jeudi 27 mars 2008

Normal - Porcupine Tree






Nous sommes partout. Grouillants dans le métro, perdus dans la rue, ivres au milieu d'un champ. Des humains à perte de vue, encore et encore. Si bien que l'on en vient parfois à oublier que nous ne sommes pas les seuls sur terre. Mais il nous est encore plus difficile d'admettre que nous ne sommes pas les seuls à compter sur terre. On se dévisage, puisqu'on ne peut pas s'ignorer, puisque nous nous imposons à nous même en nous massant dans les villes. Comment ne pas se lasser, alors, d'une chose que l'on voit sous ces yeux chaque jours, de tous ces anonymes qu'on croise sans rien en apprendre, de tous ces échanges inutiles puisque trop rapides. On finit par détester cette foule qui ne nous soutient pas, ces amis potentiels qui ne se soucient pas, ces possibles amants qui ne lèvent pas les yeux. Cette pensée me prend souvent quand je suis dans la ville, et je la ressasse enfermé dans le cocon de mon appartement. Peut être que plus d'isolement nous rendrait plus bons envers les autres, puisqu'à ne voir que peu de monde, on en viendrai à au moins envisager son prochain. Serions nous meilleurs d'avoir vécu la solitude ou cela ne changerait-il rien? C'est aussi se demander pourquoi les villes cristallisent tout cet énervement, cette folie, cet art. Une sorte de quintessence humaine déposée dans un récipient mal adapté à nos travers et à nos heurts.

lundi 24 mars 2008

Asilos Magdalena - The Mars Volta




Tu sangre 1.1


Cet espèce de palpitant au coeur, au fin fond de la nuit, c'est comme rester allongé les yeux ouverts et le souffle court, le coeur battant de l'autre. C'est avancer vers les flammes, rejeter les fantômes sous les étoiles si froides. C'est conclure, avec sincérité, qu'il s'agit d'une belle nuit pour ne pas mourir seul.

mercredi 19 mars 2008

Notre Dame des Neiges


Le beau temps frappe à ma fenêtre et me demande de l'ouvrir. Je m'exécute, puisqu'il me ravit tant. S'engouffre dans mes draps un vent clair et frais, et les bruits de la ville qui s'étire longuement, puisqu'il est assez tôt, encore. Et après 7 mois dans cette tanière là, ils ne me gênent plus du tout. Tous ces sons, des lycéens bavards aux voitures en retard, me rassurent car ils sont la preuve que le monde tourne toujours. Même si le temps est apocalyptique, brumeux, effrayant, il y a toujours cette vie qui grouille dans la ville, ces rencontres qui se tissent, ces choix qui se profilent. Je n'aurai jamais cru m'y habituer, aux cris, aux rires, à toute heure du jour et de la nuit, au grésillement du bus, au tremblement du métro. Pourtant, j'ai quitté mes campagnes, j'ai fuis les arbres et les champs, et j'ai rejoins la ville, où un nombre indénombrable de possibles traînent dans les ombres des rues. Je n'aurai jamais cru que l'on puisse faire de ma vie, qui était comme lente, ponctuée d'extases et d'exaltations, ce tourbillon qui me trimballe depuis tout ce temps déjà. Voilà bientôt un an, pour parler vrai, que je n'ai plus compté les jours s'amonceler sur mon fuseau. Du mois d'Avril au mois de Juin, je garde cette odeur étrange, celle du printemps éclatant et du jeune été flottant dans mes cheveux détachés, sous un grand soleil. De mon été, un souvenir aussi beau que tiraillant, une vida real, des semaines de réalité. Puis est arrivée la ville, et je n'ai ni de saisons à découper ni de mois à compter tant son rythme m'a prit au coeur. Et si j'écris beaucoup sur mes souvenirs, et sur tous ces temps, qui définitivement, ne sont pas perdus, c'est que vivre tant ne me laisse pas de temps pour les laisser m'avaler. Alors je les envisage, dissocié mais ému, pour ce qu'ils sont des poussière sous la pesanteur des jours.

vendredi 14 mars 2008

I'll dance insane

mercredi 12 mars 2008

Darshan - l'étreinte


Letna 1.3



" Mère divine, donne-moi la piété, donne-moi l'amour, protège-moi en me donnant la foi. Faites cette prière.

Du temps de Rama, les démons vivaient dans un pays voisin. Du temps de Krishna, ils vivaient dans nos foyers. aujourd'hui, ils sont plus proches. Ils vivent en nous. Ces démons, ils nous faut les tuer pour être libres. Ce sont l'arrogance, l'égoïsme, la cupidité. Pour trouver la paix de l'esprit, il faut être prêt à combattre. pas avec des vraies armes, mais avec l'amour, la piété et le sacrifice. Une bataille sans verser le sang. Avec la paix et l'amour. Regardez nos sociétés, nous dépensons beaucoup pour voyager au fond des océans et dans l'espace, pour les étudier. Mais jamais au fond de notre monde intérieur, qui est pourtant à notre portée. On aime les grands écrans de télévision. Mais plus ils sont grands, plus notre coeur est petit. On possède des aspirateurs qui enlèvent la moindre saleté. Mais nul n'est prêt à nettoyer la saleté de son esprit. C'est l'esprit qui rend la vie belle ou laide. On s'intéresse au monde qui nous entoure, mais jamais à celui qui est en nous. On tente de corriger le monde extérieur et on oublie de se corriger soi même. Nous sommes esclaves du monde extérieur. Nous portons les cicatrices physiques en mentales des blessures jamais guéries. Le bonheur total ne vient pas du monde extérieur. C'est comme si on tentait de soulever le ciel. La vie est courte, nous devons la célébrer. Nous n'avons dans nos mains que le moment présent. "

Sri Mata Amritanandamayi Devi


Je le voudrai mort, cet ego maladif. Cette montagne de vice et de culpabilité qui se cache habillement derrière trois lettres en un mot. Je le voudrai prisonnier, enfermé dans une machine quelconque qui viendrait nous libérer, et nous faire attentifs, dévoués, désintéressés, au lieu d'égoïstes, cupides et vantards. Parce que j'en suis sûrement un porteur conscient, je déteste plus que nulle chose au monde cette exaltation d'un moi qui n'est qu'haïssable, cette volonté d'hurler à la ronde, de scotcher le regard, qui nous prend tous à la poitrine tôt ou tard. J'aurai voulu être sans cette part affreuse, mais naître moitié humain ne se fait décemment pas. Alors j'attends, je lance des prières pour le moment où avoir tant vécu m'aura montré que seul l'ego doit être combattu, et les autres compris. Qu'il y a cette supériorité dans l'autre dont il ne faut jamais se détourner par jalousie, mais dont il faut profiter, comme d'un apprentissage par simple vue. Et je ne sais pas bien ce qui tranchera de cette lutte acharnée entre ma voix et mes yeux, entre le souffle et la braise, tant les leçons me sont claires, mais pas encore apprises. Je rêve de discipline, de méditation quotidienne et de prière régulière, mais j'en suis incapable. Ainsi même moi, qui ne crois ni en la faiblesse ni au découragement, je deviens esclave d'une vaine excuse, car même si le monde qui m'encercle semble me retenir d'aller à ma guise, sous mes paupières s'ouvrent des horizons. Ou bien peut-être devrais-je partir, pour chercher une paix qui ne vient toujours pas, pour cesser un combat qui me fatigue et qui m'use.


jeudi 6 mars 2008

La pinède


Il était allongé, torse nu sur son lit. Au aurait presque dit qu'il jouait la chaste, car ses longs cheveux bruns dégringolaient en s'éclaircissant sur ses épaules pour venir cacher ses tétons. A l'instant précis, il avait quelque chose de virginal, de biblique. L'image se démentit très vite, dès qu'il se mit à sourire, car ce sourire là avait un petit quelque chose de carnassier. Les premières notes de guitare suffirent à l'emporter loin. Il pouvait presque palper l'été autour de lui, tant son souvenir était fort. Il sentait presque cette brise fraîche sur un air sec, le soleil ardent et la lente rotation du monde. Et ce presque été qui venait soudain de s'engouffrer dans la pièce était un délice accompagné d'un supplice aussi fourbe que latent : une envie. Une envie prenante au corps, une ivresse ascendante qui lui donnait l'impression de décoller encore une fois et de sentir la poussée de l'accélération, cette rupture claquante qui signifiait le passage du sol à l'air, de la stase au mouvement. Il soupira longuement, et sur un fond de souvenir, il se mit à s'imaginer des situations qu'il savait en partie avoir déjà vécues, et en partie être amené à vivre, tôt ou tard. Il n'y avait pas une seule miette de son corps qui n'en frémissait pas d'attente, pas une seule particule blasée ou désintéressée. Non, il était tout entier un frisson, une projection en avant. Se levant, il éteignit sa cigarette et se plaça devant sa fenêtre, le meilleur observatoire de toute la Sablière, depuis le sommet de la petite butte. Là, devant le ciel incroyablement bleu et vide, bercé par un mistral fainéant et le concert des cigales, il tendis les bras, tentant de palper ce futur inconnu. Ne trouvant rien dans l'air, il n'en fut pas gêné, car l'attente n'aurait pas su changer ce qu'il était. Il demeurait, fier, et libre.