J'en vois des qui s'donnent, donnent des bijoux
dans le cou
c'est beau mais quand même
ce ne sont que des cailloux
des pierres qui vous roulent, roulent
et qui vous coulent
sur les joues
j'aime mieux que tu m'aimes
sans dépenser des sous
moi je m'en moque
j'envoie valser
les truc en toc
les cages dorées
toi quand tu m'serres très fort
c'est comme un trésor
et ça
et ça vaut de l'or
j'en vois des qui s'lancent des regards
et des fleurs
puis qui s'laissent quelque part
ou ailleurs
entre les roses et les choux
j'en connais des tas qui feraient mieux de s'aimer un peu
un peu comme nous
qui nous aimons beaucoup
et d'envoyer
ailleurs
valser
les bagues et les
cÅ?urs
en collier
car quand on s'aime très fort
c'est comme un trésor
et ça
et ça vaut de l'or
moi pour toujours
j'envoie valser
les preuves d'amour
en or plaqué
puisque tu m'serres très fort
c'est là mon trésor
c'est toi
toi qui vaut de l'or
Je ne sais pas vraiment de quoi sera fait mon chemin. Je ne connais ni les intersections qui me rendront indécis, ni les bosses qui me chahuteront, ni les cahots qui m'enverront voir à droite, puis à gauche. Ma vie sera comme une valse. Elle rebondira, toujours, et même si je ne comble pas toutes les attentes des gens qui m'ont vu grandir, ni même tous mes rêves, je sais que je vivrai, coûte que coûte. C'est comme des certitudes qui se recoupent, des regards de lune et des mots soufflés langoureusement par le vent. On m'a dit que j'étais un rêveur. Je crois. Ca n'est pas tout les jours facile de vivre autant dans sa tête que dans le monde qui nous entoure. Mais jamais, jamais je ne cesserai de rêver, et je valserai dans un horizon d'étoiles. Et si j'aime à dire que ceux qui couperont mes ailes, en riant, ne sont pas encore nés, j'ai la certitude, chuchotée dans ma tête, qu'ils ne naîtront jamais. Un, deux, trois. Trois pas de côtés, et avancer. Ma vie est une valse, un rythme par trois. Et même si souvent elle me grise, si souvent j'ai envie de la lâcher, cette valse entêtante, pour aller m'allonger sur une rive, elle me rattrape toujours. Et je repars, dans de nouveaux pas, dans de nouveaux costumes. Je fais des concessions, je me coupe en deux, mais jamais des barreaux ne m'ont empêchés de danser, jamais. Je sais baisser la tête, je sais courber mon échine jusqu'à presque la casser, mais je garde mes croyances, mes avis, mes erreurs et mes bulles d'art, comme des amulettes de chance. Je sais sourire dans la tempête. Je sais chanter dans le silence. Je sais me jeter, dans le vide, quitte à sauter dans un gouffre de néant. Je n'ai pas tellement peur, au fond. Je sais que ces voix ne me quitteront pas, et quant bien même elles se feraient si faibles que je ne les entendrai plus, parfois, elles guident mes pas, elles font naître mes chimères et mes fantasmes.
Je ne vendrai pas ma vie. Elle est insaisissable. J'envoie valser.