jeudi 29 mars 2007

Cherish the Ladies :)




Une mer, profonde et azurée, comme recouverte de laque et durçie par le soleil. Magnifique, radiante, jusqu'à lécher l'horizon de ses embruns ardents. Ils étaient tous là. Des grands, des petits, des blonds, des bruns, quelques roux, des blancs aussi. Aucun plus beau que l'autre, ils étaient livrés à leur nature nue, les pieds dans le sable, qui, comme albinos, s'était blanchis. Une plage de sable blanc devant une mer fixe, luisante comme une perle. Et des corps, des corps droits, comme laissés là, tous allignés vers l'étendue de l'eau. Ni crispés, ni statiques de trop. Juste oubliés, dans un recoin de mémoire. Chauds assez, et légers encore.
Je me suis promené sur le sable que l'eau, respectueuse, ne venait pas mordre. Et tout était figé comme dans un musée de mauvaise fortune, où le temps s'est retiré, comme désespéré. Je me suis dis que certains de ces visages étaient un passé, une mélancolie, une vie qui s'est déroulée trop vite sous mes doigts, comme une cigarette. D'autres sont encore là, et mon esprit les associe à un chemin qui avançe. Nous n'empietons pas sur celui de l'autre, mais ils sont assez voisin pour nous garder ensembles. Et d'autres sont les inconnus, les absents, les possibles. Qui se dérobent à moi lorsque j'essaie de les connaître trop tôt. Encore une fois, il n'y a que la patience.
Je me suis dis, roulé dans le sable, que parfois, habiter ma tête n'était pas si désagréable.




Some kind of pagan poetry.








Finalement, rien n'est jamais bien loin. Et les personnes qu'il ne faut sont rarement celles que l'ont voit. Non, celles là sont abîmées, un peu cachées, pas bien voyantes. Il faut savoir les écouter. Et aussi se taire.



Je retourne chez moi.
Mais j'ai peut-être trouvé une maison ici aussi.


Ardèche.

A bientôt.


dimanche 25 mars 2007

Lilly, tu dors?










A burning butterfly in my veins.
It skins, it erases, it struggles.
It seeks.



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mardi 20 mars 2007

Métal Hurlant.








Je crois que je perds ma santé mentale. Qu’elle s’effiloche entre mes doigts. Comme des volutes de fumées, comme un nuage de vapeur. C’est sur, au demeurant, je n’ai jamais bien compté sur elle. Mais ces temps-ci, j’ai l’impression qu’elle est encore plus défaillante qu’à son habitude, même si je n’en montre rien. Mes réactions intérieures sont déréglées, j’ai l’impression de pouvoir être ailleurs pendant des heures et de me réveiller sans savoir ce qui s’est passé. L’impression d’une lutte contre un sommeil qui au lieu de me laisser groggy me rendrait liquide, coulant, comme une sorte de liqueur d’éther. Dire que je ne sens plus rien serait faux, mais je perds certaines notions. Le temps s’évapore parce que je le refuse. Je m’enferme dans une prison contemplative et sans être muet je ne comprends plus grand-chose. Je suis comme hypnotisé, tué de fatigue, pourtant je marche, pourtant je vis. Je crois que je commence à peser le poids, la lourdeur écrasante de cette année sur mes épaules. Comme si maintenant que je savais le danger passé, je pouvais desserrer les poings, calmer mes yeux et laisser aller ma tête. Je repense un peu à ce moment, passé avec deux sœurs dans l’herbe, le ciel en couverture et le soleil comme toute ivresse, et cela m’apaise. Il y a des moments de détente et d’oublis. Mais je me couche tard et pourtant je serai incapable de dire ce que je fais de mes soirées. Ma conscience semble s’être perdue hors du temps, comme pour se reposer un peu, comme pour s’enfermer dans un cocon d’hébétude. J’y suis presque. Bientôt tout sera fini. Et j’aurai gagné.



samedi 17 mars 2007

C'est un humain.

Extrait du Journal.


16.03.07



Hier soir, avec une princesse d’Aurore, nous sommes allés nous oublier dans la ville aux milles lumières. Et en arrivant, insolents, pressés et fiers comme nous le dicte notre âge, il nous a semblé que jamais ville n’avait tant vibré sous nos yeux. Alors nous avons couru dans ces rues où, toujours, nous avons l’impression d’être libres. Nous avons ouvert des portes étonnantes, nous sommes restés ébahis devant la simplicité d’un homme, qui, assit à une table, en train de fumer, n’avait rien d’exceptionnel. Un simple humain.

Après être passé dans un restaurant aux convenances si loin de nos mondes, nous nous sommes avancés vers la salle, vers la scène. Le temps de discuter avec une fille de l’équipe de l’homme qui nous a raconté à quel point cette vie là est sacrifice et rêve pur, de nous frayer un chemin dans la foule, et d’attendre, fébriles, l’homme arriver.

Et il est arrivé. Il s’est placé là, devant nous, si près. Si simple et si mortel. Pas de dieu et encore moins de théurge. Juste une finesse qui ne s’émousse pas. Les morceaux s’enchaînent et la réalité se brouille, s’effiloche sous nos sens qui déjà sont en déroute. Puis vient ce morceau. Le battement d’un cœur. Le déchirement d’une guitare. La mélodie d’un violon. Comme une introspection étouffante, destructrice, douloureuse. Qui râpe, arrache, mets en miettes. Puis qui reconstruit, pièce par pièce, en quelques minutes, ce qu’une vie nous a apprit à choisir, et peut-être à garder. Il y en eut d’autres, de ces bouffées acides pleines de rêves. Monochrome, La Rade, La Boulange, le Quartier, La Valse d’Amélie. Et il n’y a plus rien à dire, rien à dire de tous les instants où ces morceaux furent à nous seuls, maintenant que nous les partageons ensembles.

Cet homme a remué mes tripes. Pour rien d’exceptionnel. Si ce n’est une humanité sans détour. Rien de plus beau sous mes étoiles.








dimanche 11 mars 2007

Melting paute.



samedi 3 mars 2007

Brave Cotton Clouds








Je suis pris dans un vrai tourbillon et j'ai tout sauf l'envie de faire une pause. Tout sauf l'envie de ne pas en profiter, de me poser un instant et de voir que la nuit est encore là, derrière nos carreaux.

Souffle le vent, mais je suis toujours là. Je réussis sans vraiment le vouloir, c'est ainsi que je suis fais. Ce fut long. Tout ça. Tu le sais bien. Mais il y a toujours une araignée dans un recoin de ma toile pour me dire où avancer en sécurité, pour garder mes pas. Une grande Dame. Car j'en connais, des Dames, des vraies. De celles qui vous retournent sans même prendre le temps de vous voler une respiration.


Tout ça avance bien vite, Petite Mère. Que ton temps nous presse. Tu penses, belle Lune, que je ne peux courrir plus vite que le sable de ton sablier? Regarde.



"Un jour, il y aura autre chose que le jour"

Boris Vian.