mercredi 15 juillet 2009
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Par Adrail, mercredi 15 juillet 2009 à 14:34 :: Brèves
mercredi 15 juillet 2009
Par Adrail, mercredi 15 juillet 2009 à 14:34 :: Brèves
Par Adrail, mercredi 15 juillet 2009 à 14:32 :: Brèves
En 1968, Francis Janson proposait d’appeler Culture ce qui permet de se choisir politiquement. Aujourd’hui le mot Culture est pris en otage par la langue de bois institutionnelle et devient une arme pour la soumission. On se doit de respecter les cultures dans leurs diversités même si parfois (souvent) elles vont à l’encontre des droits de l’Homme, des lois de liberté et d’égalité entre les sexes. Quant à l’action culturelle qui permettrait le sacro-saint lien social, elle a désormais pour objectif d’insérer paisiblement et en silence les habitants des quartiers dans la société de marché.
A cette confusion de langage Le Manifeste répond avec insolence que la culture et les artistes ne sont pas les nouveaux alliés de la domination, et que s’ils travaillent en proximité avec les habitants c’est pour nouer le seul lien qui fasse avancer la société : la parole, prendre et donner la parole, en détruisant les murs et les barrières, réaffirmant qu’ une civilisation ne se mesure pas à ses avoirs mais à sa capacité à s’exprimer, à sa force de création et à sa volonté de vivre.
Le Manifeste est avant tout un acte artistique de désobéissance à une façon de vivre et au marché de l’art où tout se mesure à l’aune de la rentabilité et du pognon.
Cette année au Manifeste vous aurez donc le frisson de découvrir pendant 3 jours, une diversité culturelle qui transgresse, blasphème,et revendique des formes et des fonds troublants et inconnus.
Et pour tenir le coup sur place, buvette, cantine et librairie, pour restaurer nos forces et nourrir nos arguments. Plus aucune raison de rester chez vous à ruminer que le monde va mal. Il ne tient qu’à nous...
Allez, venez vous régaler de théâtre, d’idées, de rencontres et d’avenir ; venez vous manifester !
Brigitte Mounier. Directrice artistique du Manifeste Metteur en scène.
mercredi 8 juillet 2009
Par Adrail, mercredi 8 juillet 2009 à 17:07 :: Labyrinthe des mots
Cet humain, que je croise dans la rue, ou que je rencontre en poussant la porte de mon hall d'immeuble, peut recevoir plusieurs dénominations. L'individu ou le sujet est une dénomination construite de l'humain en tant qu'être subjectivé, devant poursuivre la recherche de son identité comme un graal inaccessible. En accédant à son "inner self", en se trouvant vraiment, cet individu, nous dit la société du Moi, devrait accéder à des trésors de sociabilité, des relations épanouies et un confort de vie bien loin du sujet schizophrène et dépressif de la métropole. En débouchant sur lui-même, en somme, l'individu devrait se libérer de l'aliénation construite par la société du Moi en même temps que de toutes les dépendances qu'il a du contracter afin de poursuivre la construction de son identité. Car que nous dit le Moi? Qu'il faut une vie saine et épanouie, faire du sport et manger bio, adapter son style vestimentaire à son identité, encore une fois, créer son sujet par tous les moyens ostensibles qui pourraient bien faire comprendre aux autres ce qu'est un individu réalisé.
Une autre dénomination possible de cet humain peut-être la forme de vie. Une forme de vie est ce qui occupe un corps, et correspond à des penchants. La réalisation de ses penchants ou leur refoulement amènent à l'assomption ou à la conjuration de la forme de vie. L'assomption de la forme de vie amène à suivre une ligne d'accroissement de puissance, relevant plus de fidélité à ses penchants qu'à ses prédicats (blanc, homme, hétérosexuel), qu'à son sujet. La ligne d'épuisement de puissance, pouvant être appelée "fêlure", survient lors du refoulement des penchants et accouche d'une forme de vie avortée, morte-vivante.
La forme de vie, animée de penchants, pourrait aussi s'apparenter à une caverne spongieuse, productrice, mais ignorante de sa production avant sa formation conscience , de désir. Cette caverne se gonfle au gré des affects qui la traversent. Affects qui suivent indépendamment une ligne d'accroissement, ou d'épuisement de puissance. Ses affects correspondent à des régimes d'affects, eux même dépendant de la conjuration ou de l'assomption d'une forme de vie, de la réalisation ou du refoulement de ses penchants. La peur, en tant qu'elle est déclencheur d'un refoulement des penchants, est une ligne d'épuisement de puissance à laquelle correspond un régime d'affects. Ce régime d'affect que l'on appelle peur, je le ressent surtout lorsque je suis jaloux, puisque j'ai peur que l'on ait plus que moi, ou bien de posséder moins. Je le ressent lorsque je me trouve devant une situation inconnue, puisque j'ai peur de ce qu'il pourrait m'altérer, ou me mettre en échec. La peur, je la ressens lorsque, en fin de compte, mon être est en jeu, et qu'il pourrait s'amoindrir, perdre de sa splendeur. Elle puise dans un attachement à des régimes de valeur, de représentation qui irriguent non mon être, mais mon sujet, mon individu.
La peur m'amène à un refoulement de mes penchants, en ce qu'elle me frustre, m'isole, me circonscrit à son régime d'affects. Pourtant, lorsqu'un objet apeurant se fait jour, lorsque mes penchants, ma forme de vie, s'exerce vers lui, lorsque je me projette à la rencontre de cet objet, en un mot que je l'entend, au sens d'entendement, ma peur s'évanouit. C'est bien que ma forme de vie dépasse mon sujet, et qu'elle me permet de suivre une ligne d'accroissement de puissance.
Ce sujet, cependant, est fort bien ancré dans mon corps. Il rivalise sans cesse avec ma forme de vie, si bien que je peux parfois dire que mon individus étouffe mes penchants. Ces régimes de valeurs, de représentation, ne sont ni plus ni moins une socialisation qui est en fait la subjectivation de ma forme de vie par le Moi. Ainsi, lorsqu'un corps vers lequel je penche, et qui penche aussi vers moi, penchera vers un autre corps, mon sujet sera bafoué dans son unicité, dans son droit à la possession d'un autre sujet, et j'aurai peur. Mon individu alors mit en jeu se gonflera sous l'effet d'affects, et je suivrai désormais une ligne d'épuisement de ma puissance, bien que mon penchant pour ce corps qui me trahit, lui, n'ait pas changé.