mardi 27 novembre 2007
Chacun cherche son chat.
Par Adrail, mardi 27 novembre 2007 à 08:50 :: Brèves

mardi 27 novembre 2007
Par Adrail, mardi 27 novembre 2007 à 08:50 :: Brèves

samedi 17 novembre 2007
Par Adrail, samedi 17 novembre 2007 à 14:08 :: Brèves
Donnez nous un brin de paille pour mettre le feu au monde
mardi 13 novembre 2007
Par Adrail, mardi 13 novembre 2007 à 16:55 :: Derrière la Lune
Dyptique.
J'ai pris l'ardente entre mes mains. Sa sphéricité m'apaise, et son noir de tombeau aussi. Je l'ai serrée, et en mon for le plus intérieur, je lui ai intimé l'ordre de se réveiller de son sommeil glacial. Au début, je n'ai rien sentis. Mais je sais bien que lorsque la pierre dort, son réveil ne peut être que progressif, coulant. Alors j'ai attendu, et, d'un fil à un autre, j'ai sentis sa toile se remettre à vibrer petit pas par petit pas. Puis, au centre de sa structure, une chaleur monter, se répandre. Lorsqu'elle a atteint la surface de la pierre, j'ai reçu la décharge significative de la nature de mon obsidienne, la glace et le feu en une seule pierre. Et c'est bien pour cela, que lorsque je prononce l'Ardente, on croirait que j'appelle l'hiver tant le ton est froid. Le gel et la flamme mélangés, tel fut la promesse que me fit cet étrange caillou lorsqu'il m'a choisie.
Cette flamme sur le rebord m'a fait tomber. J'ai ouvert les yeux, et une immense forêt m'attendait. Bien trop haute, les arbres fins mais nombreux, et des réseaux de branchage un peu partout. Je me suis avancée, sans bâton ni lame, et la caresse des feuilles était comme de l'eau sur ma vêture. J'ai souris à cette forêt d'ombre, jeune comme un souffle, coupante ou douce, suivant son état. En touchant presque le ciel, j'ai compris que la cime était d'air, et la base aquatique, d'où l'étrange touché des branchages. Les arbres n'étaient pas vraiment tangibles, pas vraiment là, plutôt des présences de seconde vue, que l'on aperçoit du coin de l'oeil. Si le sol était noir, ils diffusaient une étrange clarté, entre le bleu électrique et le vert de lagon. Ces couleurs s'effilochaient et laissaient des traînées mélangées derrières elles lorsque le vent venait remuer la forêt, car il y avait du vent, et son chuchotis était partout.
J'ai jeté au sol la longue mante qui me recouvrait les épaules. Mes bras n'étaient pas dans les manches, et cet air d'impératrice ne me plaisait pas. En dessous, j'ai découvert que je portais un habit qui ressemblait à une chemise, mais qui descendait beaucoup plus bas, et dont les boutons s'arrêtaient au nombril. Les pans étaient fendus, et la couleur était un bleu très foncé, celui que prend la nuit quand elle ne s'est pas décidée au noir. En dessous un pantalon, évasé et flottant, noir, celui-ci. Des bottes de la même couleur, ressemblant fort à des Doc martens, et autour de mon cou, la triskelle noire et argent que je porte souvent. Cet air de fée moderne ne m'a pas déplût, et j'aurai presque souhaité enfreindre les règles, et ramener de l'ailleurs ce que je portais. Chose impossible, ou très rare, et le risque ne valait sûrement pas cette maigre chandelle. Fi de la description, je reviens à mon voyage. J'ai marché, sans pour autant m'extasier et prêter attention de trop à cette forêt magnifique. D'une part, de peur qu'elle ne me retienne, comme le font parfois les endroits qui aiment être contemplés, d'autre part, parce-que j'avais déjà vu cet endroit. En un autre temps, sous d'autres couleurs, mais c'est dans cette même forêt qu'une dalle en pierre gravée gardait un livre. L'épreuve fut dure pour l'atteindre, et, preuve de mon échec, je ne me souviens plus avoir oui ou non touché ce livre. Je me souviens du cri du gardien, bestial et enragé, quand il est tombé sur les autres, ceux qui avaient écopés du rôle de la diversion, malheur à eux.
En continuant mon chemin, sous le murmure des sapins lumineux, je suis arrivé devant un petit lac. Et j'ai tout de suite reconnu ce qui l'emplissait. Ce liquide noir, sirupeux, aux reflets de verre et à la densité changeante. Encore une fois, ma route passait par celle de l'obsidienne liquide. Là encore, feu et glace, oui, mais aussi quelque chose de la pierre, et du tonnerre. Une dureté incroyable, capable de briser n'importe qui, et une décharge cinglante, pire qu'une hydrocution. On ne s'y plonge plus avec la même appréhension après la première fois, celle qui tient lieux d'ordalie. Demeurer vigilant est nécessaire, car les eaux sont fourbes, mais elles ont aussi le dernier mot, quoique l'on fasse. Ainsi le possible est tissé, tiré, joué, bien avant que l'on y entre. Et le passage est toujours nécessaire pour avancer, ou pour chuter.
J'ai marché vers la noirceur, et elle m'a avalée. Sous la surface, j'ai lâché toute prise, et j'ai sentis le courant entrer, par mes yeux, par ma bouche et mon nez. Tout remuer à l'intérieur, briser des barrages improbables, inutiles, réduire en cendre en quelques secondes ce qui peut prendre des mois, des années à fortifier. Encore une fois. Et j'aurai presque pleuré, tant j'aurai voulu remercier ces eaux là. De m'apprendre à reconstruire plus vite, plus juste, et surtout de façon plus essentielle. De laisser ce qui n'est pas nécessaire pour garder ce qui l'est. Ainsi détruite, en miettes, je me suis avancée dans les profondeurs du lac, et le courant m'a porté jusqu'à la berge, presque doux, et protecteur. Lorsque j'en suis sortie, mes vêtements recrachaient l'eau, et leur couleur en même temps. De noir à gris, puis de gris à blanc les couleurs ont défilées, pour ne garder que cette dernière. Alors, j'ai décidé de continuer ma route, sans m'en soucier, car je sais depuis longtemps, que même après les tempêtes, je ne suis plus neutre.
Je suis une fille des autres mondes, qui vous salue bien bas.
vendredi 9 novembre 2007
Par Adrail, vendredi 9 novembre 2007 à 11:15 :: Labyrinthe des mots
Il y a dans la salle comme une ambiance de sépia. Celle qui tombe, se densifie autour des choses lorsque l'air est sec, que le vent est muet. Quand arrive un orage, sur ces plateaux arides et calcaires, l'espace se charge en souffre. Il s'épice, comme coloré par un curry tombant des cieux. L'air est épais et électrique, on le sent presque crépiter, et on aurait envie d'aller jouer aux fées en dansant avec les étincelles. C'est une impression étrange, qu'on ne peut oublier lorsqu'on a vécu un orage comme ceux-qui balaient la colline de la Sablière. Sable, ce nom n'est pas pour rien, il y a encore des choses que l'on sait justement nommer. Car c'est la couleur des dunes qui transforme la lumière, et donne cette sensation particulière, celle d'être passé à travers un portail, d'être sous une cloche de fumée ambrée. Les rideaux semble percés de cette coloration, la matière tremble presque, devient éther, et à travers les grandes baies vitrées donnant sur la terrasse, les rayons du soleil qui percent les arbres sont caramel.
Alors la femme avance, vêtue d'une tunique simple, noire, et d'un jupon aussi sombre. Elle s'assied dans un des fauteuils en cuir vert, et entreprend d'enlever ses grandes bottes de cuir. Une à une, chaque attache libère un peu plus le lacet, et bientôt les jambes s'étirent, rompues à l'exercice mais néanmoins fatiguées par la maladie. Les bas sont noirs, eux aussi, et la peau est matte, croquante. Le crayon qui souligne les yeux est un relais du regard, celui ci fait d'ébène et d'éclats dorés. Les mèches brunes qui tombent sont ondulées, des courbes bien dessinées. C'est une beauté Espagnole, dans toute son ampleur, une aile de corbeau, avec un reflet bleuté. Elle allume une cigarette, puis se dresse, fière comme un serpent, face au dehors. A travers la vitre, elle regarde l'ambre qui coule et s'étire dans le vide, en jouant avec ses propres reflets. Elle ouvre la baie, tout en fixant l'extérieur, et elle sort, s'avance sur la terrasse. Elle hume l'air et relâche des bouffées de fumée à tour de rôle. L'arôme du tabac se mêle avec la saveur sèche du vent absent, et elle ferme les yeux. Elle sent l'orage.
Elle n'est pas gitane, mais ses alleux l'étaient, avant elle. C'est une corneille apprivoisée, rendue aux hommes, mais elle n'a pas tout oublié. Son sang connaît encore les chants, ses jambes malades connaissent encore les danses. Et ses yeux, intenses, cillent du pouvoir qu'elle a gardé. Pas une diminution, mais une évolution, en somme. On n'apprivoise une force que parce qu'elle le veut bien, il n'y a pas de soumission involontaire. Se rappelant qu'elle a choisit, et qu'elle est libre, elle étire la crayon qui borde ses yeux avec ses doigts qu'elle a léché, puis fixe le ciel. Elle persévère, attend, sans relâcher le regard. Et lorsque le premier craquement tombe, que le premier éclair vient disperser le silence, elle sourit, puis se retire. Non, elle n'a pas oublié.
jeudi 8 novembre 2007
Par Adrail, jeudi 8 novembre 2007 à 00:48 :: De l'épopée du Prince-chat

La vérité, ce n'est pas ça. Noël, depuis qu'elle s'est pendue, n'est plus rien. Au désenchantement perpétuel de l'adolescence s'est ajouté celui de la vie éternelle, de la joie constante et du bonheur inhérent. Ca tombe plutôt bien, car je n'ai jamais ressentis ni joie, ni bonheur perpétuels. Ils sont à réinventer constamment, ils sont un travail, une tâche. Comme tout. Je me souviens de soirées agréable, enfant, de cousins hurlants et gesticulants, de tantes bouffies et adorables, et enfin, peut-être surtout, de chocolats délicieux. Je me souviens aussi de pleurs, de cris, de douleur, mais passons. Un jour n'est rien, nous dit on. Maintenant, je repense au miroir. Au reflet cinglant qu'ils me renvoient, et que je m'assène moi même. Je vois un jeune homme, décalé, homosexuel, à côté de la plaque, avec trop de pensées, une raison irréaliste, un esthétisme compulsif et un auto contrôle destructeur. En train de boire une bouteille de champagne en bout de table, de manger des chocolats pleins de beurre, si bien qu'ils n'en sont plus bons, et de regarder dans le vide. Plein d'attentes, fiévreux.
Je tuerai pour ne pas avoir à passer ce Noël ici. Je voudrai m'évader, m'enfuir, comme Amélie Nothomb qui s'échappe d'un Japon adoré mais carcéral, et retrouver une terre natale, promise. Je rêve d'Edimbourg, de Dublin. Mais pas de Saint Philippe d'Aiguille ou de Sainte Terre. Je meurs des lumières de la ville se rapprochant, d'abord aiguilles minuscules, en myriades, puis clarté agressive dans la nuit. Et le froid. Terrassant, terre d'Ecosse ou d'Irlande, gelée par le bâton de la Cailleach, murmurant des promesses d'éternité si l'on s'y livre, endormis et mort. Je voudrai louer une petite chambre d'hôtel, confortable mais étroite, et me poser sur le lit, tremblant à l'idée de m'élancer dans la ville. Ensuite, je sortirai, en portant ma redingote, une chemise et un veston noir, en velours, et des gants en cuir. J'attacherai bien mes cheveux, pour que mes yeux aient le champ libre de tout avaler, et je me perdrai avec délice. Il me faudrait trouver un bar, un restaurant, où tous les gens qui ont décidé de fuir, de revenir à eux, se retrouveraient pour Noël. Et même si la discussion commencerait par: "toi aussi, tu es seul?" elle serait palpitante, pleine d'ailleurs. Sans masque, sans déguisement, sans gêne. Il n'y aurait pas d'amour à rencontrer, ni à faire, juste des liens à tisser, des verres à boire, des dialogues excellents. Et ainsi nous pourrions, tous assis là, bien au chaud, devant un grog en fin de soirée, célébrer Noël, le vrai Noël, incroyable, irréel, douillet et merveilleux.
mercredi 7 novembre 2007
Par Adrail, mercredi 7 novembre 2007 à 23:39 :: Brèves
You don't have to wear a tie for this rebirth.
Enjoy, a new Seuil is raising.
