fashion « top-moumoute » vêtue de fausse peau de la tête aux pieds, je prend un tram et me rend au parc des Bastions, j’ai espérance d’y trouver un peu de réseau histoire de pouvoir appeler ma mère et de rentrer avec elle, en soirée. Pas de chance, aucun réseau, mais le parc est magnifique, j’en profite pour me promener un peu, et je décide qu’il va être temps de rentrer, ma journée étant assez remplie comme cela. En sortant, je crois un homme portant une grande jupe qui porte un violoncelle. Avec une grand indiscrétion je lui emboîte le pas, voir s’il va jouer dans le parc, mais non, il rentre dans un restaurant. Je suis déçu et je m’en vais attendre mon tram. Il n’arrive que dans 10 minutes, et je détaille une femme très grande, cheveux courts chatains et visage fin, peau blanche. Vêtue un peu à l’ancienne mais de façon très classe, mocassins à talons, collants épais bruns, jupe grise et dessous un jupon marron, et un long manteau brun lui aussi. Je la trouve radieuse. Soudain, un tram s’arrête, et j’entends à l’intérieur du violon. Ni une, ni deux, je me jette dans le tram sans réfléchir. Il s’agit d’un homme, entre les 45-55 ans, vêtu de façon simple mais ses habits sont usés. Il joue « l’ Hungarian Danse », un morceau de violon folklorique très ardu, vous savez, comme « Les Yeux Sombres », un air tzigane populaire, qui appartient à tous, et surtout à la Rue. Dans son sac entr’ouvert, deux enceintes reliées à un baladeur, qui diffusent l’accompagnement. Je cherche la contrebasse pendant un moment puis je comprends. J’applaudis (et je suis bien le seul) le vieil homme lorsqu’il s’arrête, puis il recommence et vient se placer juste devant moi, car il a compris à mon sourire que j’apprécie ce qu’il fait, même que je suis en extase devant la vitesse de ses doigts comparés au miens, pauvre violoniste débutant que je suis. Il ne me reste plus qu’environ 5 francs suisses pour payer mon train, mais je les lui donne sans hésiter une seule seconde. Il joue sur un vieux violon délavé et décoloré, dont le manche a été cassé et recollé, et, à vrai dire, le son n’est pas magnifique, mais son talent répare tout, il est d’une vélocité incroyable, il rebondit, il danse. Il m’éblouit. Je suis presque aux anges lorsque je m’aperçois que (encore une fois damned) je ne sais absolument pas où m’a mené ce tram dans lequel j’ai sauté sans réfléchir. Ouf, sauvé, me voilà à Rives. Je descend à contrecoeur, puis me dirige vers la gare.

Je ne peux pas prendre de billet, et je dis au contrôleur que je n’a pas eu le temps lorsqu’elle s’approche. Elle me dit que de toute façon sa machine est cassée, et que ce sera cadeau pour aujourd’hui. Je me dis soudain qu’il y a une sorte de justice quelque part, même si c’est une flemmarde en puissance et qu’elle n’agit que quelques rares fois dans nos vies. Mais je ne l’en aime pas moins. Je m’endors, et me réveille pille en gare de Thonon. Il fait moins jour, c’est un peu gris, et je me demande comment je peux habiter dans une ville si laide. J’arrive à la station de bus et voit mon bus qui me file sous le nez, je cours après comme dans ma description précédente mais rien n’y fait. Tant pis, je m’en vais marcher en centre ville, persuadé que je vais trouver quelqu’un. Bingo, voila Sooshi, Alexia et des amies à elles qui me sautent dessus avec des livres des témoins de Jéhovah et destinés aux adolescents des années 80 égarés hors des sentiers chrétiens. Bourrés de conneries à mourir de rire, soit dit en passant, où alors ne suis-je pas très tolérant, mais quand je lis « souvent les adolescent se mettent en couple par pression de leurs camarades alors qu’ils n’en ont pas envie, il en découle des attouchements qui ne font plaisir à personne » je me rappelle vivement que pourtant certains attouchements me font plaisir. Je dois être hors norme. Ensuite, on se dirige direction chez Manue, qui est enfin rentrée. Ca fait plaisir de la retrouver et de passer du temps avec eux tous. Et la journée se termine, comme elle a commencé : bien.

En passant, si j’aime ce genre de journée, ça n’est pas parce que j’ai dépensé des fortunes (ce qui n’est pas le cas) ni parce que j’ai rencontré plein de gens supers géniaux (douce solitude). Ce qui fait le charme de ces journées, c’est de se laisser porter, du début jusqu’à la fin, par son intuition. De ne suivre qu’elle, car elle est la seule loi qui soit bonne à appliquer toujours. Apprendre à la reconnaître, apprendre à la manier, et à lâcher la rive de temps en temps pour se laisser emporter par le courant. Et c’est cette même intuition qui m’a poussé à rentrer dans une bibliothèque, à ouvrir un livre et un seul, c’était la règle, et à tomber sur cette phrase :




« On s’appauvrit quand on a peur, on s’enrichit lorsque l’on se soumet au destin »



mardi 20 février 2007

Une couille dans la soupe.








La techno science sous un soleil radieux
Nous permet l'invention de mondes merveilleux
Cent mille raisons de tourner la page
Quand je pense que Suzy est restée à la plage


Ouh, le bonheur est partout
Ca déborde même, c'est fou
Ca va pas être facile
De trouver son style










t'as bien compris, t'as vu, t'as bien suivi la trace
Comment tu peux tranquille éloigner les menaces
Comment tu peux t'envoyer des princesses de l'espace
Seulement y'a des risques aussi
Faut pas trembler hélas


Ouh, le plaisir est à nous
Y'en a pour tous les goûts
Ca va pas être facile
De trouver son style










J'suis innocent vous dis-je
C'est pas moi c'est ma soeur
Même s'il y a plus vraiment
De machine à vapeur
Quand on y est pour rien, qu'on y est pour personne
On peut toujours essayer
L'amour au téléphone










Dans une autre vie
Le lendemain matin
Je suis un phénomène, je suis un magicien
Un tuyau parcouru d'informations majeures
Mais y'a pas que des douceurs qui passent à l'intérieur
Jour et nuit, je suis au parfum
J'ai la poule aux oeufs d'or dans mes draps de satin
C'est qu'au train où ça va
J'fais péter la start-up
Et si ça continue
Je vais gagner la cup










Ouh, le bonheur est partout
Ca déborde même, c'est fou
Ca va pas être facile
De trouver son style









Il y eut cette gamine qui avait perdu la raison. Et ce chien qui avait perdu sa truffe. Il y eu cette bataille tout au long des pistes et cette invasion de mouton. Ces pizzas forestières, ces danses endiablées. Ces pétards étourdissants. Ces rapaces qui bouchaient le soleil, et ses feux de crépuscule. Un blond, et des Hiboux. Des trains à en perdre le sens du temps, des gens qui pétillaient tout autour, des heures d'attente et d'impatience. Soirées sans fins et journées sans début. Des regards bizarres, et des gens si beaux qu'ils vous en font tomber les yeux. Des étendues de neige à dévorer, et des glaces à déguster, entre un verre de vodka et des littres de thé. Des sourires et des complicités, parce-que malgrè tout, nous c'est encore ça. Même si, il faut le dire, on est vraiment trop isocèle. Entre nous.








jeudi 8 février 2007

Free Tibet [Hilight Tribe]











OM MANI PEME HOUNG


J'ai eu une illumination.
Transcendance et Mantra.


[[ Vacances de Février à Laruns, deuxième edition ]]




mardi 6 février 2007

Voix étrangère











Ce soir ces mots-là ne sont pas de lui. Remballez votre joie. Ou alors laissez-là de côté pour cet article, laissez-moi m'faire une ptite place au chaud et écoutez ce que j'ai à dire. Laissez-moi vous raconter notre histoire, désordonnée et décousue du début à la fin. Restez. Si si, j'y tiens..


Une amitié qui voit l'jour sur le net. Avouez que ça n'a plus rien d'original de nos jours. Mais une amitié qui dure 5 ans, faite de rencontres, de surprises, d'explosion, de fous rires, de rêves,.. si non ? J'ai toujours su qu'il était à part, dans l'sens où il avait des choses à dire. Je ne me suis pas trompée. J'ai placé ma confiance dans la bonne personne. Mais comment décrire cette relation ? Celle qui est tout d'suite devenue passionnée et douloureuse ? Celle dans laquelle on a tout d'suite placé tous nos espoirs, nos illusions d'gamins, nos envies et nos projets ? Nous avons grandi en même temps que notre relation. La réalité a évolué à côté des rêves, empiettant sur ceux-ci de temps à autre. L'innocence est resté dans notre vie, à part entière. On a jamais voulu être adulte et choisir un chemin définitif. On s'est toujours donné le choix de décider même si on flippait comme pas possible. On a cru en nos paroles plus que n'importe qui. On a voulu partir au bout du monde alors qu'on a jamais regardé réellement ce qui avait devant nos godasses. On a soufflé très fort sur les stéréotypes. On a tourné la tête de tous les côtés, pour ne jamais rien manquer. Des rêveurs, des illusionnés, sensibles, écorchés, vide, usés. Je sais pas.


J'me suis toujours demandée pourquoi j'avais tellement d'importance à ses yeux. Lui que j'hésitais pas à mettre sur un piedestal avec ses belles phrases et son cynisme déroutant. J'étais la ptite chose tandis qu'il était le grand magicien faiseur de magie. J'le badais avec mes grands yeux. Pourquoi moi ? Allez prend confiance un peu, ouais toi, t'as plein d'trucs en commun avec lui alors laisse toi faire. On s'est vus, on s'est revus, on a passé des soirées ensemble, des journées, des nuits éparpillées et pleines d'improvisation. On a vécu trois jours formidables avec une foule pas possible autour de nous, et pourtant, cette impression d'être seuls au monde, de voir les visages avancer au ralenti et nous, de rester immobile. S'allonger dans l'herbe et le son qui t'explose les tympans de bonheur. La joie d'avoir mis quelques étoiles dans ses yeux. J'ai vraiment cette impression de déconnexion totale quand j'repense à ce lieu. Sans se le dire on savait au fond de nous qu'on prenait ce temps pour faire le point sur nos vies qui avancaient bien trop vite à notre goût. Tandis que la plupart des gens étaient présents pour les concerts et l'euphorie, nous étions là pour notre "plus tard", notre avenir, notre futur.


J'pourrais jamais parler de lui avec les mots justes. Et tant pis si cela fait trop prétentieux ou impossible. Je ne suis pas ce que je suis aujourd'hui uniquement grâce à moi. Il y a joué pour beaucoup. Et lorsqu'on me demande ce que je pense de lui, je souris. Ca veut tout dire croyez-moi. Je crois que dès le début d'une relation, nous savons tous pertinament si celle-ci va durer ou non, si ça sera juste une période de notre vie ou au contraire si c'est notre vie qui évoluera avec.


Il a beau être loin d'moi maintenant j'men fous, je sais qu'il sera toujours là , malgré "tout". Parce qu'il y a eu des hauts et des bas, parce que c'est celui avec qui j'ai échangé des milliards de chansons, parce que c'est ptet' le seul avec qui j'ai réellement construit un monde et des pensées, parce que c'est mon ange gardien. C'est celui qui veillera toujours sur moi où qu'il soit, celui qui n'hésitera pas à me le dire si ma vie partait trop en n'importe quoi. Celui qui aura toujours un regard d'enfant sur la vie, malgré sa maturité. Celui qui trouvera toujours les mots adéquats et les accords aux bons moments. Il est inscrit au marqueur indélibile dans ma vie et ça, putain c'est pas donné à tout l'monde..



Maintenant on a plus qu'à avancer sur ce fil qu'on appelle la vie, on verra bien c'qui a au bout, on verra bien si on tient l'équilibre.


N'ai pas peur.. Ils ont laissé l'filet dessous ;)



[ Et le coeur plein d'espoir. Et le coeur infini. On oublie qu'il fait noir. Alors enfin on vit ..]



vendredi 2 février 2007

Summer 78



"Il était là , céans, dans toute sa natureté, ce bel ange de paradis. La figure fort bien faite et d'épaisses boucles de cuivre lui rognant le visage. Et j'avais beau forcer et escogner ma mémoire, je ne me ramentevais point le vert infini de ses yeux. Et tout dans son être, de ses lèvres de mignonne à sa peau de porcelaine, tout, me soufflait dans un vent de Provence, un bien chancelant phrasé, ténu comme un soupir :

Là où point ne te rends régresse l'infini."









[ My summer 78 ]